Découvertes pour la vie

Les visages de la recherche en santé 2022

Titre

Quand le stress atteint son paroxysme

Un chercheur trouve des solutions aux crises modernes

« Ce qui m’intéresse dans les crises de santé publique, c’est la possibilité de soulager la détresse et la pression chez les personnes pour lesquelles les systèmes et structures existants ne sont d’aucune aide... Mon travail vise à éliminer la détresse en donnant aux personnes et aux systèmes les moyens d’agir et de prendre ces situations en main. »

Dr Kiffer Card
Professeur adjoint, Faculté des sciences de la santé, Université Simon-Fraser

Le concept de crise est au cœur des travaux de recherche du Dr Kiffer Card. Ce chercheur en services de santé de l’Université Simon-Fraser s’est bâti une carrière en étudiant les effets du stress sur les personnes et sur les institutions, le moment où ce stress se transforme en détresse et le moment où la détresse croissante devient une crise, qu’elle soit personnelle ou sociétale.

Le stress fait partie de la vie. Cependant, selon le Dr Card, lorsque les personnes — ou nos institutions — ne veulent pas ou ne peuvent pas le soulager, il se transforme en détresse. Les recherches du Dr Card portent sur les moyens d’atténuer le stress et d’éviter que la situation ne dégénère en crise. Au début de sa carrière en santé publique, le Dr Card travaillait dans le domaine de la qualité de l’environnement intérieur; dans ces fonctions, il devait résoudre les préoccupations des étudiants universitaires qui étaient en conflit avec leurs propriétaires au sujet de la qualité de leur logement. Il a ensuite fait des études supérieures durant lesquelles il s’est initié à la recherche sur le VIH, suivies d’études postdoctorales sur la consommation de psychotropes. Aujourd’hui professeur adjoint, il étudie les changements climatiques et la solitude, qu’il qualifie de « grandes crises de notre époque ».

En tant qu’épidémiologiste social s’intéressant à un ensemble diversifié de sujets de recherche — comme l’utilisation de « prescriptions sociales » (telles que le temps passé dans la nature) pour offrir des soins de première ligne holistiques ou les répercussions des changements climatiques et du néolibéralisme sur la santé mentale —, le Dr Card examine les principales crises de notre époque en tenant compte à la fois des personnes et des systèmes.

Le Dr Card a reçu une bourse d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC en 2018 et le Prix de l’étoile montante en recherche de l’ISPS des IRSC en 2020.

Le VIH et le microbiome génital

Concevoir de nouveaux moyens de prévenir la transmission sexuelle du VIH

« La majorité de la recherche touchant la prévention, le traitement et la guérison du VIH est effectuée dans les pays du Nord. Pourtant, le VIH affecte de manière disproportionnée les individus vivant dans les pays du Sud, où les voies de transmission du VIH et les facteurs de risque sont très différents. Grâce à notre collaboration en recherche en Ouganda, nous voulons accroître l’équité et l’inclusion dans la recherche biomédicale sur le VIH, afin de faire en sorte que les caractéristiques uniques de toutes les populations touchées par le VIH soient prises en compte. »

Dre Jessica Prodger
Professeure adjointe, Université Western Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en immunologie génitale et en prévention des ITS

Depuis que les premiers cas de VIH ont été signalés il y a plus de 40 ans, près de 80 millions de personnes ont été infectées par le virus, et 36 millions sont décédées de maladies liées au sida. Aujourd’hui, dans le monde, près de 38 millions de personnes vivent avec le VIH, et plus d’un million de personnes sont nouvellement infectées chaque année. Bien que les efforts mondiaux aient permis de réduire les infections, d’améliorer l’accès aux traitements et de sauver des vies, il demeure crucial de mettre au point de nouvelles approches pour prévenir les infections.  

La Dre Jessica Prodger, professeure adjointe à l’Université Western, a observé pour la première fois les effets dévastateurs du VIH alors qu’elle poursuivait ses études supérieures dans l’Ouganda au milieu des années 2000. Les médicaments contre le VIH sont devenus largement accessibles en Ouganda en 2006, alors qu’ils l’étaient déjà plus de dix ans plus tôt en Amérique du Nord. Cette expérience a incité la Dre Prodger à orienter ses recherches à l’Université Western sur la prévention de la transmission sexuelle du VIH, afin de contribuer à endiguer l’épidémie de VIH en Afrique subsaharienne.

La Dre Prodger étudie le rôle du microbiome génital dans la transmission du VIH. Les relations hétérosexuelles non protégées sont l’une des causes courantes de nouvelles infections. Le prépuce est le principal site de transmission chez l’homme, et l’on sait que les bactéries qui vivent sous le prépuce jouent un rôle dans la vulnérabilité à l’infection. C’est pourquoi la circoncision masculine peut réduire considérablement le risque de contracter le VIH. Cela pourrait également expliquer pourquoi certains hommes exposés au VIH lors de relations sexuelles non protégées avec une personne séropositive qui n’est pas sous traitement sont moins susceptibles d’être infectés.

Dans le cadre de son programme de recherche, la Dre Prodger étudie des prélèvements péniens et des échantillons de tissus provenant d’hommes adultes de l’Ouganda ayant subi une circoncision volontaire, afin de mettre en évidence les bactéries et les cellules immunitaires susceptibles de favoriser ou de prévenir l’infection par le VIH. Ses travaux nous aideront à mieux comprendre l’interaction et la communication entre le microbiome pénien et les tissus humains, ainsi que la manière dont cette relation peut influencer la transmission du virus. Les résultats de ces travaux pourraient contribuer à la mise au point de vaccins et de microbicides pour la prévention du VIH.

