COVID-19

Comment les enfants sont-ils touchés par la COVID-19?

20 avril 2020

Dr Stephen Freedman

Bien qu’il soit évident que l’infection au coronavirus risque d’avoir de graves conséquences pour les aînés et les personnes atteintes d’affections préexistantes, notamment d’ordre respiratoire, on sait peu de choses au sujet de l’incidence du virus sur les enfants (en anglais seulement). L’un des 99 projets retenus par les IRSC dans le cadre de la récente possibilité de financement pour une intervention de recherche rapide contre le nouveau coronavirus vise à changer cette situation. Il s’agit d’une étude prospective intense et lancée rapidement qui prévoit recruter et suivre au cours des prochains mois 12 500 enfants soupçonnés d’être atteints de la COVID-19 qui se présenteront dans l’une des 58 urgences participantes, dans 14 pays.

Le chercheur principal, le Dr Stephen Freedman, est urgentologue pédiatrique à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta à Calgary et clinicien-chercheur à l’Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants de l’Alberta et à l’Institut de santé publique O’Brien de l’École de médecine Cumming (tous les liens en anglais seulement). Le projet financé, Clinical Characteristics and Outcomes of Children Potentially Infected by SARS-CoV-2 Presenting to Pediatric Emergency Departments (Caractéristiques et résultats cliniques d’enfants potentiellement infectés par le SRAS-CoV-2 qui se sont présentés dans des urgences pédiatriques), compte parmi plusieurs interventions rapides qui se concentrent sur les issues dans la population pédiatrique.

Le recrutement est déjà en cours au Canada dans cinq urgences, la participation de trois autres a été approuvée et une centaine de participants ont été inscrits. De nombreux autres centres du monde entier ont également déjà lancé leur recrutement cette semaine. L’équipe de recherche espère qu’une cinquantaine d’urgences s’acquitteront de cette tâche au cours des deux prochaines semaines. Pour démarrer rapidement, l’étude du Dr Freedman fonctionne comme une étude parallèle qui met à profit l’infrastructure d’une initiative en cours, l’étude sur la pneumonie des Pediatric Emergency Research Networks (PERN).

Des enfants dont le test de dépistage de la COVID-19 est positif et d’autres dont les résultats sont négatifs seront recrutés, afin que les chercheurs puissent comparer les expositions et les interventions ainsi que recueillir des données sur les résultats d’enfants atteints d’autres maladies respiratoires en plus d’être infectés par le SRAS-CoV-2.

L’un des principaux objectifs de ce projet consiste à communiquer des données aux décideurs en temps réel. Le Dr Freedman indique que, pour ce faire, « nous utiliserons une base de données électronique afin de créer des tableaux pouvant présenter nos renseignements au fur et à mesure de leur arrivée à l’aide de scripts et d’un code permettant l’analyse quotidienne des données et, par conséquent, la diffusion d’une information à jour susceptible d’être consultée par le public, les universitaires et les décideurs. »

Les chercheurs suivront les enfants pendant 90 jours après leur visite d’une urgence pédiatrique. Comme le Dr Freedman l’explique, « pendant cette période, nous nous pencherons sur les symptômes chroniques qui se développeront, que ce soit à cause de la seule infection à SRAS-CoV-2 ou même en raison du stress vécu par les enfants. Ils peuvent parfois se manifester chez ceux-ci sous forme de symptômes non spécifiques ou que nous qualifions de somatiques. » La documentation et le suivi prévus porteront notamment sur les antécédents de voyage, les expositions et les symptômes des enfants, ainsi que sur un examen d’analyses de laboratoire, de radiographies, de traitements et de résultats.

Comme l’étude vient à peine de commencer, l’équipe du Dr Freedman est en train d’élaborer l’outil électronique de saisie des données. Le chercheur s’attend à pouvoir amorcer l’analyse de l’information recueillie jusqu’à présent d’ici une semaine ou deux et à commencer à dégager les tendances des résultats chez les enfants. L’équipe espère tout particulièrement trouver la période à haut risque, qui semble être pour les adultes de 7 à 10 jours après l’apparition des premiers symptômes.

Pour vous renseigner davantage sur l’incidence du virus sur les enfants, nous vous invitons à écouter The Kids are Alright (en anglais seulement), épisode de la série de balados consacrée à la COVID-19 par l’Université de Calgary, avec le Dr Freedman comme invité.

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