Découvertes pour la vie

Les visages de la recherche en santé 2018

Titre

Essai T1ME

Améliorer le contrôle du diabète de type 1 grâce à l’autogestion, à la formation et au soutien virtuels

Dre Gillian Booth
Centre for Urban Health Solutions (C-UHS), Institut du savoir Li Ka Shing, Hôpital St. Michael
Professeure, Département de médecine et Institut des politiques, de la gestion et de l’évaluation de la santé de l’Université de Toronto
Chercheuse adjointe principale à l’Institut de recherche en services de santé

La Dre Gillian Booth s’intéresse principalement aux résultats en santé liés au diabète, et plus précisément à l’incidence des facteurs relatifs à la situation socioéconomique, à l’environnement bâti et aux soins de santé sur le risque de diabète et de complications associées. Afin de mieux comprendre ces enjeux, elle utilise de grandes bases de données provinciales sur les soins de santé et des enquêtes connexes, ainsi que la méthodologie des systèmes d’information géographique (SIG) permettant d’étudier les facteurs contextuels influant sur l’apparition du diabète.

L’essai T1ME ou Type 1 diabetes virtual self-Management Education and support (autogestion, formation et soutien virtuels pour le diabète de type 1) vise à améliorer la vie des personnes touchées par le diabète de type 1 (DT1) en les aidant à contrôler leur diabète aisément et de manière conviviale. En plus des soins habituels, ce projet comprendra une prestation électronique de soins de santé et de services de soutien connexes, notamment des courtes consultations fréquentes en ligne avec l’équipe de soins du patient, des cours en ligne et du soutien à l’autogestion. Nous estimons que ce modèle de soins « contacts fréquents, mais moins physiques » améliorera non seulement le contrôle sur le DT1, mais aussi l’expérience thérapeutique générale des personnes atteintes de DT1.

Lire aussi :

La qualité des soins prodigués aux patients atteints d’insuffisance rénale aiguë

Dr Samuel Silver
Professeur adjoint
Université Queen’s

J’utilise des données administratives et des revues systématiques pour guider la conception d’interventions d’amélioration de la qualité visant les résultats chez les patients atteints d’insuffisance rénale. Mes intérêts de recherche portent principalement sur la prestation des soins aux patients atteints d’insuffisance rénale aiguë, et ce, en milieu hospitalier et en clinique externe. Je commence également à élargir ma recherche aux patients traités dans un centre d’hémodialyse.

J’ai entrepris une formation en recherche sur les services de santé et l’amélioration de la qualité afin d’acquérir les compétences nécessaires pour appliquer rapidement les résultats de ma recherche à de vastes populations de patients. Je ne voulais pas mettre fin à mes travaux après avoir découvert une façon d’améliorer les soins et je souhaitais aussi prévoir des solutions aux problèmes ciblés dans le domaine des soins de santé. Les possibilités mises à ma portée grâce au programme KRESCENT-IRSC m’ont exposé à un mentorat et à des collaborations indispensables pour maintenir un succès et une productivité qui, je l’espère, m’aideront à améliorer les résultats des soins de santé et l’expérience des patients atteints d’insuffisance rénale.

Lire aussi :

Twitter: @drsamsilver

Comprendre la virulence bactérienne pour réduire la résistance aux antibiotiques

Dr Christian Baron
Vice-doyen à la recherche et au développement
Faculté de médecine
Université de Montréal

Les bactéries résistantes aux antibiotiques peuvent causer le rejet des traitements prodigués aux patients, entraînant ainsi une augmentation des taux de mortalité et de morbidité et une hausse des coûts pour le système de santé. Ce phénomène est préoccupant, car il favorise l’évolution de ce qu’on appelle les « superbactéries ». Notre programme de recherche est principalement axé sur les mécanismes associés à la virulence bactérienne et sur la conjugaison (transfert de plasmides) médiée par les systèmes de sécrétion de type IV. Il s’agit de complexes macromoléculaires présents dans les membranes des bactéries, qui transfèrent des plasmides codant pour les gènes de la résistance aux antibiotiques et les facteurs de virulence des protéines traversant l’enveloppe cellulaire. Notre recherche vise à comprendre ce processus biologique au niveau moléculaire. L’information tirée de nos travaux pourrait permettre de concevoir des molécules capables d’atténuer la virulence bactérienne (p. ex. celle de l’Helicobacter pylori qui cause des maladies gastriques et des cancers de l’estomac). Les inhibiteurs des systèmes de sécrétion de type IV peuvent aussi réduire la population bactérienne et, par le fait même, la propagation des gènes de la résistance aux antibiotiques

Un petit coup de main de nos amis

Utilité du soutien social pour protéger la santé mentale des mères

Mme Erin Hetherington
Université de Calgary

Jusqu’à une femme sur sept au Canada pourrait souffrir de dépression postpartum (DPP). Lorsque non traitée, la DPP peut devenir débilitante pour les mères, les enfants et les familles. Bien qu’aucune mère ne soit à l’abri de la DPP, les femmes ayant déjà vécu des problèmes de santé mentale sont plus à risque de développer la maladie. Ma recherche s’appuie sur les données d’une étude de cohorte longitudinale en cours à Calgary, intitulée All Our Families. Nous suivons cette cohorte de 3 000 paires mère-enfant en nous interrogeant sur le rôle du soutien social sur la santé mentale des mères. Nous avons constaté que les femmes bien soutenues par leur famille et leurs amis sont moins à risque de DPP, même si elles ont déjà souffert de dépression. Du point de vue de la santé publique, le soutien est bénéfique pour toutes les mères, mais les stratégies de soutien ciblées pourraient s’avérer particulièrement efficaces pour celles qui ont déjà eu des problèmes de santé mentale. Nous avons récemment commencé à examiner l’évolution du réseau de soutien des femmes au fil du temps. En plus d’être un grand honneur, l’obtention d’une bourse d’études supérieures Vanier des IRSC m’a fourni de nombreuses occasions de réseautage et d’application des connaissances. En tant que mère et chercheuse passionnée, ces travaux sont particulièrement importants pour moi au plan personnel, et je continuerai de mener des recherches à la fois captivantes et utiles aux familles.

Lire aussi :

Twitter: @elhether

Dompter les superbactéries

Vers une compréhension moléculaire de la résistance aux antibiotiques

M. J. Andrew Alexander
Université de la Colombie Britannique

Avez vous déjà souffert d’une infection bactérienne pour laquelle des antibiotiques étaient jugés nécessaires? Peut être connaissez vous quelqu’un qui a subi une intervention chirurgicale ou reçu un traitement de chimiothérapie et à qui des antibiotiques ont été prescrits pour combattre une infection potentiellement mortelle? Les antibiotiques sont une pierre angulaire des soins de santé modernes, car leur capacité de soigner et de prévenir l’infection permet de réaliser un nombre incalculable d’actes médicaux (remplacements d’articulations, interventions chirurgicales et traitements contre le cancer). Toutefois, les antibiotiques perdent graduellement leur efficacité, les bactéries y devenant résistantes.

Par mes travaux, je cherche à comprendre comment les bactéries acquièrent une résistance aux antibiotiques, et ce que nous pouvons faire à ce sujet. À l’aide de techniques comme la radiocristallographie, j’étudie les détails moléculaires de la façon dont les protéines bactériennes interagissent avec les antibiotiques. Visualiser les changements dans les protéines de bactéries résistantes peut faciliter notre compréhension de la manière dont la résistance est acquise. J’espère également par mon travail aider à la conception de nouveaux antibiotiques pour traiter des souches résistantes de bactéries.

Une fois que nous aurons compris comment la résistance bactérienne fonctionne aux niveaux atomiques, nous pourrons aider à mettre au point de nouveaux médicaments efficaces contre des infections bactériennes auparavant résistantes.

Lire aussi :

Twitter : @J_A_Alexander

Stimuler le « Pac-Man » du cerveau pour traiter la SLA

Le défi du seau d’eau glacée se popularise au profit de cette maladie des motoneurones

Mme Maneka Chitiprolu
Étudiante de cycle supérieur
Département de médecine cellulaire et moléculaire
Université d’Ottawa

On estime que 3 000 Canadiens et Canadiennes vivent avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA) sans avoir accès à des options thérapeutiques viables. Ma recherche propose l’autophagie comme stratégie de traitement pour éliminer les inclusions pathologiques associées à la SLA.

Chez les patients atteints de SLA, des amas de protéines se forment et produisent un ARN toxique qui se multiplie et tue les cellules neuronales, en raison d’une combinaison de mutations génétiques et de facteurs de stress environnemental. L’incapacité subséquente des motoneurones à transmettre les messages du cerveau jusqu’aux muscles entraîne une faiblesse musculaire, une paralysie et finalement la mort dans les trois à cinq ans qui suivent le diagnostic.