Améliorer la santé des femmes autochtones vivant avec le VIH

Une chercheuse autochtone travaille et apprend aux côtés de femmes autochtones vivant avec le VIH

« J’ai l’intention de continuer à faire progresser la recherche adaptée à la culture et de contribuer à l’élaboration de méthodes fondées sur des données probantes pour améliorer l’état de santé des femmes autochtones vivant avec le VIH. »

Carrie Martin
Coordonnatrice de la recherche sur les femmes autochtones, RCAS

Depuis 16 ans, Carrie Martin, une Mi'gmaq, travaille avec des femmes autochtones vivant avec le VIH et d’autres infections transmissibles sexuellement et par le sang. En tant que membre du milieu de la recherche communautaire, son approche est fondée sur les systèmes de connaissances et du savoir-faire autochtones et sur la décolonisation.

« Il était évident que les disparités en matière de santé étaient bien réelles et perpétuées par un système marqué par la discrimination et le racisme systémique, qui empêchait les femmes autochtones de jouir d’une qualité de vie semblable à celle de leurs homologues canadiennes », explique Mme Martin en parlant de ses premières prises de conscience lorsqu’elle a commencé à travailler pour le Foyer pour femmes autochtones de Montréal à 21 ans.

C’est un combat difficile mais gratifiant pour Mme Martin. Elle a mis sur pied un centre médical hébergé par le Foyer pour femmes autochtones et, en 2008, a cofondé le Centre de santé autochtone de Tio'tia:ke. Elle a aussi reçu une subvention de 3 469 000 $ des IRSC pour diriger un projet intitulé Measuring Sexual and Reproductive Health and Rights (SRHR): Responding to the Needs of Indigenous Women and Girls in a Global Context [Mesurer la santé et les droits sexuels et reproductifs : répondre aux besoins des femmes et des filles autochtones partout dans le monde], qui sera mis en œuvre dans sept pays sur une période de cinq ans. Ce projet permettra d’améliorer la collecte, l’utilisation et l’échange des données, et d’accroître les partenariats pour faciliter la prise en charge de la santé et des droits sexuels et reproductifs.

Dans son travail, Mme Martin s’efforce d’inclure les femmes autochtones cis et trans, ainsi que les personnes de genre queer et s’identifiant comme fems. Son travail dévoué, maintenant en grande partie au sein du Réseau canadien autochtone du sida (RCAS) et avec le soutien financier des IRSC, vise à créer un monde plus équitable pour les femmes vivant avec des infections transmissibles sexuellement et par le sang.

Mesurer l’itinérance et les toxicomanies chez les Autochtones en milieu urbain à l’aide de cadres conceptuels autochtones

Stephanie McConkey
Université de Toronto

D’ascendance mixte (Premières Nations et colons européens), Stephanie McConkey est une étudiante au doctorat du Département d’épidémiologie de l’Université de Toronto. Ses recherches portent sur la mesure de l’itinérance et des toxicomanies chez les Autochtones en milieu urbain. En se fondant sur les 12 dimensions de l’itinérance définies par Jesse Thistle (2017), elle travaille à la formulation d’un indicateur pouvant être utilisé pour mesurer spécifiquement l’itinérance chez les Autochtones et la multitude de facteurs qui y contribuent, ainsi que son incidence sur la consommation de substances psychoactives chez les peuples autochtones vivant en milieu urbain et sur les terres connexes.

Étant donné que l’indicateur actuel de l’itinérance de Thistle s’applique aux communautés autochtones et non autochtones, il ne rend pas compte de toute l’expérience et des besoins des peuples autochtones, ni des facteurs uniques qui contribuent à l’itinérance autochtone. Mme McConkey se consacre à l’élaboration d’un modèle qui prend en compte les facteurs sociaux, coloniaux et structurels qui influencent l’itinérance autochtone. Pour ce faire, elle travaille en partenariat avec des Autochtones, ce qui permet aux partenaires communautaires de codiriger la recherche, y compris la définition de la question et des objectifs de recherche, le travail de conception et d’analyse, l’interprétation des résultats et toutes les activités d’application des connaissances.

Mme McConkey puise son inspiration et sa motivation de sa propre famille, dont certains membres ont connu l’itinérance ou la toxicomanie au cours de leur vie. Elle est particulièrement passionnée par l’utilisation de cadres conceptuels théoriques autochtones pour élaborer des modèles statistiques, ce qui lui permet de s’éloigner des données habituelles fondées sur les lacunes pour établir des statistiques qui célèbrent la résilience autochtone. Elle espère que cette recherche contribuera à combler le fossé créé par la division sociale et l’iniquité dont souffrent les itinérants autochtones en milieu urbain.

Une alliée des femmes vivant avec le VIH

Améliorer les résultats cliniques et l’équité en santé pour toutes les femmes vivant avec le VIH

« J’ai créé le Programme de recherche sur les femmes et le VIH dans le but de réaliser des recherches essentielles auprès des femmes vivant avec le VIH. Depuis 18 ans, je me consacre à mener et à mettre en application des travaux de recherche qui améliorent la vie des femmes vivant avec le VIH et celle de leur famille. Je suis déterminée à bâtir un monde équitable dans lequel tout le monde peut s’émanciper et réaliser son potentiel. »

Dre Mona Loutfy
Chercheuse principale et directrice, Programme de recherche sur les femmes et le VIH, Institut de recherche de l’Hôpital Women’s College
Médecin, Hôpital Women’s College
Professeure, Département de médecine de l’Université de Toronto

Lorsque les premiers cas de VIH ont été signalés au début des années 1980, on a d’abord pensé que cette maladie ne concernait que les hommes homosexuels. Plus de 40 ans plus tard, nous savons que l’épidémie de VIH a touché tout le monde, peu importe le sexe. En effet, les femmes représentent plus de la moitié des quelque 38 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Au Canada, les femmes représentent le quart du nombre total de personnes vivant avec le VIH, estimé à plus de 62 000 personnes en 2018, et cette proportion tend à s’accroître.

