Les IRSC investissent 1,5 million de dollars en recherche d’intervention rapide ciblant les répercussions des feux de forêt sur les communautés autochtones
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), avec l’appui du Centre pour la recherche sur la préparation en cas de pandémie et d’urgence sanitaire, ont accordé une subvention de 1,5 million de dollars au Centre de coordination national du programme Environnement réseau pour la recherche sur la santé des Autochtones (ERRSA). Ce financement sert à lancer une initiative de recherche d’intervention rapide ciblant les effets des évacuations causées par les feux de forêt sur les communautés autochtones.
Programme phare de l’Institut de la santé des Autochtones, ERRSA appuie un réseau national de centres de recherche dirigés par des Autochtones et axés sur les priorités des Premières Nations, des Inuits et des Métis en matière de santéNote en bas de page 1. Parmi ses récentes initiatives, la recherche d’intervention rapide sur les feux de forêt a été mise sur pied pour remédier à la situation d’urgence déclarée à l’été 2025 dans les régions nordiques de la Saskatchewan et du Manitoba. L’initiative donne d’ailleurs suite aux discussions tenues sur le terrain avec les communautés touchées, qui réclament le renforcement des efforts de recherche, des données probantes et de l’attention portée aux mesures de soutien nécessaires pendant et après une urgence liée au climat.
Les changements climatiques accroissent la fréquence des feux de forêt au Canada, lesquels touchent les communautés autochtones de manière disproportionnée. Par exemple, selon les estimations actuelles, les communautés des Premières Nations représentent quelque 42 % des personnes évacuées en raison des feux de forêt, alors qu’elles comptent pour 5 % de la population au paysNote en bas de page2.
Les communautés métisses sont elles aussi durement touchées. À l’été 2025, les feux de forêt sévissant dans la région nord III de la Nation métisse de la Saskatchewan ont poussé le ministre de l’Autodétermination et de l’Autonomie gouvernementale, Brennan Merasty, à déclarer l’état d’urgence. Il a indiqué à ce moment : « Nous sommes témoins de la destruction des sentiers de piégeage, des zones de récolte, des médicaments traditionnels et des habitats essentiels — les fondements même de notre mode de vie. Il ne s’agit pas seulement de pertes environnementales, mais de menaces directes à nos droits au titre de l’article 35 découlant de la Constitution. Il ne s’agit pas seulement d’une crise environnementale, mais d’une urgence d’ordre constitutionnel et culturel. »Note en bas de page 3
Au Manitoba, plus de 12 400 ménages ont été évacués pendant les feux de forêt de 2025, dont 7 300 ont reçu le soutien de Services aux Autochtones CanadaNote en bas de page 4.
Le financement de la présente initiative de recherche permet au Dr Robert Henry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice et le bien-être des Autochtones à l’Université de la Saskatchewan et responsable du Centre de coordination national du programme ERRSA, de collaborer avec les communautés des Premières Nations et les communautés métisses du nord de la Saskatchewan et du Manitoba. De pair, ils conçoivent et font progresser des projets de recherche qui évaluent les répercussions des feux de forêt et des évacuations sur les personnes et communautés métisses et des Premières Nations; leurs travaux comprennent également l’exploration de méthodes de recherche rapide qui pourront être utilisées pour répondre aux urgences futuresNote en bas de page 5.
Les conclusions de leurs efforts de recherche peuvent aider à hausser la sensibilisation aux effets particuliers des feux de forêt et des évacuations sur les communautés autochtones, en plus d’éclairer les stratégies de gestion des urgences et d’appuyer des pratiques de soins tenant compte des traumatismes. Du point de vue des politiques, le Dr Henry espère que les connaissances générées parviendront aux décisionnaires, aidant ainsi à favoriser l’efficacité de systèmes de soutien adaptés pour les communautés autochtones en période de crises environnementales.
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