Pour éliminer les agrégats pathologiques liés à la SLA, je me suis concentrée sur un processus cellulaire de contrôle de la qualité appelé autophagie. L’autophagie, qui signifie se manger soi-même en grec, aide les cellules eucaryotes à fonctionner comme des experts en recyclage. Quand les organites se détériorent ou deviennent obsolètes, la voie de l’autophagie se déclenche : ils sont tous rassemblés dans une structure à double membrane appelée autophagosome, puis transportés jusqu’aux lysosomes, où ils sont dégradés en substituants primaires pour être réutilisés. Ce recyclage cellulaire est important pour la survie de l’organisme. Mes récents résultats permettent d’élucider les mécanismes moléculaires sous-tendant l’autophagie sélective qui facilite la dégradation des agrégats toxiques associés à la SLA. Cette recherche fournit pour la première fois un modèle unificateur qui réunit de multiples mutations (C9ORF72, p62, MSN, FUS) et modifications liées à la SLA en une seule voie.

Dans nos efforts pour traiter la SLA, ces mécanismes procurent une base pour la mise au point de médicaments qui activent la dégradation de substrats propres à la maladie, comme les agrégats d’ARN.

Lire aussi :

Twitter : @uOttawa

Qu’est-ce qui compte dans l’établissement des priorités en matière de santé maternelle?

Se pencher sur l’établissement des priorités ethnographiques au Ghana

Dre Lauren J. Wallace
Département de la santé, du vieillissement et des sociétés
Université McMaster

Les dernières décennies ont donné lieu à une prolifération fort attendue de politiques importantes fondées sur des données probantes visant à réduire les besoins insatisfaits en santé des mères partout dans le monde. Malgré tout, des inégalités subsistent.

L’étude du rôle des données probantes dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de santé maternelle devrait nous permettre de perfectionner la théorie et les pratiques actuelles en matière de santé mondiale. Dans les programmes de santé maternelle, il existe de nombreux défis qui sont le reflet de plus grandes tensions associées aux politiques en matière de santé mondiale. Il faut notamment comprendre les causes en amont de la mortalité et de la morbidité et s’y attaquer tout en assurant un équilibre entre les perspectives et les besoins de divers programmes et intervenants.

L’élaboration de politiques fondées sur des données probantes en matière de santé maternelle n’est pas une mince affaire à l’échelle nationale et soulève de nombreuses questions fort complexes. Quels sont les types de données probantes les plus fiables et les plus pertinents dans divers contextes? Les gens perçoivent-ils différemment le rôle des données probantes dans l’établissement des priorités? Quel est le lien entre les types de renseignements utilisés dans l’établissement des priorités, la mise en œuvre des politiques et la santé de la population à l’échelle nationale?

En tant que boursière postdoctorale des IRSC travaillant au Ghana, j’utilise l’ethnographie pour explorer les liens qui existent entre les données probantes, les processus d’établissement des priorités et les politiques qui en découlent, et la santé maternelle. Compte tenu de sa riche histoire en matière d’aménagements institutionnels pour l’établissement de politiques fondées sur des données probantes, le Ghana constitue un cas unique pour l’étude de ces questions.

Lire aussi :

Améliorer le bien-être des enfants

Recherche de pointe pour prévenir le diabète de type 1, la maladie cœliaque et les troubles du métabolisme du calcium

Dr Farid Mahmud
Scientifique associé et endocrinologue
Hôpital pour enfants de Toronto (SickKids)

La recherche du Dr Farid Mahmud, scientifique associé et endocrinologue à l’Hôpital pour enfants de Toronto, porte principalement sur les affections et complications associées au diabète (dont les facteurs de risques d’athérosclérose), les signes précoces d’insuffisance rénale et la maladie cœliaque. En outre, le Dr Mahmud cherche aussi à comprendre l’impact des déterminants sociaux de la santé sur la maladie chronique chez les jeunes.

Le Dr Mahmud est chercheur principal de l’essai longitudinal d’évaluation et d’intervention alimentaire sur la maladie cœliaque et le diabète dans le cadre du Réseau canadien d’essais cliniques de FRDJ (RCEC de FRDJ). Cet essai financé par FRDJ évalue les résultats du dépistage et du traitement de la maladie cœliaque chez les enfants et les adolescents aux prises avec le diabète de type 1 (DT1). Faisant participer les adolescents et les jeunes adultes, le Dr Mahmud est aussi le principal chercheur canadien d’AdDit (Adolescent Type 1 Diabetes Cardio-Renal Intervention Trial), essai qui évalue les effets protecteurs des statines et des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine sur les adolescents à risque élevé atteints du DT1.

Actif en clinique dans le domaine du diabète et de l’endocrinologie, le Dr Mahmud est aussi spécialiste des troubles pédiatriques du métabolisme du calcium. Il agit comme professeur adjoint et comme mentor en milieu clinique et à l’Université de Toronto.

Ce projet fait partie du partenariat entre FRDJ et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour vaincre le diabète, dont les fonds proviennent de l’Initiative sur les essais cliniques novateurs de la Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada.

Lire aussi :

Endiguer la progression du diabète

Dr Timothy J. Kieffer
Université de la Colombie-Britannique

Maladie chronique caractérisée par une élévation de la glycémie, le diabète croît à une vitesse alarmante. Actuellement, 10 millions de Canadiens et 450 millions de personnes dans le monde sont diabétiques. Le diabète est source de nombreuses complications débilitantes qui portent atteinte à la qualité et à la durée de vie. L’insuline a été découverte par des Canadiens il y a près de 100 ans. Depuis, de nombreux patients s’injectent de l’insuline chaque jour dans le but de maîtriser leur glycémie. Cela est toutefois astreignant et ne reproduit qu’imparfaitement la sécrétion d’insuline par les cellules d’îlot dans le pancréas.

Chez certains patients, le diabète peut être traité efficacement au moyen de la greffe d’une petite quantité de cellules d’îlot productrices d’insuline prélevées sur le pancréas de donneurs. Bien que cette intervention soit relativement simple et efficace, la pénurie sévère de tissu d’îlots signifie que seuls quelques patients peuvent recevoir ce type de greffe. En collaboration avec l’industrie, mon équipe de recherche étudie la possibilité d’utiliser des cellules souches humaines pour fabriquer de grandes quantités de cellules productrices d’insuline pouvant servir à traiter le diabète. Nous cherchons des façons de protéger les cellules des attaques immunitaires et mettons à l’essai différentes méthodes de transplantation des cellules. Notre but est de produire une réserve illimitée de cellules pouvant être greffées à des patients afin de ramener leur glycémie à la normale et d’éliminer l’injection d’insuline.

Lire aussi :

Quelles sont les meilleures façons de contrer l’hypoglycémie?

Une équipe de recherche étudie comment les médicaments prescrits pour traiter le diabète de type 1 peuvent être à la fois bénéfiques et néfastes

Dr Rémi Rabasa-Lhoret
Institut de recherches cliniques de Montréal, Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Le Dr Rabasa-Lhoret est endocrinologue à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), directeur de la clinique de diabète et de l’Unité de recherche sur les maladies métaboliques de l’IRCM ainsi que professeur à l’Université de Montréal. Sa recherche porte sur les moyens de contrer l’hypoglycémie (taux de glucose sanguin bas) qui peut être causée par des médicaments contre le diabète de type 1.

Ainsi, il testera différentes stratégies utilisées pour prévenir l’hypoglycémie provoquée par l’exercice, vérifiera l’efficacité du pancréas artificiel dans le contrôle de la glycémie, analysera les conséquences de l’hypoglycémie sur le cœur, mesurera l’efficacité de divers traitements de l’hypoglycémie, et mettra en place un registre des personnes atteintes du DT1 au Québec ayant recours à de nouvelles technologies et thérapies pour prévenir l’hypoglycémie. Son équipe se penche aussi sur des façons de prolonger la durée de vie utile du dispositif de perfusion de la pompe à insuline.

Le Dr Rabasa-Lhoret a publié plus de 300 articles, présenté des données à plus de 100 conférences et supervisé 45 étudiants diplômés. Il a reçu nombre de prix et récompenses, y compris la bourse de recherche 2017 de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Ce projet fait partie du partenariat entre FRDJ et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour vaincre le diabète, dont les fonds proviennent de l’Initiative sur les essais cliniques novateurs de la Stratégie de recherche axée sur le patient du Canada.

Lire aussi :

Diabète de type 2 chez l’enfant

Établir les prédicteurs et les mécanismes associés à la maladie chez l’enfant ainsi que ses complications rénales précoces

Dre Brandy Wicklow
Université du Manitoba

La prévalence du diabète de type 2 (DT2) durant l’enfance continue d’augmenter dans le monde et affecte de façon disproportionnée les enfants autochtones. Notre équipe DREAM (Diabetes Research Envisioned and Accomplished in Manitoba) s’est intéressée au dépistage précoce du DT2 chez les enfants ainsi qu’à la détermination de facteurs de risque modifiables et leurs complications.

Nous étudions actuellement deux cohortes longitudinales prospectives. Créée en 2008, la cohorte des naissances de la prochaine génération est la plus importante cohorte prospective au Canada formée d’enfants nés de mères et de pères ayant reçu un diagnostic de DT2 durant l’enfance (< 18 ans). Cette étude a permis de montrer que l’exposition in utero au DT2 de la mère confère un risque élevé de morbidité et de mortalité néonatale et infantile, ainsi qu’un risque à long terme d’obésité et de DT2 chez l’enfant. La deuxième cohorte, appelée iCARE, suit des enfants et des adolescents atteints de DT2 pour établir l’histoire naturelle de la maladie rénale. Cette étude a démontré que le DT2 chez les enfants est associée à des taux élevés de dysfonction rénale précoce causée par des facteurs biologiques et psychologiques (stress ou détresse.)