Bien que le traitement antirétroviral ait transformé le VIH, d’une maladie autrefois mortelle en une maladie chronique, les obstacles demeurent bien présents pour les personnes vivant avec le VIH : difficulté d’accès aux traitements et aux soins de qualité, stigmatisation et discrimination. Les effets de cette stigmatisation touchent de manière disproportionnée les femmes – surtout les femmes racisées, autochtones et issues de la diversité de genre.

Pendant plus de 30 ans, la Dre Mona Loutfy a défendu les intérêts des femmes qui vivent avec le VIH ou qui sont touchées par la maladie. Dans les années 1990, alors qu’elle poursuivait sa formation médicale à l’Hôpital Wellesley de Toronto, la Dre Loutfy a constaté les effets dévastateurs du VIH sur ses patients ainsi que les facteurs sociaux qui influent sur les personnes ciblées par l’infection, les soins qu’elles reçoivent et leurs résultats de santé. Cette expérience a suscité en elle un désir de défendre l’équité en santé et la justice sociale, désir qui s’est renforcé au cours de son travail des 30 dernières années en tant que clinicienne-chercheuse.

En 2006, la Dre Loutfy a créé le Programme de recherche sur les femmes et le VIH, qui s’appuie sur la recherche communautaire et l’expérience des femmes vivant avec le VIH pour réaliser des recherches essentielles visant à optimiser les soins aux femmes vivant avec le VIH, ainsi que leur vie et celle de leur famille. En partenariat avec des dirigeants communautaires, la Dre Loutfy et son équipe ont largement contribué au domaine de la santé reproductive et du VIH et ont eu une profonde influence sur la vie des femmes noires, autochtones et trans vivant avec le VIH.

La Dre Loutfy a dirigé l’élaboration de lignes directrices nationales en matière de planification de la grossesse, qui ont permis aux personnes vivant avec le VIH de réaliser leur rêve d’avoir des enfants et de devenir parents tout en empêchant la transmission du virus à leurs bébés et à leurs partenaires. Elle a également dirigé l’Étude sur la santé sexuelle et reproductive des femmes vivant avec le VIH au Canada, une étude longitudinale de recherche communautaire qui vise à créer des connaissances pour améliorer la santé et le bien-être des femmes vivant avec le VIH au Canada.

En 2022, la Dre Loutfy a reçu la plus haute distinction en recherche sur le VIH au Canada et a été invitée à prononcer la Conférence Mark‑Wainberg, tenue par l’Association canadienne de recherche sur le VIH (ACRV). Elle a également reçu le Prix d’excellence en recherche ACRV-CANFAR (Fondation canadienne de recherche sur le sida) et le Michael Gordon Award for Humanism in Medicine du Département de médecine de l’Université de Toronto.

Comprendre les besoins en soins de santé et en services sociaux de la population adulte autochtone vieillissante

 

« Les besoins exprimés par les nombreuses collectivités autochtones [vieillissantes] du monde entier peuvent être comblés par des changements aux politiques et aux systèmes de soins de santé. Les professionnels de la santé doivent orienter leurs décisions en tenant compte des déterminants autochtones de la santé afin d’accroître l’accessibilité des services de santé, de renforcer les capacités des communautés et les réseaux de soutien social, de préserver les valeurs culturelles dans les soins de santé et de développer des approches fondées sur le bien-être. »

Dre Sharlene Webkamigad
RN, MA, Ph. D. (c), Université Laurentienne

La Dre Sharlene Webkamigad est une infirmière autorisée faisant actuellement un doctorat interdisciplinaire sur la santé en milieux ruraux et nordiques à l’Université Laurentienne. Ses recherches visent à améliorer les soins de santé de la population autochtone vieillissante, qui présente des taux plus élevés de maladies chroniques que tout autre groupe, et qui privilégie le choix de vieillir et de mourir chez soi. La Dre Webkamigad cherche à définir les besoins en matière de soins de santé et de services sociaux auxquels sont confrontés les aînés autochtones vivant en dehors des établissements de soins de longue durée et leurs soignants afin d’élaborer un modèle et des politiques adaptés à ceux-ci, ainsi qu’à leurs préférences et à leurs priorités.

Ses recherches actuelles se concentrent sur les communautés des Premières Nations de la Nation Anishinabek. Appliquant une approche participative communautaire, la Dre Webkamigad cherche à cerner les perceptions des aînés autochtones et de leurs soignants quant à l’impact du soutien communautaire offert pendant la pandémie de COVID-19. Après avoir consulté le directeur de la santé et du bien-être communautaire et obtenu l’approbation du Chef et du Conseil d’Atikameksheng Anishinawbek, un collectif formé de fournisseurs de soins de santé, de leaders communautaires et d’aînés a joué un rôle essentiel dans le déroulement de cette recherche. Cette collaboration a notamment contribué à créer des programmes locaux de soins palliatifs et des cadres de services témoignant d’une sécurité culturelle, tout en renforçant l’autodétermination des conseils tribaux.

Petite-fille d’un survivant des pensionnats, la Dre Webkamigad a personnellement été témoin des défis auxquels les aînés des Premières Nations et leurs soignants sont confrontés dans la prise en charge de leur santé et de leur bien-être. À travers les témoignages d’autres survivants des pensionnats, elle entend continuer à s’intéresser aux influences historiques et coloniales ayant un impact sur la santé des personnes âgées autochtones et à œuvrer pour l’amélioration du système de santé en ce sens.

Exploration des bienfaits de la danse métisse sur la santé

Privilégiant une approche holistique à la façon dont la culture et le soutien social influent sur la santé cardiovasculaire

Dre Heather Foulds
Professeure adjointe, Université de la Saskatchewan

La Dre Heather Foulds est professeure adjointe à l’Université de la Saskatchewan. Ses travaux actuels portent sur la santé et le bien-être au sein de la communauté métisse. Privilégiant une approche holistique, Dre Heather Foulds s’intéresse à la façon dont la culture et le soutien social influent sur la santé cardiovasculaire et cherche à cerner l’importance de la danse métisse comme facteur de santé, à la fois comme activité physique et comme expression culturelle.

