Cinq observations de chercheurs financés par les IRSC sur l’anémie falciforme et le cerveau en développement

L'équipe de recherche de la Dre Kassner et du Dr Mabbott (de haut à gauche) :
Laura Ferlanti, Thrisha Uthayakumar, Daniel Li, Dr Don Mabbott, Daniel Sare, Efe Momodu, Michael Zara, Dre Andrea Kassner

La plupart des gens associent l’anémie falciforme à ses effets sur le sang. Toutefois, la Dre Andrea Kassner et le Dr Don Mabbott, de l’Hôpital pour enfants de Toronto (SickKids), se penchent sur une autre question : quelle est l’incidence de l’anémie falciforme sur le cerveau en développement?

Soutenue par les IRSC, leur recherche combine l’imagerie cérébrale de pointe, l’évaluation cognitive et la mesure de l’activité cérébrale afin de mieux comprendre les liens entre le débit sanguin, l’apport en oxygène et la fonction cérébrale chez les enfants atteints d’anémie falciforme. Les chercheurs souhaitent ainsi mettre en lumière les effets moins apparents de la maladie et mieux comprendre pourquoi certains enfants pourraient présenter un risque accru de troubles cognitifs.

À l’occasion du Mois de la sensibilisation à l’anémie falciforme, nous vous proposons cinq observations des Drs Kassner et Mabbott sur les connaissances actuelles, et celles à venir, au sujet de l’anémie falciforme et du cerveau en développement.

1. L’anémie falciforme peut toucher le cerveau, même si les symptômes ne sont pas apparents

On considère souvent l’anémie falciforme comme un trouble sanguin puisqu’elle influe sur la capacité des globules rouges à transporter l’oxygène partout dans l’organisme, mais ses effets peuvent se faire ressentir ailleurs. Une diminution de l’apport en oxygène et une altération du débit sanguin peuvent exercer une pression sur les vaisseaux sanguins du cerveau; avec le temps, certains enfants développent des infarctus cérébraux silencieux, soit de petites lésions cérébrales qui surviennent sans symptôme apparent. Contrairement à un AVC grave, ces lésions peuvent passer inaperçues au moment où elles surviennent, ce qui les rend difficiles à détecter.

2. The effects of sickle cell disease can influence how children learn and process information

L’enfance est marquée par un développement cérébral de grande ampleur; il est donc particulièrement important de comprendre l’effet de l’anémie falciforme sur le cerveau au cours des premières années de vie. L’un des aspects les plus souvent touchés est la vitesse de traitement de l’information, qui aide les enfants à assimiler et à comprendre les phénomènes, ainsi qu’à réagir au monde qui les entoure. Lorsque ce processus ralentit, l’apprentissage, la concentration et l’accomplissement des tâches quotidiennes peuvent se compliquer.

3. Protéger son cerveau ne se limite pas au traitement des symptômes

Des traitements tels que l’hydroxyurée ont considérablement amélioré les soins de nombreux enfants atteints d’anémie falciforme. Or, dans leurs recherches, les Drs Kassner et Mabbott ont démontré que certains enfants continuent de présenter des changements dans le débit sanguin cérébral et l’apport en oxygène malgré les traitements. Il est important de comprendre pourquoi ces différences persistent pour protéger la santé cérébrale à long terme.

4. De nouvelles technologies d’imagerie aident les chercheurs à mettre au jour ce que les examens courants ne permettent pas de détecter

Certains aspects de la santé du cerveau ne peuvent pas être observés lors d’un examen clinique courant. Pour mieux comprendre l’effet de l’anémie falciforme sur le cerveau, les Drs Kassner et Mabbott ont recours à des techniques avancées d’imagerie par résonance magnétique (IRM), à des tests cognitifs et à la magnétoencéphalographie (MEG) pour étudier l’interaction entre le débit sanguin, l’apport en oxygène et la fonction cérébrale. Ces outils permettent de brosser un portrait approfondi de la santé cérébrale et de déterminer les facteurs susceptibles d’exposer certains enfants à un risque accru de troubles cognitifs.

5. La prévention commence par une prise de conscience précoce

Chaque enfant vit avec l’anémie falciforme différemment. En comprenant comment le débit sanguin et l’apport en oxygène influencent le développement du cerveau, les Drs Kassner et Mabbott espèrent repérer plus tôt les enfants qui pourraient bénéficier d’un suivi ou d’un soutien supplémentaire précoce, avant que leurs difficultés ne s’aggravent. En fin de compte, leur objectif n’est pas seulement de détecter les lésions cérébrales, mais de trouver des moyens de prévenir ou d’atténuer leurs répercussions et d’améliorer la santé des enfants atteints d’anémie falciforme.

Perspectives d’avenir

Si l’anémie falciforme est souvent connue pour ses effets physiques, les recherches permettent aujourd’hui de lever le voile sur son incidence sur le cerveau. À l’aide de techniques d’imagerie de pointe et d’évaluations cognitives, les Drs Kassner et Mabbott s’emploient à mieux comprendre l’influence de l’anémie falciforme sur le cerveau en développement et le rôle possible de ces observations dans les soins de demain.

Pour les enfants et les familles touchés par l’anémie falciforme, une meilleure compréhension de la santé cérébrale pourrait, au bout du compte, se traduire par une intervention plus précoce, des soins mieux ciblés et une meilleure qualité de vie.

À l’occasion du Mois de la sensibilisation à l’anémie falciforme, cette recherche met en lumière un message important : protéger les enfants atteints d’anémie falciforme, c’est prendre en compte tous les aspects de leur santé, y compris le développement du cerveau.

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