Les données préliminaires tirées de ces études de cohortes pointent vers des modifications épigénétiques dans des gènes clés en jeu dans le métabolisme normal, débouchant sur la transmission du DT2 d’une génération à l’autre. Les cohortes fournissent aussi de l’information précieuse sur l’histoire naturelle du DT2 durant l’enfance et guideront la mise au point (en partenariat avec nos patients, parents et membres du milieu) d’interventions cliniquement utiles.

Lire aussi :

Twitter : @bwicklow1

Co-infections tropicales et VIH

Le traitement de maladies tropicales négligées peut il réduire la sensibilité au VIH en Afrique?

M. Sergey Yegorov
Département d’immunologie, Université de Toronto

Comme boursier d’études supérieures du Canada Vanier, je suis heureux d'avoir l'occasion de participer à une collaboration internationale de recherche entre le Canada et l’Ouganda qui vise à prévenir des infections virales et parasitaires communes qui sont endémiques en Afrique de l'Est. Le VIH touche 1 adulte sur 15 environ. Le paludisme représente une grave menace, particulièrement chez les jeunes personnes, et son traitement est considéré comme une priorité urgente. La schistosomiase est une affection tropicale négligée qui demeure rarement diagnostiquée même si sa prévalence dépasse 60 % dans certaines communautés.

Ma recherche de doctorat a fait ressortir des écarts dans le diagnostic du paludisme dans les établissements de santé publique en Ouganda, ce qui donne à penser que la prévalence réelle de la maladie est masquée par de hauts taux de surdiagnostic. Par contre, nous avons constaté que la schistosomiase intestinale était associée à des facteurs de risque sociocomportementaux du VIH, alors qu’un essai clinique sur le traitement de cette maladie chez des Ougandaises a révélé une réduction substantielle de la sensibilité au VIH après un traitement anthelminthique.

Les conclusions de ma recherche laissent croire que lutter contre des maladies traitables mais négligées pourrait aider à réduire la propagation d’infections débilitantes, comme le VIH, en Afrique.

Lire aussi :

Twitter : @S_Yegorov

Gagner sans souffrir!

Associer des cibles moléculaires au traitement de la douleur au niveau des cellules et des circuits circulaires

Seyed Mohammad Amin Kamaleddin Ezabadi
The Hospital for Sick Children, Université de Toronto

La douleur chronique est un problème de santé fort répandu qui est traité avec des analgésiques. Cependant, tous les analgésiques actuels, comme les opioïdes, ont une efficacité potentielle limitée, des effets indésirables non prévus, et un fort potentiel addictif. Trouver des cibles médicamenteuses au niveau moléculaire est nécessaire, mais insuffisant, pour mettre au point des traitements efficaces sur le plan clinique contre la douleur chronique.

J’étudie comment le traitement de la douleur dans la moelle épinière est perturbé dans des états pathologiques. En analysant l’activité électrique de types cellulaires individuels dans la moelle épinière de la souris, je peux aider à explorer comment différentes stratégies thérapeutiques peuvent réduire la douleur chronique. À terme, la qualité de vie de plus de six millions de Canadiens bénéficiera de traitements de la douleur hautement efficaces comportant un minimum d’effets non voulus.

De plus, les troubles neurologiques, mon domaine de spécialisation comme chercheur, représentent 38 % du fardeau de maladie, ce qui est plus que le cancer (~ 12,7 %) et les maladies cardiovasculaires (~ 11,8 %) combinés. Je sens, par conséquent, une responsabilité de diriger des groupes d’action au sein de sociétés bénévoles et professionnelles qui militent en faveur d’un financement accru de la recherche en neurosciences.

Lire aussi :

Lutter contre le cancer en misant sur la réparation de l’ADN

Les cellules cancéreuses ont souvent du mal à réparer leur propre ADN. Peut-on utiliser cette caractéristique contre elles?

Dr Eric Zhao
Université de la Colombie Britannique

Comme biologiste computationnel et boursier d’études supérieures du Canada Vanier au programme de M.D.-Ph.D. de l’Université de la Colombie-Britannique, j’ai cherché de nouvelles façons de personnaliser le traitement du cancer. Dans le cadre du projet d’oncogénomique de l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique, j’ai analysé des centaines de génomes du cancer. Des modifications de l’ADN, appelées mutations, surviennent pour de nombreuses raisons, comme l’exposition à la fumée de cigarette et aux rayons ultraviolets. Les cellules humaines saines ont des outils pour réparer l’ADN muté, mais les cellules cancéreuses perdent souvent cette capacité. Cela peut rendre les tumeurs vulnérables à une chimiothérapie conçue pour endommager l’ADN, car si les cellules saines réussissent à réparer les dommages, les cellules cancéreuses sont mises à mal.

Pouvons-nous adapter des traitements pour exploiter cette vulnérabilité? Pour répondre à cette question, nous avons relevé toutes les mutations dans environ 500 cancers avancés de différents types. Les schémas de mutation de l’ADN peuvent révéler si un cancer répare correctement l’ADN.

En ce qui concerne les cancers du sein, nous avons constaté que les cancers incapables de réparer l’ADN endommagé étaient plus sensibles aux chimiothérapies à base de cisplatine et de carboplatine. Cette connaissance pourrait aider à améliorer les plans de traitement personnalisés pour certaines personnes atteintes de cancer. Nous avons également mis en évidence des schémas de mutation résultant de la chimiothérapie qui montrent comment les traitements du cancer eux-mêmes peuvent altérer l’ADN.

Lire aussi :

Twitter : @zhaoEZ

Comment peut on prévenir l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence?

Dre Claire Godard-Sebillotte
M.D., candidate au doctorat
Université McGill, Département de médecine familiale

En tant que gériatre, je suis témoin des difficultés que doivent surmonter au quotidien les personnes atteintes de démence et leurs aidants lorsqu’ils naviguent dans le système de santé, résultat de la fragmentation et du manque de coordination des services médicaux, sociaux et communautaires. Ces difficultés pourraient expliquer en partie pourquoi les personnes atteintes de démence se présentent à l’urgence et sont hospitalisées deux fois plus souvent que les autres. Certaines de ces utilisations des hôpitaux de soins aigus pourraient pourtant être évitables.

Le but de mon doctorat est d’explorer comment nous pourrions éviter l’utilisation des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence. Je répondrai à deux questions. Premièrement, avons-nous déjà conçu et mis en œuvre une intervention efficace au niveau des services de santé pour prévenir l’utilisation des hôpitaux de soins aigus? Pour répondre à cette question, je synthétiserai la littérature sur le sujet. Deuxièmement, est-ce que la continuité des soins avec un médecin de famille prévient des visites excessives à l’hôpital? Ici, je mènerai une étude à l’aide de méthodes statistiques avancées (scores de propension) pour mesurer l’effet de la continuité des soins de première ligne sur l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence au Québec.

J’espère que ma recherche inspirera à terme des politiques de soins de santé visant à réduire l’utilisation évitable des hôpitaux de soins aigus par les personnes atteintes de démence, et débouchera sur de meilleurs soins.

Lire aussi :

Twitter : @McGillFamMed

Transmission du legs : nouvelles connaissances sur le rôle des gènes et de l’environnement dans l’apparition du diabète de type 2 chez les jeunes Oji-Cris

Lien entre la variante génétique HNF-1αG319S et cette maladie à multiples facettes

Mme Taylor Morriseau
Université du Manitoba

Dans les années 1980, les Drs Heather Dean, Ronald Mundy et Michael Moffatt ont modifié le paysage médical en présentant 20 cas – fortement contestés, mais soigneusement diagnostiqués – de diabète de type 2 (DT2) chez des enfants d’âge scolaire. Étonnamment, ces jeunes patients ojis cris étaient unis par leur descendance de quatre communautés de Premières Nations du nord est du Manitoba. Compte tenu du lieu et de la généralisation de la maladie, une variante génétique unique (appelée HNF-1αG319S) a tôt fait d’être identifiée. Il s’agit certes du prédicteur le plus fiable du DT2 à l’heure actuelle, mais on ne comprend pas encore clairement pourquoi autant de jeunes sont touchés, alors que les incidences étaient incroyablement faibles il y a deux générations à peine.

Nous croyons que la réponse réside dans notre histoire coloniale complexe qui a fait passer les stratégies alimentaires fondées sur le territoire vers l’alimentation occidentale. Il manquait jusqu’ici une base expérimentale pour comprendre comment le polymorphisme HNF-1αG319S influe sur l’apparition du DT2, base qui incorpore les influences environnementales postcoloniales.