Étant elle-même métisse, la Dre Foulds voue un intérêt particulier à ce domaine de recherche vu le sentiment identitaire et le lien culturel qu’il suscite. Membre d’une troupe de danse métisse depuis maintenant cinq ans, elle a pu tirer parti de ses relations avec ses partenaires, ainsi qu’avec d’autres membres et conseillers de la communauté autochtone. Elle s’est ainsi penchée sur les implications culturelles et sociales de la renaissance de la danse métisse pour la communauté autochtone, notamment quant à son histoire, son symbolisme et ses récits.

Dans l’avenir, la Dre Foulds aspire à faire connaître plus amplement la danse métisse et inciter les non-Autochtones à la pratiquer. Par l’analyse de divers facteurs, notamment l’expérience vécue des nouveaux adeptes et des données telles que la consommation d’oxygène, la Dre Foulds parvient à mesurer l’intensité physique de la danse et à en explorer les bienfaits sur la santé physique. Cette démarche offre également à chacun la possibilité de se rappeler l’histoire coloniale du Canada, tout en contribuant à préserver les savoirs des peuples autochtones. Ce dernier volet s’ajoute aux données plus qualitatives de ce projet d’étude dont la visée est les retombées positives de cette pratique sur la santé cardiovasculaire.

Devenir un superhéros scientifique!

Des ressources pour la recherche pédiatrique créées par des enfants

« Nous nous engageons à fournir aux familles de l’information sur la recherche et les essais cliniques qui motiveront les enfants à s’inscrire aux programmes d’étude et à devenir des superhéros scientifiques, comme nous aimons appeler les participants. »

Daniela Bianco
Présidente du Comité d’éducation et de sensibilisation sur les essais cliniques du Réseau des réseaux

Le Réseau des réseaux (N2) est une alliance de réseaux et d’organisations de recherche canadiens qui s’efforcent d’améliorer les capacités de recherche clinique nationales. Rassemblant des spécialistes en essais cliniques et des professionnels de recherche clinique des quatre coins du pays, N2 offre une plateforme commune pour la mise en commun des pratiques exemplaires, des ressources et du contenu lié à la recherche afin de garantir une recherche efficace et de haute qualité, l’intégrité des pratiques cliniques et la responsabilisation.

En tant que présidente du Comité d’éducation et de sensibilisation sur les essais cliniques de N2, Daniela Bianco dirige une équipe multidisciplinaire et travaille avec elle à développer des ressources et des outils d’éducation et de sensibilisation visant à accroître les connaissances et la compréhension du public relativement à la recherche clinique. Le Comité a récemment produit une vidéo amusante qui constitue la première partie d’une boîte à outils destinée à faire participer les enfants et leurs familles, et à les aider à s’informer sur la recherche et les essais cliniques. La vidéo vise à encourager les enfants à devenir des « participants » en s’inscrivant à des études de recherche clinique. Elle présente un participant réel et survivant du cancer à trois reprises qui parle de sa participation aux essais cliniques et explique pourquoi la recherche est si importante.

La vidéo du Comité « The Participators» (en anglais seulement) a reçu une mention spéciale lors du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

Visitez la chaîne YouTube d’Entretiens de l’IDSEA pour visionner toutes les vidéos présentées dans le cadre du concours de 2021 et plus encore. Apprenez-en davantage sur le concours annuel de vidéos Entretiens de l’IDSEA.

Projet de recherche « Teens Talk Vaping »

Il est temps de faire participer les adolescents à la recherche sur le vapotage chez les jeunes

« Avec le projet de recherche “Teens Talk Vaping”, nous visions non seulement à générer de nouvelles idées sur les contextes sociaux du vapotage chez les adolescents et à mettre au point des outils pour y faire face, mais aussi à renforcer les capacités des jeunes sur cette question en formant et en soutenant une équipe d’adolescents cochercheurs pour qu’ils contribuent de manière significative à la collecte de données, à l’analyse et à la diffusion des résultats. »

Dr Jason Gilliland et Dre Stephanie Coen
Université Western

Le Laboratoire d’analyse de l’environnement humain (HEAL) de l’Université Western se spécialise dans la production, l’évaluation, la synthèse, la diffusion et la mobilisation de données scientifiques pour soutenir des politiques, des programmes et des pratiques professionnelles efficaces visant à créer des communautés saines et dynamiques.

« Teens Talk Vaping » est un projet de recherche « par et pour les jeunes », dirigé par le Dr Jason Gilliland (directeur de HEAL et professeur à l’Université Western) et la Dre Stephanie Coen (professeure agrégée à l’Université de Nottingham, professeure auxiliaire de recherche à l’Université Western et membre associée du corps professoral à HEAL), qui cherche à comprendre les points de vue des adolescents sur le vapotage. L’objectif est de mieux comprendre les expériences et les idées des adolescents sur le vapotage, ainsi que la place du vapotage dans leur vie quotidienne.

Dans le cadre du projet, les adolescents co-chercheurs et les membres du conseil consultatif des jeunes de HEAL (en anglais seulement) ont produit une vidéo présentant les principaux thèmes relatifs au vapotage qui sont ressortis des groupes de discussion auxquels ont pris part les participants au projet âgés de 13 à 19 ans. La vidéo adopte un point de vue à la première personne et suit le cours d’une journée dans la vie d’un étudiant du secondaire fictif, qui est exposé au vapotage dans les toilettes de l’école, aux fêtes les fins de semaine où le vapotage est très répandu, et aux médias sociaux où le vapotage est omniprésent. Elle rend compte de certaines des tensions auxquelles les adolescents sont confrontés alors qu’ils doivent prendre des décisions au quotidien face à toutes les occasions de vapotage qui se présentent à eux.

