Résultats prometteurs d’un programme de recherche visant à favoriser la survie des Canadiens victimes d’un arrêt cardiaque soudain

Les taux de survie doublent aux endroits visés par l’étude; des milliers de vies sont probablement épargnées

Une initiative de recherche visant à sauver la vie de milliers de personnes qui subissent un arrêt cardiaque hors d’un établissement hospitalier fête son premier anniversaire, et ses résultats préliminaires sont prometteurs.

Le Canadian Resuscitation Outcomes Consortium (CanROC), en activité depuis décembre dernier, est une initiative de recherche de cinq ans conçue pour améliorer les taux de survie chez les personnes qui subissent un arrêt cardiaque à la maison ou dans un lieu public autre qu’un hôpital. Le projet est financé à hauteur de 3 millions de dollars par les Instituts de recherche en santé du Canada ainsi que la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.

Le projet répond à un besoin pressant : on estime que 40 000 arrêts cardiaques surviennent en dehors d’un établissement hospitalier chaque année au Canada, et que de 80 à 85 % d’entre eux se produisent en dehors du foyer, dans un endroit public. Bien que dans certaines communautés le taux de survie aux arrêts cardiaques survenant hors de l’hôpital atteigne près de 15 %, dans la plupart des communautés, moins de 10 % des personnes survivront et recevront leur congé de l’hôpital.

Les chercheurs de CanROC souhaitent améliorer ces probabilités. « Si ce n’était de ce programme, environ 1 800 personnes en Colombie-Britannique et à Toronto ne seraient plus en vie aujourd’hui », déclare la Dre Laurie Morrison, chercheuse à l’Hôpital St. Michael de Toronto, et l’une des trois scientifiques qui dirigent CanROC. Les autres responsables du projet, le Dr Ian Stiell à l’Hôpital d’Ottawa et Jim Christenson à l’Université de la Colombie-Britannique, rapportent des résultats aussi encourageants.

Le programme, mis en œuvre initialement à Toronto, à Ottawa et à Vancouver, est maintenant appliqué à Saskatoon, à Winnipeg, à l’Île‑du-Prince‑Édouard et à Montréal. Il est aussi question d’ouvrir de nouveaux centres CanROC en Alberta, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.

Dans le cadre de ce programme, des chercheurs étudient des façons de faire en sorte que les Canadiens ordinaires soient plus disposés à pratiquer la RCR et confiants en leurs capacités d’exécuter les manœuvres, ce qui favoriserait l’optimisation des temps de réponse aux urgences et l’uniformisation des approches de soins. L’étude porte également sur de nouveaux médicaments, outils et techniques de réanimation avec comme objectif d’assurer la survie des patients. Par exemple, au cours d’une étude financée dans le cadre de CanROC, on a cherché à déterminer la façon la plus efficace d’effectuer les compressions thoraciques en RCR.

Il reste encore quatre ans au programme de financement, et les chercheurs affichent un optimisme prudent : les taux de survie à l’arrêt cardiaque ont doublé là où CanROC est appliqué, et une réponse plus rapide à la réanimation s’est traduite par une moindre incidence de lésions cérébrales chez les survivants à l’arrêt cardiaque. Le programme semble aussi avoir eu l’effet désiré chez les membres du public, car la proportion de témoins prêts à pratiquer la RCR est passée à plus de 40 %. Il a en outre révélé qu’aux endroits où CanROC est en vigueur, davantage de témoins sont préparés à utiliser des défibrillateurs externes.

Le programme ne cible pas seulement les membres du public. Depuis ses débuts, CanROC a créé un réseau virtuel de 20 000 premiers répondants, qui auront accès à la recherche et aux données consolidées les plus récentes sur les arrêts cardiaques hors de l’hôpital, ainsi qu’à une meilleure formation fondée sur la recherche de CanROC.

« CanROC est un important programme de recherche pour notre institut et pour les IRSC; ses travaux contribuent à améliorer le sort des patients, au pays et dans le monde entier », affirme le Dr Brian Rowe, directeur scientifique de l’Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC et important commanditaire du réseau CanROC.

Restez à l’écoute tandis que les IRSC continuent de suivre les progrès des chercheurs de CanROC, ce programme qui sauve des vies et qui s’étend à de nouvelles villes d’un bout à l’autre du pays.

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