Sous la direction de la Dre Christine Doucette et du Dr Vernon Dolinsky, ma recherche dans le cadre de la bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC porte sur la caractérisation du premier modèle murin reflétant la variante HNF-1aG319S. En modifiant les régimes expérimentaux pour qu’ils correspondent à l’apport nutritionnel actuel par rapport à celui par le passé des Ojis Cris, nous déterminerons les marqueurs du développement du diabète. Nous pourrons ainsi mieux comprendre la relation entre la génétique, l’alimentation et le diabète au sein de la population oji crie. La recherche est un autre fil de la longue trame historique tissée par des patients, des membres de la communauté, des soignants et des chercheurs dévoués, sur fond d’espoir que la descendance de la jeune population actuelle sera épargnée du fardeau de la maladie.

Lire aussi :

Twitter : @TaylorMorriseau, @DREAM_trainees

Sous représentés et inexplorés

Déterminer si l’exercice peut améliorer la qualité de vie des adolescents et des jeunes adultes ayant reçu un diagnostic de cancer

Amanda Wurz
M.Sc., ACSM-CPT candidate au doctorat
Université d’Ottawa

Nous savons tous à quel point un diagnostic personnel de cancer, ou ce même diagnostic pour un ami, un collègue ou un proche, peut avoir des conséquences catastrophiques. Par contre, nous sommes moins nombreux à connaître un adolescent ou un jeune adulte (AJA) qui a reçu un diagnostic de cancer, cette population étant beaucoup moins souvent touchée. Les AJA atteints de cancer doivent vivre avec les conséquences de la maladie durant une période critique de leur développement, ce qui peut théoriquement amplifier les effets indésirables sur leur qualité de vie.

La recherche a démontré que l’exercice peut améliorer la qualité de vie des adultes âgés ayant reçu un diagnostic de cancer, mais les AJA atteints de cancer sont largement sous représentés et non considérés dans cette recherche. Mon travail de doctorat vise à déterminer si l’exercice peut améliorer la qualité de vie de cette population. Nous avons réalisé une intervention innovante fondée sur l’exercice au domicile de participants deux fois par semaine pour leur montrer comment faire de l’exercice et les aider à acquérir les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour continuer tout seuls.

La bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC m’a permis d’accroître la sensibilisation à l’exercice chez les AJA atteints de cancer et de proposer des objectifs en vue d’interventions ou de programmes futurs pour que cette population puisse commencer à bouger pour améliorer sa qualité de vie.

Lire aussi :

Dre Jennifer Brunet, superviseure au doctorat

Twitter : @AmandaWurz

Là où les molécules génétiques résident dans nos cellules n’est pas un aspect négligeable!

Le lieu des molécules d’ARN dans la cellule est-il important pour la vie? Très certainement!

Mme Ashley Chin
Institut de recherches cliniques de Montréal et Université McGill

Les cellules ont toutes sortes de formes et de tailles – et souvent, elles sont fortement polarisées. En fait, ces propriétés sont indispensables pour le bon fonctionnement des cellules dans le corps humain. La perte d’organisation et de polarité des cellules est mise en cause dans nombre d’effroyables maladies, dont le cancer. Comme si ce n’était pas assez, la perte de polarité permet aux cellules cancéreuses d’être plus invasives, et donc à la maladie de se propager à d’autres tissus et organes.

La polarisation des cellules est régie par un système d’adressage mal compris qui ressemble aux systèmes de transport en commun des grandes villes. Bien que la recherche actuelle porte avant tout sur l’étude des protéines participant au contrôle de la polarité, j’ai l’ambition de décoder la fonction d’une autre protéine tout aussi importante appelée ARN, une cousine de l’ADN.

Ma recherche doctorale est centrée sur la compréhension de la manière dont la polarité des cellules est régulée par le trafic d’ARN. Des panneaux d’arrêt et des feux de circulation sont placés à des endroits bien précis pour que la circulation automobile soit ordonnée et fluide, et il en est de même pour les molécules d’ARN au niveau cellulaire. En fait, des molécules d’ARN mal placées ont été incriminées dans des troubles comme la maladie d’Alzheimer et la dystrophie myotonique. Comme les cellules cancéreuses présentent de graves défauts de circulation, mon projet sera un pas de plus vers le décryptage des origines du cancer sous l’angle de la biologie moléculaire.

Lire aussi :

Combiner la biologie et la nanotechnologie pour s’attaquer à la maladie auto-immune

Des nanoparticules artificielles spécifiques de maladie enrayent l’auto-immunité hépatique, épargnant l’immunité générale contre l’infection et le cancer

Dr Channakeshava Sokke Umeshappa
Université de Calgary

Inspiré par le récit de l’éradication de la variole par la vaccination durant mes études en médecine vétérinaire, je suis devenu un passionné de la recherche scientifique en immunologie et en immunothérapie.

Les maladies auto-immunes du foie comme la cirrhose biliaire primitive, la cholangite sclérosante primitive et l’hépatite auto-immune évoluent vers des affections chroniques et débilitantes qui nécessitent une intervention médicale prolongée. Les approches thérapeutiques actuelles sont non spécifiques et consistent à utiliser des médicaments immunosuppresseurs pour ralentir la progression de la maladie et atténuer les symptômes. Leur utilisation entraîne une immunosuppression systémique qui conduit à des infections microbiennes secondaires et à des cancers.

Au cours de mon programme postdoctoral, j’ai établi une plateforme de nanomédecine spécifique de maladie, consistant en un métal enduit de cibles antigéniques de cellules immunitaires spécifiques du foie, induisant la maladie, capables d’entraver la progression des maladies auto-immunes du foie.

Ces nanomédicaments sont uniques en ce sens qu’ils ciblent expressément des cellules immunitaires qui causent la maladie et les convertissent en cellules suppressives localement. Cela peut ensuite détourner le réseau régulatoire de l’organisme pour ralentir la progression de maladies existantes dans un organe atteint comme le foie. Ils épargnent l’immunité générale et préservent les défenses contre l’infection et le cancer.

Mon travail répond donc à un besoin clinique non satisfait dans le traitement des maladies auto-immunes. Il facilite le programme translationnel pour la mise au point d’un médicament candidat contre les maladies auto-immunes du foie chez les humains.

Lire aussi :

Twitter : @CUmeshappa; @UCalgaryMed

Mettre au point des outils miniatures dirigeables pour la chirurgie minimalement effractive du cerveau

Dr Kyle W. Eastwood, boursier Vanier
Étudiant en médecine (M.D.-Ph.D.) à l’Université de Toronto

Notre recherche a pour but de créer de nouveaux outils miniatures pour une forme minimalement effractive de chirurgie du cerveau appelée neuroendoscopie. Ce type d’intervention chirurgicale consiste à utiliser des instruments millimétriques avec de longues et minces caméras pour accéder sans danger aux profondeurs du cerveau.

La neuroendoscopie est utilisée depuis des décennies pour aider à traiter les personnes aux prises avec des tumeurs, des kystes ou un œdème cérébral. Elle réduit la durée de la chirurgie et le temps de rétablissement des patients, comparativement aux autres techniques. Toutefois, la neuroendoscopie est actuellement utilisée seulement pour un nombre limité de types particuliers de chirurgie. L’utilisation sélective de la technique dépend en partie de la conception actuelle des instruments.

La recherche au Hospital for Sick Children a porté sur la mise au point d’instruments dirigeables complétant l’appareillage existant, et permettant aux chirurgiens de recourir à la neuroendoscopie pour une plus vaste gamme d’interventions. Nous avons conçu des outils manuels de moins de deux millimètres dont l’extrémité est articulée comme le poignet.

À terme, le but de cette recherche est de permettre aux chirurgiens d’intervenir sur des tumeurs plus grosses et difficiles à atteindre par des moyens beaucoup moins invasifs.

Lire aussi :

L’usage du cannabis en milieu de travail au Canada

Mieux comprendre les habitudes d’utilisation et les perceptions parmi les travailleurs canadiens

Nancy Carnide et Peter Smith
Institut de recherche sur le travail et la santé

Malgré l’appétit vorace des employeurs et des responsables des politiques pour des renseignements permettant de les guider dans l’élaboration de politiques et d’initiatives de prévention, le manque de connaissances subsiste sur la fréquence à laquelle les travailleurs canadiens consomment du cannabis et sur leur perception de son usage au travail.

Grâce à une subvention Catalyseur des IRSC, nous avons mené un sondage auprès de plus de 2 000 travailleurs canadiens afin de recueillir des renseignements, avant la légalisation, sur les habitudes de consommation de cannabis au travail, sur les perceptions des travailleurs concernant les risques et les effets de l’usage du cannabis au travail, sur la connaissance des effets du cannabis et sur les normes du travail entourant son usage. Nous espérons obtenir les résultats de cette étude d’ici la fin de 2018. La plupart des participants à cette étude ont aussi accepté que l’on communique de nouveau avec eux, et notre objectif est de faire un suivi auprès de ces travailleurs afin de pouvoir mieux comprendre l’incidence de la légalisation sur la santé et la sécurité en milieu de travail au Canada.