La vidéo de HEAL « Teens Talk Vaping » (en anglais seulement) a reçu une mention spéciale lors du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

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Promouvoir la résilience chez les jeunes victimes de violence interpersonnelle

Implanter des pratiques d’intervention et de prévention efficaces

« Nos recherches identifient les différents facteurs sur les plans individuel, familial, social et communautaire qui peuvent réduire les impacts de l’agression sexuelle envers les enfants et la violence dans les relations amoureuses des jeunes. Les données offrent des pistes pour l’élaboration d’interventions qui favorisent le développement optimal des jeunes malgré l’adversité vécue. »

Dre Martine Hébert
Université du Québec à Montréal

Les travaux de la Dre Hébert et des membres de son laboratoire de recherche à l’Université du Québec à Montréal portent sur l’agression sexuelle des enfants et la violence dans les relations amoureuses des jeunes.

Ces travaux visent à identifier les différents facteurs de protection qui peuvent agir sur les plans individuel, familial, social et communautaire pour réduire les impacts de la victimisation. Les différents projets, réalisés en étroit partenariat avec les milieux de pratique, visent aussi à promouvoir l’adoption de d’interventions exemplaires afin de favoriser le développement optimal des jeunes. Les recherches permettent également d’évaluer des programmes de prévention visant à enrayer la violence.

Malgré la prévalence élevée du phénomène, la lourdeur qui représente la problématique de l’agression sexuelle envers les jeunes, il est essentiel de porter un message d’espoir basé sur les résultats des recherches pour les victimes, les adultes significatifs, les intervenantes et intervenants en mettant l’emphase sur les facteurs pouvant promouvoir la résilience chez ces populations vulnérables.

La vidéo de la Dre Hébert intitulée « Agressions sexuelles envers les enfants » a remporté la troisième place de l’édition 2021 du concours Entretiens de l’IDSEA.

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Craintes de se rendre au service des urgences pendant la pandémie de COVID-19

Ne les laissez pas vous empêcher d’emmener votre enfant malade à l’hôpital

« Une visite au service des urgences d’un hôpital peut susciter de la peur, mais nos efforts de recherche devraient aider les parents à prendre des décisions éclairées et à recevoir d’excellents soins de santé pour leurs enfants durant la pandémie de COVID-19. »

Dre Shannon Scott et Dre Lisa Hartling
Université de l’Alberta

L’épidémie de COVID-19 a eu une incidence importante sur la façon dont l’information sur la santé est communiquée, sur la façon dont les gens recherchent des renseignements et des services en santé, et sur la façon dont ces services sont fournis. Le nombre d’enfants et de familles qui se sont fait soigner dans les services des urgences des hôpitaux a considérablement diminué.

Les Dres Shannon Scott et Lisa Hartling de l’Université de l’Alberta développent et évaluent des ressources pour aider les familles à comprendre l’information essentielle sur la santé et à savoir quand utiliser les services de soins de santé durant la pandémie. Elles ont montré qu’en mobilisant des parents en tant que partenaires de la santé, nous pouvons les aider à prendre des décisions, à définir les attentes en matière de traitement pour leurs enfants et à promouvoir l’utilisation efficace des services de santé.

La vidéo des Dres Scott et Hartling intitulée « What to expect when visiting the ED during the COVID-19 Pandemic » (en anglais seulement) a reçu une mention spéciale lors du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

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Aider les jeunes Canadiens à renouer avec l’activité physique

Tout au long de la pandémie de COVID-19, les enfants canadiens étaient moins actifs et plus sédentaires

« Les restrictions imposées par la pandémie commencent à s’assouplir. Les stratégies de promotion de la santé devraient aider les enfants, les jeunes et leurs familles à réintégrer l’activité physique dans leur quotidien. »

Dre Sarah Moore
Professeure adjointe, École de santé et de performance humaine
Université Dalhousie

Un développement sain est favorisé par une activité physique suffisante, un comportement peu sédentaire et un sommeil adéquat. Les médecins suggèrent aux enfants et aux jeunes de pratiquer au moins 60 minutes d'activité physique d'intensité modérée à vigoureuse par jour, de ne pas passer plus de deux heures par jour devant un écran et d'avoir au moins 8 à 11 heures de sommeil réparateur par nuit pour optimiser leur santé physique et mentale.

On s'attendait à ce que la pandémie de COVID-19 et les restrictions de la santé publique qui en découlent modifient la façon dont les enfants et les jeunes jouent et la mesure dans laquelle ils adoptent des comportements sains en matière d’activité physique. Il n'est donc pas surprenant que la Dre Sarah Moore, professeure adjointe à l'École de santé et de performance humaine de l'Université Dalhousie, et ses collègues de l’Institut de la santé des populations aient constaté que les enfants et les jeunes étaient moins actifs et plus sédentaires pendant la pandémie.

La Dre Moore et ses collègues ont analysé les données tirées de deux enquêtes nationales, dont l'une portait spécifiquement sur les enfants et les jeunes handicapés canadiens. Les enquêtes ont permis de recueillir des renseignements sur les comportements liés à la santé des enfants et des jeunes, notamment l'activité physique, les jeux en plein air, les comportements sédentaires, le temps passé devant des écrans et le sommeil au cours de la pandémie de COVID-19. Les parents ont déclaré que la pandémie n'a pas seulement eu une incidence sur l'activité physique de leurs enfants, mais qu'elle a aussi eu une incidence négative sur leur santé mentale et physique.

