Découvertes pour la vie

Les visages de la recherche en santé 2026

Titre

Changer les règles du jeu pour la sécurité des jeunes sportifs au Canada

Dre Carolyn Emery, titulaire d’un doctorat en épidémiologie et physiothérapeute
Professeure, Faculté de kinésiologie, Université de Calgary

Le sport procure d’immenses bienfaits, mais comporte des risques. Chaque année, le tiers des jeunes âgés de 10 à 24 ans au Canada se blessent lors d’une pratique sportive. Les conséquences sont multiples : baisse de l’activité physique, arthrose post-traumatique, problèmes de santé mentale, séquelles d’une commotion cérébrale, etc.

C’est pourquoi, grâce au soutien financier des IRSC, je dirige un programme canadien de recherche communautaire, intitulé SHRED Injuries. L’objectif est d’étudier les facteurs de risque et d’évaluer des stratégies afin de prévenir les blessures sportives ou d’atténuer leurs conséquences chez les jeunes. Voici comment j’ai atteint cet objectif :

  • Les résultats du programme ont guidé l’élaboration de pratiques exemplaires qui préconisent les échauffements fondés sur l’entraînement neuromusculaire. L’adoption de ces pratiques a permis de réduire le taux de blessures de 40 %, dans le meilleur des cas.
  • Mon équipe a contribué à la révision des politiques en place afin d’interdire la mise en échec chez les jeunes de moins de 13 ans ainsi que les adolescents inscrits à une ligue de hockey sur glace amateur. Cette mesure a permis de réduire le taux de blessures de plus de 50 %.
  • Les travaux de mon équipe ont permis de réduire le taux de blessures chez les jeunes sportifs en Alberta de 30 % sur 15 ans, grâce à la mise en place de mesures de prévention fondées sur des données probantes.

Lectures complémentaires

X (Twitter) : @CarolynAEmery

Par-delà le pouls : quand le mouvement semble impossible

Dre Jennifer Reed
Responsable du Programme de réadaptation cardiovasculaire, scientifique et directrice du Laboratoire de physiologie de l’exercice et de santé cardiovasculaire de la Division de prévention et de réadaptation cardiovasculaire
Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et Université d’Ottawa

L’exercice est essentiel pour améliorer la santé cardiovasculaire, mais pour les personnes aux prises avec une fibrillation auriculaire persistante ou permanente, même un simple mouvement peut sembler accablant. Que ce soit à cause de la fatigue, de l’anxiété ou de la peur des complications, il est souvent difficile de savoir par où commencer.

La Dre Jennifer Reed a mené un essai clinique auprès de 86 personnes atteintes de fibrillation auriculaire et comparé les effets de deux méthodes : l’entraînement fractionné de haute intensité (HIIT) – de courtes périodes d’activité suivies de repos – et des exercices continus d’intensité modérée.

Les deux méthodes se sont révélées sécuritaires et ont amélioré la qualité de vie, la condition physique et la santé cardiovasculaire des participants. L’équipe a observé des bienfaits similaires pour des séances de 23 minutes de HIIT deux fois par semaine et pour des séances d’une heure d’exercice continu d’intensité modérée à vigoureuse deux fois par semaine.

Ces résultats montrent qu’il n’y a pas qu’une seule façon d’améliorer sa santé cardiovasculaire. Les programmes d’exercice offerts par les services de réadaptation cardiovasculaire et les centres de soins peuvent donc proposer ces deux méthodes aux patients, ce qui aidera ces derniers à retrouver confiance et à prendre leur santé en main.

Lectures complémentaires

RAPID GENE, une percée génétique pour un traitement du cœur au chevet du patient

Dr Derek So
Cardiologue, Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

Pour rétablir la circulation sanguine, il est possible d'insérer un tube dans une artère, une endoprothèse, à la hauteur du cœur. Les patients chez qui une telle intervention est effectuée se font souvent prescrire du clopidogrel pour éviter la formation de caillots sanguins. Ce n'est toutefois pas un médicament efficace pour tout le monde. Il existe des tests génétiques en laboratoire permettant d'établir qui pourra en bénéficier, mais il faut attendre des jours, voire des semaines avant d'avoir les résultats.

L'attente n'est pas un luxe que peuvent se permettre les personnes en situation d'urgence. Et les complications peuvent être graves si on donne le mauvais médicament.

C'est pour trouver une solution à ce problème que le Dr Derek So s'est associé à Spartan Bioscience. L'étude des deux partenaires, RAPID GENE, a abouti à un test génétique grâce auquel on peut obtenir des résultats rapides qui feront la différence entre la vie et la mort.

Le test en question détecte une mutation génétique qui empêche l'organisme de bien métaboliser le clopidogrel. Autrement dit, les personnes qui ont cette mutation resteront insensibles au clopidogrel après la pose d'une endoprothèse cardiaque et sont donc à grand risque de voir se former des caillots sanguins. L'équipe du Dr So a découvert que le prasugrel pouvait efficacement remplacer le clopidogrel pour ces patients.

Le test est à la portée de tout le monde. « Les tests génétiques de l'essai clinique ont été réalisés par des infirmières qui n'avaient suivi qu'une formation d'une demi-heure », explique le Dr So. 

Les résultats étant livrés au chevet du patient, « nous pouvons donner le bon médicament au bon patient sans délai ».

L'équipe du Dr So a publié ses résultats en 2012, ce qui a entraîné des essais cliniques de suivi (RAPID STEMI, TAILOR-PCI) qui ont influencé l'adoption de la thérapie en fonction du génotype partout dans le monde.

Lectures complémentaires

Améliorer les soins contre l'arthrite dans les communautés autochtones

Dre Cheryl Barnabe, M. D., M. Sc., FRCPC
Directrice de l'Institut McCaig pour la santé osseuse et articulaire
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la polyarthrite rhumatoïde et les maladies auto-immunes
Titulaire de la Chaire de recherche Arthur-J.-E.-Child sur les résultats cliniques en rhumatologie
Professeure, Département de médecine et Département des sciences de la santé communautaire, Université de Calgary
Rhumatologue, Services de santé de l'Alberta

L'arthrite inflammatoire, dont la polyarthrite rhumatoïde, touche de façon disproportionnée les communautés autochtones du Canada en raison de leur accès limité à des services de santé de grande qualité. Pour réduire les disparités à cet égard, nous collaborons étroitement avec les communautés et patients autochtones en vue de mettre en place des solutions qui répondent à leurs besoins.

Ces efforts conjoints ont abouti, notamment, à la création d'un programme d'agent de liaison avec les personnes atteintes d'arthrite. L'initiative vise à intégrer un membre de confiance de la communauté dans l'équipe de soins de santé pour aider les patients à s'orienter dans le système et à atteindre leurs propres objectifs en matière de santé. Le programme favorise aussi la mise en place d'un solide réseau de soutien par les pairs dans la communauté.

Dans ce cadre, nous avons conçu des outils d'aide à la décision pour faciliter un processus décisionnel concerté entre les patients autochtones et les fournisseurs de soins de santé. Ces outils permettent aux patients autochtones de mieux comprendre les différents traitements possibles pour l'arthrite, d'en évaluer les risques et les avantages et de faire un choix en fonction de leurs préférences, de leurs attentes et de leurs valeurs.

Lectures complémentaires

Date de modification :