Lire aussi :

Twitter : @nancycarnide, @iwhresearch

Unis pour la science

Répondre aux besoins en santé mentale au Canada

Mme Danielle Rice
Université McGill

En tant que stagiaire en santé mentale déterminée à améliorer les soins fondés sur des données probantes pour les personnes atteintes de troubles mentaux, je suis parfaitement consciente du grand nombre de Canadiens ayant des problèmes de santé mentale qui ne reçoivent pas de soins adéquats, malgré la disponibilité de traitements efficaces. Grâce à la bourse d’études supérieures du Canada Vanier, j’ai eu l’occasion de commencer à me pencher sur le traitement des troubles liés à la consommation d’opioïdes afin de déterminer l’approche psychothérapeutique la plus efficace en combinaison avec un agent pharmacologique (p. ex. traitement par agonistes opioïdes). En faisant appel à des méthodes de revue systématique, nous nous employons actuellement à colliger des résultats sur le type de psychothérapie qui améliore le plus efficacement l’état des personnes atteintes de troubles liés à la consommation d’opioïdes, ce qui représente une priorité en Amérique du Nord pour les patients, les membres de leur famille et les décideurs. Pour avoir une incidence plus marquée sur les soins de santé mentale, je me suis associée à l’Institut canadien d’information sur la santé par l’entremise d’une bourse d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC afin de comprendre les besoins des Canadiens en matière de santé mentale et de dépendance. L’effet combiné de cette bourse axée sur les politiques et les services de santé et du caractère fortement axé sur la recherche de la bourse Vanier me permettra d’acquérir les compétences grâce auxquelles je pourrai avoir un apport significatif à cet important domaine de recherche.

Lire aussi :

Twitter : @DanielleBRIce__

Réseau de stagiaires SALTY : la prochaine génération de chercheurs en SLD

Réseau national, intégrateur et multidisciplinaire de stagiaires contribuant à développer et à faire progresser la recherche sur la fin de la vie dans le système des soins de longue durée au Canada

Mme Mary Jean Hande, Ph.D., et Mme Vasuki Shanmuganathan, Ph.D.
Université Mount Saint Vincent et Université York

En tant que stagiaires postdoctoraux travaillant sur le projet SALTY (Seniors – Adding Life to Years) financé par les IRSC, nous codirigeons le réseau des stagiaires SALTY, qui offre à de nombreux stagiaires et étudiants l’occasion de comprendre les complexités quotidiennes du système des soins de longue durée (SLD) du Canada. Dirigé par Mme Janice Keefe (Ph. D.) (Université Mount Saint Vincent) et Mme Carole Estabrooks (Ph.D.)(Université de l’Alberta), le projet de recherche sur quatre ans vise à améliorer la qualité de vie des personnes âgées dans le système de SLD. En outre, le réseau offre aux stagiaires l’occasion de recevoir du mentorat d’une vaste équipe pancanadienne de chercheurs chevronnés de diverses disciplines dans les domaines de la recherche en santé, de même que de suivre d’autres formations comme le programme d’été sur le vieillissement des IRSC, et la possibilité d’échanger avec des décideurs et des intervenants clés. Les stagiaires du projet SALTY définissent la complexité des SLD du point de vue des systèmes et des politiques, ainsi que du point de vue des résidents et de leurs fournisseurs de soins rémunérés et non rémunérés, avec un accent particulier sur la démence, le sexe, et les voix sous-représentées. En tant que codirectrices des stagiaires, nous pouvons affirmer que le réseau fournit un soutien inestimable aux chercheurs émergents qui souhaitent faire progresser les connaissances sur les soins en fin de vie pour les résidents profitant de SLD et leur application dans le secteur.

Lire aussi :

Twitter : @SALTY_ltc, Facebook : SALTY

Les campus pour aînés en tant que mécanismes intégrateurs d’un large éventail de soins

Des environnements adaptés qui profitent non seulement aux personnes âgées, mais aussi à la collectivité dans son ensemble

Mme Frances Morton-Chang (Ph.D.)
Université de Toronto et AdvantAge Ontario

La plupart des gens préfèrent rester chez eux et dans leur communauté aussi longtemps que possible. Toutefois, de nombreuses personnes âgées peuvent se buter à des problèmes en essayant d’agir de la sorte. En tant que gérontologue et chercheuse en politiques de la santé comptant plus de 20 années d’expérience professionnelle appliquée, j’ai étudié une multitude d’approches novatrices en matière de soins de santé destinés aux aînés, en portant une attention particulière aux populations vulnérables et ayant des besoins élevés. L’un de ces modèles est celui des campus pour aînés, lieux physiques qui offrent une gamme d’options interreliées sur le plan de la santé, des services sociaux et du logement grâce à la prestation de services coordonnés, à des partenariats de collaboration et à une infrastructure commune. Alors que les campus pour aînés existent sous des formes variées depuis des décennies, rares sont les travaux de recherche scientifique sur ces modèles innovants.

Grâce à une bourse d’apprentissage en matière d’impact sur le système de santé des IRSC, cofinancée par les IRSC et AdvantAge Ontario (association provinciale représentant les foyers et services sans but lucratif pour les personnes âgées), ainsi qu’au soutien en nature de l’Université de Toronto, j’ai eu l’occasion de combler cette lacune en matière de recherche fondée sur des données probantes et de façonner le développement futur. En utilisant une approche d’étude de cas, j’ai étudié les facteurs qui influencent l’évolution et le fonctionnement continu des campus pour aînés, y compris les politiques et programmes pertinents qui peuvent affecter leur capacité à maximiser la capacité individuelle et systémique. Les résultats fournissent des informations précieuses sur les relations, les partenariats et les ententes intersectorielles clés nécessaires pour offrir un large éventail de soins aux aînés, malgré un système de santé fragmenté. Ils montrent également que les campus offrent une solution locale prometteuse pour résoudre les problèmes liés tant à l’offre qu’à la demande dans le système pour un éventail d’adultes plus âgés et leurs aidants naturels, avec la possibilité d’aider d’autres membres de la collectivité concernée.

Lire aussi :

Enjeux relatifs au poids

Beaucoup plus compliqué que l’apport et la dépense caloriques

Dre Angela Alberga
Université Concordia

Au cours de mes études de maîtrise et de doctorat, j’ai travaillé à l’essai HEARTY financé par les IRSC pour améliorer par l’exercice la santé physique et mentale des adolescents obèses. C’est par ces expériences de travail auprès des enfants et des adolescents que j’ai pris conscience de la prévalence et des méfaits de la stigmatisation du poids (ce qui englobe les taquineries, l’humiliation et l’intimidation).

J’ai reçu une bourse de recherche postdoctorale Banting des IRSC à l’Université de Calgary pour étudier la réduction de la stigmatisation du poids par l’éducation, les soins de santé et la politique publique. Je suis maintenant professeure adjointe et chercheuse-boursière – Junior 1 (Fonds de recherche du Québec – Santé) au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée de l’Université Concordia à Montréal (Québec).

Mon programme de recherche à l’Université Concordia vise à mieux comprendre comment les facteurs liés à la société, à l’école et aux soins de santé et les autres facteurs institutionnels influent sur les enjeux relatifs au poids, dont l’obésité, les troubles de l’alimentation, l’inactivité physique, la stigmatisation du poids et la discrimination.

Je travaille auprès de la collaboration d’Obésité Canada « L’importance de tous les corps », un partenariat multidisciplinaire de chercheurs sur l’obésité et les préjugés liés au poids. Nous voulons faire connaître ces préjugés, changer les politiques et fournir des recommandations pratiques pour aider les professionnels à améliorer la qualité des soins, de l’enseignement et de l’expérience pour leurs patients et étudiants obèses.

Lire aussi :

Twitter : @DrAlberga

L’abc de l’obésité sévère chez les enfants

Subvention d’équipe en soins bariatriques

Dr Geoff Ball, avec les Dres Catherine Birken, Jill Hamilton, Louise Masse, Amy McPherson, Katherine Morrison
Université de l’Alberta, Université de la Colombie-Britannique, Université de Toronto, Université McMaster

À l’aide d’une subvention d’équipe en soins bariatriques (Équipe ABC3 (en anglais seulement)), notre équipe a contribué à l’amélioration de la compréhension et de la gestion de l’obésité sévère (OS) grâce à huit études régionales et nationales dirigées par des membres de l’équipe de partout au pays. Certaines des principales conclusions jusqu’ici sont les suivantes :

  • En Ontario, nous avons présenté les premières estimations au niveau provincial de l’OS (0,9 % chez les 0-4 ans; 3,1 % chez les 5-18 ans). Nous avons également montré que les enfants atteints d’OS présentaient un plus haut taux de consultations externes, de visites à l’urgence et d’hospitalisations que leurs pairs plus minces.
  • En Alberta, plus de six enfants obèses sur dix dirigés vers un programme multidisciplinaire de gestion du poids ne se sont pas inscrits. En outre, les enfants qui avaient attendu plus longtemps et dont l’obésité était plus sévère avaient moins de chances d’amorcer un traitement.
  • À partir de données nationales pour 1 200 enfants inscrits au Registre canadien de gestion du poids pédiatrique, nous avons montré que l’Edmonton Obesity Staging System for Pediatrics [système d’Edmonton de classification de l’obésité pédiatrique] permet de mieux évaluer la sévérité de la maladie que l’IMC seul.
  • Des entrevues avec les familles ont révélé que les parents d’enfants obèses atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) voulaient du soutien et des services comprenant des approches individualisées et empathiques de spécialistes tant de l’invalidité que de la gestion du poids. Les enfants présentant un TSA accordaient de l’importance à l’activité physique, mais se souciaient moins de leur poids.
  • Chez les enfants présentant une OS inscrits à un programme de gestion du poids pédiatrique, 60 % ne présentaient aucun facteur de suralimentation notable. Par contre, les 40 % restants étaient susceptibles d’avoir besoin d’approches personnalisées de gestion du poids pour éliminer les causes sous-jacentes de leur suralimentation (p. ex. faible estime de soi).
  • Des essais innovants sont en cours à Toronto (groupe d’entraide et visites à domicile pour les parents) et à Vancouver (intervention de cybersanté et encadrement virtuel du mode de vie) pour examiner les effets sur le poids et les résultats de santé.