La vidéo de la Dre Moore intitulée « Canadian children and youth's movement and play during the pandemic » (en anglais seulement) a reçu une mention spéciale lors du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

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Comprendre la compassion

Prendre en considération ce qu’une personne veut plutôt que d’exprimer le sentiment supposément ressenti en étant à sa place

« Nous aidons les gens à comprendre que la compassion va au-delà de l’empathie, de la sympathie, de la gentillesse ou de la sollicitude envers autrui en permettant d’en saisir les composantes clés. »

Dr Shane Sinclair
Directeur du Laboratoire de recherche sur la compassion
Faculté des soins infirmiers, Université de Calgary

Vous êtes-vous déjà demandé en quoi consiste au juste la compassion? En quoi diffère-t-elle de l’empathie, de la sympathie, de la gentillesse, de la sollicitude? Quels sont les éléments nécessaires pour éprouver de la compassion? Quels en sont les ingrédients clés?

Le Laboratoire de recherche sur la compassion de l’Université de Calgary a élaboré le modèle pédiatrique de la compassion en se fondant sur les points de vue des patients en pédiatrie, des parents et des fournisseurs de soins de santé dans l’ensemble du Canada. Ce modèle comprend plusieurs composantes, dont une connue sous le nom de « chercher à comprendre », qui est souvent l’ingrédient oublié des soins de compassion.

Peu importe notre désir de passer de la compréhension à la résolution, nos présomptions selon lesquelles nous comprenons déjà ou comprenons mieux ce dont une personne a réellement besoin, ou notre acceptation aveugle de l’idée fausse largement répandue selon laquelle la compassion consiste à saisir ce que nous ressentirions si nous étions à la place d’une autre personne, si nous ne comprenons pas la personne et la manière dont elle fait preuve de compassion de manière optimale, nous nous enfargeons dans les lacets de quelqu’un d’autre – nous nous foulons les chevilles et endommageons irrémédiablement ses espadrilles – ce qui entraîne de l’incompréhension et une gentillesse mal ciblée.

La vidéo du Laboratoire de recherche sur la compassion intitulée « What is Compassion? The Defining Features and Power of Compassion » (en anglais seulement) a remporté le deuxième prix du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

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Quelle est l’incidence de l’allaitement maternel sur la santé et le développement de l’enfant?

3 500 enfants canadiens et leurs familles aident les scientifiques à trouver des réponses

« Tout comme les empreintes digitales, le lait maternel est unique pour chaque maman et chaque bébé. Les découvertes de l’étude de cohorte CHILD aident les parents, les professionnels de la santé et les membres de la communauté à comprendre l’importance du lait maternel afin que les bébés puissent grandir en santé. »

Dre Meghan Azad
Étude de cohorte CHILD

L’étude de cohorte CHILD, dont le siège social est situé à l’Université McMaster, avec des sites de recrutement à l’Université de la Colombie-Britannique, à l’Université de l’Alberta, à l’Université du Manitoba et à l’Hospital for Sick Children, met à contribution près de 3 500 enfants canadiens et leurs familles d’un bout à l’autre du pays. En suivant la vie des bébés et de leurs parents pendant de nombreuses années, les chercheurs de l’étude de cohorte CHILD ont fait des découvertes emballantes sur la façon dont les facteurs génétiques et environnementaux influent sur l’asthme, les allergies, l’obésité et d’autres maladies chroniques chez les enfants.

L’un de ces facteurs est l’allaitement maternel, qui procure de nombreux bienfaits pour les bébés. L’étude de cohorte CHILD a démontré que les bébés qui ont été allaités développent un niveau élevé de bactéries intestinales bénéfiques qui favorisent des modèles de croissance plus sains et diminuent chez eux les risques d’avoir une respiration sifflante et de souffrir d’asthme lorsqu’ils sont plus âgés. Elle a également permis de découvrir que la manière dont un bébé est allaité est également importante – ce qui signifie qu’il y a une différence entre l’alimentation directement au sein et l’alimentation au biberon avec du lait maternel tiré; cependant, même un allaitement de courte durée est bénéfique.

La vidéo de l’étude de cohorte CHILD intitulée « New scientific insights into breastfeeding » (en anglais seulement) a remporté le premier prix du concours de vidéos Entretiens de l’IDSEA 2021.

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Respirer naturellement

Une chercheuse veut améliorer le sommeil chez les patients sous ventilation mécanique aux soins intensifs

La bourse de recherche des IRSC a été déterminante dans mon parcours pour devenir chercheuse indépendante. En effet, c’est grâce à elle que je peux me consacrer pleinement à mes travaux et à l’établissement d’un programme de recherche novateur. J’espère que mes travaux aideront à prévenir les méfaits que peuvent provoquer les interactions patient-respirateur anormales chez les personnes très malades. Je souhaite améliorer l’expérience subjective des patients sous ventilation mécanique, la qualité et la durée de leur sommeil et, ultimement, leur santé à long terme

Dre Irene Telias
Boursière en médecine et de recherche, Division interdépartementale de soins aux malades en phase critique, Université de Toronto
Clinicienne, Medical-Neuro ICU, Hôpital Toronto Western

Quand un patient est assez malade pour être admis aux soins intensifs, il se peut qu’il ait besoin de ventilation mécanique pour respirer. Or, si cette technologie facilite l’oxygénation, elle peut aussi causer un grand inconfort et entraîner des lésions graves aux poumons.

Dans un cas idéal, le respirateur travaille de concert avec le système respiratoire du patient pour produire des cycles fluides d’inspiration et d’expiration. L’asynchronie, soit un déséquilibre entre la demande respiratoire du patient et le travail du respirateur, peut entraîner une respiration anormale et nuire au sommeil du patient.

Grâce à une bourse de recherche des IRSC, la Dre Telias étudie un type d’asynchronie appelé reverse triggering (déclenchement inversé), dans lequel une inspiration mécanique déclenche une deuxième inspiration, naturelle cette fois. Le patient prend donc une double inspiration, ce qui peut augmenter dangereusement le volume et la pression de l’air dans les poumons. La Dre Telias a donc conçu un algorithme qui détecte les rythmes respiratoires normaux et anormaux chez les patients. Elle recueille aussi des données de patients sur leur état de sommeil (de l’éveil complet au sommeil profond) à l’aide d’un système automatisé de notation de la profondeur du sommeil appelé Odds Ratio Product, qui lui permet aussi d’examiner la relation entre l’asynchronie, l’état de sommeil et la sédation.

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La nuit porte conseil

Comprendre comment le repos nocturne nous permet d’acquérir des compétences cognitives

La bourse de recherche des IRSC m’a permis de poursuivre mon travail en tant que stagiaire pour terminer mon projet de recherche sur le sommeil et la cognition. En élucidant la façon dont le sommeil donne au cerveau l’occasion de revoir les nouveaux apprentissages, de maîtriser les nouvelles techniques et de résoudre des problèmes complexes, j’espère approfondir notre compréhension de l’importance du sommeil dans le soutien de ces fonctions cruciales du cerveau, et ainsi nous permettre de nous épanouir au quotidien.

Dr Dylan Smith
Stagiaire postdoctoral
Institut de recherche en santé mentale de l’Université d’Ottawa
Le Royal

Tous les humains ont besoin de dormir chaque jour pour être en bonne santé physique et mentale. Le sommeil aide en effet à consolider les nouveaux souvenirs et apprentissages. Cependant, les chercheurs ne comprennent pas entièrement les processus cérébraux qui sous-tendent cette fonction du sommeil.

Grâce aux fonds d’une bourse de recherche des IRSC, le Dr Dylan Smith de l’Institut de recherche en santé mentale de l’Université d’Ottawa combine électroencéphalographie et imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour examiner le cerveau de volontaires en bonne santé et étudier ces processus en temps réel.

Les participants sont placés dans un appareil d’imagerie cérébrale par résonance magnétique où ils doivent résoudre un casse-tête visuel avant de s’endormir. Le Dr Smith analyse les données des images générées en portant attention aux fuseaux du sommeil ― des éclats rapides d’activité cérébrale liés au sommeil et à la mémoire ― dans les parties du cerveau associées à l’apprentissage, comme le cortex préfrontal, l’hippocampe et le néostriatum. Ces travaux permettent de mieux comprendre comment notre cerveau intègre les nouveaux apprentissages pendant le sommeil.

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Continue de respirer

Cibler les neurones pour prévenir les effets mortels des opioïdes sur la respiration

La bourse de recherche des IRSC m’aidera à devenir un chercheur indépendant. Elle renforce mon dossier universitaire et me permet de me consacrer entièrement à des recherches qui s’attaquent à la crise des opioïdes en cours. Mes travaux pourraient contribuer à la mise au point de traitements qui réduiraient le risque de surdose et de décès associé aux opioïdes.

Dr Jean-Philippe Rousseau
Stagiaire postdoctoral
Département de recherche médicale
Unity Health
Toronto (Ontario)

Les opioïdes peuvent soulager la douleur et améliorer le sommeil, mais ils risquent d’entraîner une dépendance, et les surdoses d’opioïdes ont causé la mort de milliers de Canadiens ces dernières années.

Ces médicaments soulagent la douleur en se fixant à des récepteurs précis des cellules du cerveau qui régulent la respiration. Durant une surdose, la respiration ralentit et devient moins profonde, ce qui peut mener à l’insuffisance respiratoire et au décès. Il n’existe actuellement aucun moyen de prévenir cette dépression respiratoire causée par les opioïdes sans nuire au soulagement de la douleur qu’ils procurent.

Grâce à une bourse de recherche des IRSC, le Dr Jean-Philippe Rousseau d’Unity Health Toronto étudie les neurones situés dans la partie du cerveau appelée le complexe pré-Bötzinger. Ces cellules nerveuses produisent des récepteurs opioïdes, ainsi qu’une petite molécule protéique appelée tachykinine, précurseur 1 et le récepteur neurokinine-1, qui induiraient ensemble la dépression respiratoire causée par les opioïdes. Jusqu’ici, le Dr Rousseau a découvert que la stimulation de ces cellules avec un laser bleu augmente le rythme respiratoire et soulage la dépression respiratoire chez les souris à qui on a injecté des opioïdes.

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C’est l’heure du dodo (électronique)

Améliorer un programme en ligne pour les bébés et les parents

La bourse de recherche des IRSC m’a permis de travailler avec les meilleurs scientifiques du sommeil canadiens pour concevoir d’importantes interventions numériques, de bâtir un réseau professionnel interdisciplinaire, de devenir superviseure et d’encourager une collaboration productive. Elle m’a aussi aidée à devenir membre du corps professoral dans une université où j’ai pu mettre sur pied un programme indépendant de soins novateurs, notamment en cybersanté, pour aider les familles à obtenir des services axés sur la qualité du sommeil dès la petite enfance.

Dre Elizabeth Keys
Professeure adjointe
École des sciences infirmières
Université de la Colombie-Britannique à Okanagan

Environ 25 % des familles rencontrent des problèmes de sommeil durant la première année de vie de leur bébé, ce qui peut avoir des répercussions sur le développement et le comportement de l’enfant, et sur la santé des parents.

Grâce à une bourse de recherche des IRSC, la Dre Elizabeth Keys du campus Okanagan de l’Université de la Colombie-Britannique a pu travailler avec une équipe interdisciplinaire de l’Université Dalhousie pour concevoir et tester une application mobile qui donne aux parents de bébés âgés de 6 à 12 mois de l’information factuelle, des stratégies et des ressources pour favoriser le sommeil. L’application a été adaptée d’ABCs of Sleeping, une application pour les enfants d’âge scolaire que la Dre Keys a aidé à créer durant son stage postdoctoral.