Lire aussi :

Twitter : @team_abc3

Démarrer la conversation avec les adolescents

Les cartes de conversation, un outil de communication clinique bilingue pour changer le comportement des adolescents à l’égard de leur mode de vie

Mme Maryam Kebbe
Université de Alberta

L’obésité à l’adolescence est difficile à gérer avec succès. Puisque la plupart des adolescents obèses ne répondent pas aux recommandations minimales en matière de mode de vie, notre équipe a créé des cartes de conversation pour adolescents (CCA), un outil clinique bilingue destiné à faciliter la communication entre les adolescents et les fournisseurs de soins et à aider les adolescents à modifier leur comportement.

À l’aide de synthèses des connaissances et de données qualitatives et quantitatives recueillies au cours des dernières années, nous avons identifié plus de 150 facteurs qui aident ou pourraient aider les adolescents obèses à adopter de saines habitudes de vie, ou qui les découragent de le faire. Les quinze priorités dans chacune de ces trois catégories ont été incluses dans notre outil et organisées selon les combinaisons suivantes : nutrition, activité physique, sédentarité, sommeil, bien-être mental, relations et facteurs cliniques. Chaque carte contient un énoncé individuel au sujet d’un facteur favorable ou défavorable à l’adoption et au maintien de changements de mode de vie sains.

Les prochaines étapes? Nous mènerons un essai contrôlé randomisé pilote auprès d’une cinquantaine d’adolescents d’une clinique de première ligne à Edmonton (Alberta) pour examiner la faisabilité, l’acceptabilité, l’attrait et l’utilité de notre outil. Cela nous donnera un aperçu de la meilleure façon d’utiliser les CCA dans un contexte clinique.

Maryam Kebbe est candidate au doctorat à l’Université de l’Alberta. Elle a reçu une bourse d’études supérieures du Canada (doctorat) des IRSC.

Lire aussi :

Twitter : @KebbeMaryam

Environnement initial et risque d’obésité

Peut-on réduire les risques d’obésité associés à l’exposition précoce aux antibiotiques avec des aliments bénéfiques au microbiome?

Teja Klancic, M.Sc.
Université de Calgary

Les antibiotiques sont des médicaments qui sauvent des vies et dont les effets néfastes à long terme sur le métabolisme étaient considérés comme négligeables. Cependant, des recherches semblent indiquer que les changements qui se produisent dans notre flore intestinale (aussi appelée microbiote intestinal) lorsque nous prenons des antibiotiques peuvent augmenter les risques d’obésité plus tard dans la vie. L’exposition aux antibiotiques au début de la vie est particulièrement significative, car les nourrissons n’abritent pas encore de population bactérienne stable et courent ainsi plus de risques de problèmes à long terme.

Le microbiote intestinal est modifié par la prise d’antibiotiques, mais l’alimentation peut aussi causer des changements profonds. Les prébiotiques sont des ingrédients alimentaires non digestibles qui nourrissent sélectivement les bactéries favorisant la santé dans l’intestin. Compte tenu de l’épidémie d’obésité actuelle chez les enfants et du taux élevé d’exposition des nourrissons aux antibiotiques, nous avons besoin de nouvelles études pour concevoir des stratégies de réduction des risques de préjudice, surtout lorsque l’exposition aux antibiotiques en début de vie est inévitable.

Mes projets de doctorat visent à déterminer si la prise d’antibiotiques en association avec des prébiotiques pourrait réduire les risques d’obésité plus tard dans la vie. Ces travaux permettront d’acquérir des connaissances importantes sur la capacité des fibres prébiotiques à inverser certaines des séquelles métaboliques découlant d’un traitement aux antibiotiques en début de vie. Cela pourrait déboucher sur une nouvelle thérapie pour réduire le fardeau de l’obésité et améliorer la santé à long terme.

Lire aussi :

Motivé, en forme et fort : éliminer la stigmatisation liée au poids dans l’activité physique

Comment des messages et des espaces d’activité physique où le poids n’est pas un facteur stigmatisant peuvent favoriser l’activité physique, peu importe la taille

Maxine Myre
Bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC, Université de l’Alberta

L’activité physique favorise l’épanouissement physique et psychologique, le sentiment d’appartenance, l’acquisition de compétences et l’atteinte d’objectifs.

Toutefois, lorsque les femmes sont jugées, humiliées et victimes de discrimination en raison de leur poids, cela tend à influer sur leurs façons de s’engager dans l’activité physique. Elles craignent de s’exposer en raison de leur apparence physique, sont la cible de commentaires désobligeants, et ont de la difficulté à utiliser les appareils ou les aires d’activité. Les femmes en surpoids sont également considérées comme paresseuses, ou elles deviennent plus actives juste dans l’espoir de maigrir.

Reconnaissant le besoin de voir sous un nouvel angle la question du poids et de l’activité physique, je veux par ma recherche déterminer comment l’activité physique peut devenir sécuritaire et accessible pour les femmes, toutes tailles confondues.

J’atteindrai cet objectif en examinant l’effet d’images montrant des personnes de divers gabarits dans des messages sur l’activité physique. J’apprendrai également des expériences de femmes dans des espaces d’activité physique où le poids corporel n’est pas un facteur de discrimination.

Je suis reconnaissante d’avoir obtenu une bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC pour mener cette recherche. En particulier, je suis heureuse de constater que la stigmatisation liée au poids est une question de santé qui mérite d’être étudiée aux yeux des Canadiens.

Lire aussi :

Attachez vos tuques!

Une vraie course à l’intégration professionnelle

Dre Christiane Pereira Martins Casteli
Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale
Faculté des sciences infirmières (FSI) et Faculté de médecine (FMED)
Université Laval

S’installer dans un autre pays veut dire prendre un nouveau départ. Dès que j’ai quitté le Brésil, j’ai pressenti que mon déménagement au Canada serait quelque chose de déterminant dans ma vie professionnelle.

J’avais déjà entrepris une carrière, mais je devais maintenant acquérir de l’expérience au niveau local à Québec, me créer un réseau de contacts professionnels et prendre racine pour vraiment m’intégrer. Pouvais-je réussir?

Pour combler mes attentes, un tourbillon d’idées m’est venu en tête. J’ai commencé par prendre un cours de français, faire du bénévolat et du réseautage dans le but d’accélérer mon intégration. Cinq mois plus tard, je trouvais une occasion de stage postdoctoral.

Avec des mentors du système de santé et du milieu universitaire, j’ai profité d’un apprentissage pratique en participant à la mise en œuvre d’un modèle d’hospitalisation à domicile. Cela m’a permis de développer une vision plus critique de l’environnement et de parfaire mes compétences professionnelles afin de pouvoir contribuer à une meilleure prestation des soins et services de santé.

Au cours de la dernière année, la question épineuse que je me posais a commencé à trouver réponse. Je peux dire qu’il est possible de réussir professionnellement dans une langue étrangère et d’adopter une nouvelle culture et des méthodes de travail différentes. Il faut avoir l’esprit ouvert, travailler fort, ne pas se décourager et ne jamais oublier de bien attacher sa tuque!

Lire aussi :

Twitter : @CIUSSS_CN, @universitelaval

Déterminer le chevauchement moléculaire entre la MPOC et le cancer du poumon

Combler le fossé entre la science de laboratoire et l’application des connaissances

Erin Marshall
Université de la Colombie-Britannique (C.-B), Centre de recherche sur le cancer de la C.-B.

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) a un effet dévastateur sur la santé et la qualité de vie de personnes partout dans le monde. Venant à comprendre les conséquences de la MPOC de par mes expériences personnelles, j’ai développé un intérêt pour les mécanismes moléculaires qui accompagnent la progression de la MPOC vers le cancer du poumon. Les personnes atteintes de MPOC risquent sept fois plus d’avoir un cancer du poumon, même lorsque le tabagisme (un facteur de risque pour les deux maladies) est pris en considération. Biochimiste de formation, je m’applique à faire avancer notre compréhension des phénomènes moléculaires qui permettent peut-être au cancer de se développer chez ces patients.

Grâce à une bourse d’études supérieures du Canada Vanier, je peux contribuer à combler l’écart entre la science de laboratoire et l’engagement du public. Le leadership scientifique repose sur la participation communautaire. Pour avoir une incidence sur notre monde, il faut faire connaître les découvertes de manière efficace. Par conséquent, bien que les avenues actuelles d’application des connaissances scientifiques soient vitales pour notre domaine, le besoin demeure de rapprocher les auteurs des découvertes et ceux qui les utilisent. Je crois que nous serons ainsi plus à même de générer des données scientifiques accessibles et de favoriser des décisions éclairées.

Lire aussi :

Repenser l’ergothérapie pour améliorer la vie sociale des aînés

Sous-titre : Y-a-t-il une solution rentable à leur isolement?

M. Pier-Luc Turcotte
Université de Sherbrooke

Les personnes qui ont une vie sociale active sont en meilleure santé et vivent plus longtemps. Mais près d’une personne aînée sur deux est à risque d'isolement social. Heureusement, les ergothérapeutes peuvent les aider avec un éventail d'interventions pour améliorer leur vie sociale.

Les ergothérapeutes peuvent notamment bâtir des liens avec des ressources de la communauté ou offrir des interventions en groupe, en plus de suivis personnalisés pour aider les aînés à avoir une vie sociale pleine de sens pour eux. Cependant, ces interventions sont peu offertes dans les services d'ergothérapie à domicile auprès des aînés.

Mon projet de doctorat permettra à des décideurs, des membres de la communauté et des ergothérapeutes de collaborer pour implanter des interventions axées sur la participation sociale des aînés. L’objectif de ce processus passionnant est d’inclure tous les acteurs qui gravitent autour de la personne qui reçoit des services à domicile, afin de favoriser sa participation sociale.

Ces recommandations serviront à guider les cliniciens, les décideurs et les membres de la communauté dans l'implantation de services à domicile qui améliorent durablement la santé de la population vieillissante canadienne.

Lire aussi :

Twitter : @pierlucturcotte

S’attaquer aux inégalités sociales dans le dépistage colorectal qui sauve des vies

Comprendre comment les inégalités surviennent et ce qui fonctionne pour les réduire

Mme Alexandra Blair, candidate au doctorat
Université de Montréal, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM)

Le cancer colorectal est la troisième cause de décès liés au cancer au Canada. En moyenne, ce cancer est diagnostiqué chez 73 Canadiens chaque jour, et 26 en meurent.

Ce constat est particulièrement dévastateur compte tenu des outils à notre disposition pour prévenir la maladie. Un dépistage colorectal régulier par recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) ou par test immunochimique fécal (TIF) est actuellement recommandé pour tous les adultes de 50 à 75 ans afin de découvrir les signes précoces de croissance tumorale. Ce dépistage sauve des vies. Toutefois, seulement 20 à 30 % des Canadiens d’âge admissible s’y soumettent régulièrement. Ce taux est encore plus bas dans certains sous­-groupes, comme chez les immigrants récents au Canada ou les personnes sans médecin de première ligne.

Financée par une bourse d’études supérieures du Canada Vanier des IRSC, ma recherche doctorale a consisté, à l’aide de données de recensement pour tout le Canada et de méthodes épidémiologiques, à identifier les déterminants sociaux du dépistage colorectal, à découvrir pourquoi certains groupes étaient moins enclins à se soumettre au dépistage que d’autres, et à déterminer si nos programmes de dépistage provinciaux actuels parviennent à réduire les inégalités dans le recours au dépistage.

En appuyant cette recherche, les IRSC m’ont aidée à me préparer à une carrière productive en épidémiologie sociale et en recherche sur l’équité en santé.

Lire aussi :

Twitter : @amsblair

Comprendre le génome non codant du cancer du sein luminal

Analyser comment des mutations jouent un rôle dans l’apparition ou la progression de la maladie

Dr Samah El Ghamrasni, Ph.D., boursier postdoctoral Banting
Réseau universitaire de santé/Centre de cancérologie Princess Margaret

Le génome humain est constitué de régions codantes, ou de séquences codant des protéines particulières, ainsi que de régions non codantes auparavant appelées « ADN poubelle ». Les avancées dans les technologies de séquençage de la prochaine génération ont permis de constater l’importance de cet « ADN poubelle » dans la régulation de nos cellules et de leurs fonctions. Avec la subvention de carrière catalyseur Susan Komen et la bourse postdoctorale Banting des IRSC, je peux étudier l’effet de changements dans les régions non codantes du génome humain sur le programme d’expression des gènes.

Le cancer du sein est considéré comme la deuxième cause de décès liés au cancer chez les Canadiennes. Bien que des milliers de mutations aient été découvertes en lien avec la maladie, la pertinence fonctionnelle de ces mutations en dehors des régions codant des protéines demeure inconnue. Cela m’a amené à cartographier le génome non codant des tumeurs du sein et à analyser les mutations dans ces régions qui peuvent influer sur l’expression de gènes clés. Une bourse de chercheur en début de carrière des IRSC m’a permis de voyager pour faire connaître les résultats de ma recherche à un plus vaste auditoire de scientifiques et de défenseurs des patients. Nos découvertes rendront possible une meilleure compréhension du mécanisme moléculaire qui sous-tend l’apparition et la progression du cancer du sein, ce qui conduira à de meilleures stratégies thérapeutiques pour les femmes qui en sont atteintes.

Lire aussi :

Twitter : @SamahElgh, @UHN, @pmcancercentre

Améliorer la qualité des soins pour les patients à l’urgence

Établir un ensemble de mesures de la qualité pour la prise en charge des patients présentant une fracture de la hanche et en vérifier l’utilisabilité

Mme Sarah Filiatreault
Université du Nouveau-Brunswick

Je suis infirmière autorisée et je possède plus de 16 ans d’expérience en soins intensifs au Canada, en Australie et au Royaume-Uni. Je termine actuellement ma maîtrise en sciences infirmières à l’Université du Nouveau-Brunswick, sous la supervision de la Dre Marilyn Hodgins.

Ma recherche porte sur l’élaboration, la validation et l’évaluation de mesures fondées sur des données probantes de la qualité des soins à l’urgence. J’ai réussi à publier une synthèse des directives de pratique clinique fondées sur des données probantes pour la prise en charge des patients présentant une fracture de la hanche, y compris une synthèse des recommandations pour la période préopératoire. Ce travail a guidé l’établissement d’un ensemble de mesures de la qualité que j’entends mettre à l’essai dans ma recherche de thèse. J’espère que non seulement il procurera aux intervenants régionaux l’information qui éclairera leurs décisions quant à la qualité des soins à l’urgence, mais qu’il constituera la base d’un programme de recherche que je pourrais poursuivre dans la suite de mes études de doctorat.

J’ai présenté mon travail à la conférence de 2018 de l’Association canadienne pour la recherche sur les services et les politiques de la santé, où j’ai reçu le deuxième prix du concours d’affiches pour étudiants de l’ISPS des IRSC. Ce prix a renforcé encore ma détermination à améliorer la qualité des soins pour les patients aux urgences par la recherche sur les services et les politiques de santé.

Comprendre comment le cerveau fonctionne

Y a-t-il un moyen de contourner les lésions de la moelle épinière?

Dr Mohsen Jamali
Université Harvard/Hôpital général du Massachusetts

Quand j’ai commencé à étudier la médecine, j’ai appris l’anatomie, l’histologie et la physiologie humaines. De tous les organes humains, le cerveau est devenu ma structure favorite. La manière dont une substance chimique pouvait miraculeusement changer la mentalité d’un individu me fascinait. Ces observations ont piqué ma curiosité et ont été à l’origine d’une intense passion pour l’étude des rouages internes de cet organe.

Après avoir obtenu mon baccalauréat en sciences et mon diplôme en mathématiques en Iran, j’ai déménagé au Canada et entrepris mes études supérieures en neurosciences à l’Université McGill. Je me suis concentré sur le codage sensoriel de l’auto-mouvement sous la conduite de ma superviseure, la Dre Cullen. Notre recherche a débouché sur de nombreuses publications dans des revues à comité de lecture.

Intéressé par une carrière en neurosciences, j’ai décidé d’explorer de nouveaux domaines de recherche et me suis joint au laboratoire du Dr Williams pour mes études postdoctorales. Ici à Harvard, ma recherche porte principalement sur i) la mise au point d’une nouvelle méthode de « contournement » des lésions de la moelle épinière consistant à enregistrer les signaux du cortex moteur et à stimuler directement ensuite les nerfs périphériques pour provoquer le mouvement des membres, et ii) la compréhension des mécanismes de cognition et de compréhension des neurones individuels en les enregistrant chez les humains. Le but principal de ma recherche comme chercheur indépendant est d’utiliser des approches computationnelles en neurophysiologie pour mieux comprendre comment le cerveau fonctionne.

Lire aussi :

Cibler les cellules cancéreuses du poumon

La recherche de nouvelles cibles thérapeutiques pour combattre les métastases et la pharmacorésistance

Dr Kabir A. Khan
Boursier postdoctoral Banting des IRSC, Institut de recherche Sunnybrook/Université de Toronto

Un des principaux buts de ma recherche actuelle en tant que boursier postdoctoral Banting des IRSC consiste à définir des marqueurs et des cibles médicamenteuses contre un phénomène appelé « cooption vasculaire ». On croyait généralement qu’une tumeur devait induire une augmentation de son propre approvisionnement en sang pour se développer, processus appelé angiogenèse tumorale. Cela a été le point de départ de la mise au point d’agents anticancéreux appelés inhibiteurs de l’angiogenèse.