Dans le cadre de son travail, la Dre Keys a analysé des études sur des programmes en ligne et de cybersanté conçus pour les parents afin d’en déterminer les forces et les faiblesses. De plus, par sa participation au programme de recherche Bonnes nuits, Jours meilleurs, elle a aidé à recueillir des données sur l’influence de la COVID-19 sur les habitudes de sommeil des enfants de 85 familles canadiennes. Cette recherche a mené à la modification de ce programme en ligne, et sa mise en œuvre a été évaluée auprès de 1 000 familles du pays durant la pandémie de COVID-19.

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Usage d’opioïdes et ostéoporose

L’utilisation prolongée de ces médicaments peut fragiliser l’ossature

Notre recherche interdisciplinaire aidera à mettre en évidence des interventions pharmaceutiques appropriées pour prévenir les pertes osseuses associées à la prise d’opioïdes.

Dre Janna M. Andronowski
Professeure adjointe d’anatomie clinique Université Memorial de Terre-Neuve

Le mésusage des opioïdes a mené à une grave crise de santé publique. Durant les trois premiers mois de 2020 seulement, 1 018 décès associés à la consommation d’opioïdes ont été recensés au Canada. L’utilisation prolongée de ces médicaments peut entraîner des pertes osseuses similaires à ce qu’on observe dans les cas d’ostéoporose et accroît le risque de fractures. Il est impératif que la recherche se penche sur les répercussions de l’usage d’opioïdes sur le métabolisme, la qualité et la fragilité des os.

Afin d’atteindre cet objectif de recherche, la Dre Andronowski et son équipe utilisent l’imagerie 3D haute résolution pour évaluer les effets de la consommation d’opioïdes sur la structure interne des os et leur organisation cellulaire. Ces travaux pourraient mener à la mise au point de traitements contre les pertes osseuses causées par les opioïdes. Pour y arriver, la Dre Andronowski effectue des expériences au Centre canadien de rayonnement synchrotron.

Adapter le travail pour tout un chacun

Données probantes appuyant la rédaction de politiques publiques qui améliorent le marché du travail pour les Canadiens et Canadiennes vivant avec un handicap

Par notre initiative, mon équipe et moi avons pu disséminer des résultats de recherche directement aux personnes en situation de handicap. Il a été gratifiant de les entendre parler de nos recherches et de leur pertinence dans leur vie quotidienne.

Dr Charles Bellemare
Professeur, Université Laval
Chercheur principal, Disability, Employment, and Public Policies Initiative

Selon la dernière Enquête canadienne sur l’incapacité, plus d’un Canadien sur cinq vivrait avec au moins un type de handicap qui touche sa vie quotidienne. En outre, près de 650 000 Canadiens vivant avec un handicap sont sans emploi malgré leur potentiel et leur désir de travailler. Comment pouvons-nous mieux faire correspondre les objectifs de carrière des chercheurs d’emploi en situation de handicap aux besoins des employeurs?

Le Dr Charles Bellemare est professeur et chercheur en économie du comportement à l’Université Laval. En tant que chercheur principal de la Disability, Employment, and Public Policies Initiative, financée conjointement par les IRSC et le CRSH, il étudie comment améliorer le marché du travail pour permettre aux personnes vivant avec un handicap de se trouver un emploi satisfaisant, d’avoir une carrière gratifiante et d’atteindre la sécurité financière. Les travaux du Dr Bellemare et de son équipe produisent de nouvelles connaissances sur les façons dont le marché du travail et les politiques publiques peuvent favoriser l’intégration des personnes en situation de handicap dans l’économie canadienne.

Afin d’orienter leurs recherches, le Dr Bellemare et ses collègues sont constamment en dialogue avec des personnes vivant avec un handicap afin de connaître les obstacles auxquels ces personnes se heurtent réellement dans leur recherche d’emploi et dans d’autres domaines de leur vie. Au bout du compte, ils font plus qu’aider à créer de meilleures politiques publiques : ils contribuent à apporter des changements qui permettront aux Canadiens et Canadiennes ayant un handicap de s’épanouir.

À l'intersection de la recherche et de la sécurité communautaire

Développer des traversées de rue sécuritaires et des espaces publics accessibles

En comprenant mieux les pratiques de conception actuelles, tant au Canada qu'à l'étranger, et en déterminant les obstacles et les facilitateurs de la sécurité communautaire, nous espérons rendre les traversées de rues et les installations extérieures sûres et accessibles aux personnes de toutes capacités tout au long de l'année.

Dre Alison Novak
Scientifique, Institut de recherche KITE
Institut de réadaptation de Toronto
Réseau universitaire de santé

Un accès sûr, équitable et tout au long de l'année aux espaces et aux infrastructures communautaires est un luxe dont ne disposent pas tous les Canadiens. Les conditions météorologiques au Canada peuvent créer des obstacles et des dangers pour les personnes qui veulent accéder aux installations extérieures. Les mois d'hiver sont les plus difficiles, car la neige et le verglas peuvent rendre les trottoirs et les intersections de rues dangereux pour les piétons. C'est encore plus difficile pour les personnes handicapées.

Alison Novak cherche à comprendre le rôle des infrastructures piétonnes, telles que les trottoirs, les croisements de rues et le mobilier urbain, dans le développement de quartiers vivables et propices à la marche. Ses recherches produisent des données probantes pour étayer les recommandations visant à rendre les maisons et les espaces publics plus sûrs et plus accessibles. Elle fournit notamment des données très utiles sur les dispositifs de sécurité des passages à niveau et sur la manière dont ils peuvent être conçus pour résister aux conditions hivernales et rester accessibles aux personnes handicapées.  

Les recherches menées par le Dr Novak contribuent à créer un environnement bâti plus sûr et à promouvoir une norme plus élevée pour les communautés accessibles.

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