Cependant, les cellules tumorales peuvent détourner la vasculature existante (cooption vasculaire) dans les organes richement vascularisés, comme les poumons, rendant inutile l’angiogenèse. Cela pourrait expliquer pourquoi certains patients ne répondent pas à ces inhibiteurs ou y deviennent résistants.

J’essaierai de mettre en évidence des marqueurs de cooption vasculaire pouvant permettre de prédire la réponse de patients à certains médicaments, ainsi que de fournir de nouvelles cibles pharmaceutiques pour bloquer les vaisseaux sanguins dont se sont emparées les tumeurs. J’examinerai aussi des traitements qui tournent le système immunitaire contre les tumeurs et qui sont utilisés en combinaison avec d’autres médicaments pour améliorer les résultats dans des cancers où l’immunothérapie s’est révélée peu efficace. Ces études supposeront des modèles expérimentaux de métastases pulmonaires où la tumeur primaire a été excisée chirurgicalement. Ces modèles imitent fidèlement les conditions de traitement des patients et ont une plus grande chance d’application clinique.

Lire aussi :

Twitter : @taxiforkab

« Pizza et politique »

Une initiative de collaboration dirigée par des étudiants pour encourager les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs débutants en soins de première ligne à explorer les controverses de l’heure en matière de politiques de soins de santé au Canada, à les examiner et à en débattre

Le groupe d’étudiants « Pizza et politique »
Université McGill, Département de médecine familiale

Que savez-vous de la controverse actuelle au sujet de la rémunération des médecins au Québec? Et du programme canadien proposé de couverture publique des médicaments (assurance-médicaments)? Comme étudiants des cycles supérieurs et chercheurs débutants en soins de première ligne, nous sentions l’obligation d’approfondir notre compréhension des controverses actuelles au sujet des politiques canadiennes de soins de santé.

À cette fin, nous avons lancé au printemps 2018 « Pizza et politique », une série de séminaires dirigés par des étudiants et conçus pour encourager les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs débutants à examiner les réformes des soins de santé au Canada et à en débattre. Notre espace est unique parce qu’il offre un cadre collaboratif, où le jugement n’a pas sa place, et amusant pour explorer d’importants thèmes relatifs à la politique des soins de santé. Cette initiative a été financée par le Département de médecine familiale de McGill et la Société des étudiants diplômés en médecine familiale de McGill.

Nous continuons d’organiser des séminaires bimensuels à mesure que nous développons nos compétences et acquérons une expertise. « Pizza et politique » favorise une communauté diversifiée, engagée et informée qui tire parti de la perspective unique de chaque membre. Nous avons même utilisé cette plateforme pour inviter des conférenciers influents à notre département, présenter une affiche à une conférence internationale, et publier des articles d’opinion dans des revues à comité de lecture.

Twitter : @McGillFamMed

Se préparer à un tsunami de démence

Les réformes des soins de première ligne fonctionnent-elles?

Mme Nadia Sourial (candidate au doctorat)
Université McGill

La démence est une maladie dévastatrice et mortelle qui prive les personnes touchées de leur mémoire et de leur autonomie. Comme la population vieillit, on s'attend à ce qu'un Canadien âgé sur cinq en soit éventuellement atteint.

Les gouvernements provinciaux ont mis en œuvre des réformes qui ont pour but d’assurer des soins de meilleure qualité aux patients âgés complexes, atteints de démence par exemple, en étendant le rôle des groupes de médecine familiale. Mais comment dissocier l’effet de ces réformes de celui d’autres changements survenant au même moment dans le système de santé et des différentes caractéristiques des patients? De plus, sans preuves fiables de leur effet, comment les décideurs peuvent-ils prendre des décisions éclairées en matière de politiques? 

Ma recherche de doctorat, dans le cadre du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement, consiste à utiliser des méthodes d’inférence causale de pointe pour étudier, à l’aide de données couvrant l’ensemble de la population, l’impact de ces réformes en Ontario et au Québec sur les personnes atteintes de démence. Ma mission est d’aider à guider les investissements provinciaux et nationaux à venir dans les soins de la démence et, à terme, d’améliorer la vie d’une population vulnérable croissante à cet égard. Sur une plus vaste échelle, j’espère que l’évaluation des politiques nous aidera à mieux comprendre les réformes et les politiques de la santé semblables au Canada.

Lire aussi :

Twitter : @nadiasourial

Lien moléculaire et neurobiologique entre les mauvais traitements subis durant l'enfance et le suicide

Une approche post mortem

Daniel Almeida
Université McGill

Les premières années de la vie constituent une période pendant laquelle le cerveau est plus sensible et capable de se modifier en réaction à son environnement. Par conséquent, les expériences indésirables vécues alors sont susceptibles d'engendrer des résultats psychologiques négatifs, et ce, jusqu'à l'âge adulte. Nos recherches visent à comprendre les changements moléculaires précis qui surviennent dans le cerveau à cause des mauvais traitements subis durant l'enfance et la façon dont ces modifications peuvent augmenter le risque de dépression majeure et de comportement suicidaire.

L'étude des modifications épigénétiques représente une manière intéressante de s'attaquer à cette question, car ces changements contribuent au développement du cerveau et réagissent aux expériences environnementales. Ma thèse de doctorat examine les modifications épigénétiques de l'ADN extrait de tissus du cortex cérébral de personnes qui, victimes de mauvais traitements durant l'enfance, se sont enlevé la vie. De récents progrès de la technologie de séquençage nous ont permis de nous concentrer sur des changements précis de type cellulaire apportés à l'épigénome et au transcriptome des neurones pyramidaux de la couche V.

Nos données ont révélé que les mauvais traitements subis durant l'enfant étaient associés au dérèglement de l'expression des gènes qui sont cruciaux pour le développement et le fonctionnement sains du cerveau. Les connaissances acquises grâce à ces recherches renforceront notre compréhension de la neurobiologie du suicide et de l'impact de forts prédicteurs du suicide sur notre cerveau. Nos recherches visent à comprendre les changements moléculaires précis qui surviennent dans le cerveau à cause des mauvais traitements subis durant l'enfance associés à un dérèglement et la façon dont ces modifications peuvent augmenter le risque de dépression majeure et de comportement suicidaire.

Lire aussi :

Vivre dans un monde d'étrangers

Étude du traitement des visages par les nourrissons et les enfants

Dre Kirsten Dalrymple
Université du Minnesota

Environ un Canadien sur 50 ne développera jamais la capacité de reconnaître les visages. Ce trouble s'appelle prosopagnosie développementale ou cécité des visages. Ces personnes sont incapables de reconnaître des personnes familières (p. ex., des membres de la famille et des amis proches) ou même leur propre visage dans des photographies. J'étudie le traitement normal et anormal des visages chez les nourrissons et les enfants afin d'essayer de comprendre ce phénomène.

Après avoir obtenu mon diplôme de l'Université de la Colombie-Britannique, j'ai amorcé mon programme de recherche au Collège Dartmouth. Une bourse postdoctorale Banting m'a permis de transférer mes travaux à l'Institut du développement de l'enfant de l'Université du Minnesota, où je conçois des mécanismes de mesure du traitement des visages pour évaluer si les enfants éprouvent de la difficulté à reconnaître les figures. Également, j'enregistre de jeunes nourrissons (âgés de 3 mois) en train de regarder des visages. Les recherches antérieures indiquent que les nouveau-nés préfèrent regarder les visages plutôt que les objets. Nos recherches préliminaires laissent entendre que le côté droit du cerveau stimule peut-être cette préférence et qu'il joue un rôle particulier dans le traitement des visages entre adultes. La compréhension des mécanismes de traitement des visages par le cerveau pourrait nous aider à mieux saisir le développement de ce phénomène ou son absence chez des enfants ordinaires autrement.

Lire aussi :

Rendre la chirurgie laparoscopique sans danger

Quand applique-t-on trop de force sur ces tissus abdominaux?

Amanda Khan, candidate M.D./Ph.D.
Université de Toronto — CIGITI (Centre for Image Guided Innovation and Therapeutic Intervention) à l'Hôpital pour enfants de Toronto (SickKids)

Quand je me trouvais dans la salle d'opération durant mes études de médecine, je m'interrogeais souvent sur les limites de la force que les chirurgiens peuvent appliquer lorsqu'ils opèrent sur des tissus. Ils ne peuvent absolument pas assurer le contrôle de leurs outils chirurgicaux et sont susceptibles de blesser accidentellement des tissus en les tenant trop longtemps.

Auparavant, les chirurgiens adoptaient une approche « ouverte » des opérations en touchant et en palpant les tissus. Ils pouvaient ainsi établir intuitivement la force à employer. Cependant, avec le passage à la chirurgie laparoscopique (qui fait appel à des instruments chirurgicaux longs et minces qui pénètrent l'abdomen par de minuscules incisions), les chirurgiens ne sont plus en mesure de jauger directement leur force.

Mes recherches visent à résoudre ce problème en créant une analyse histologique et deux appareils de mesure de précision novateurs. Ces initiatives aideront à déterminer la limite de la force pouvant être exercée sans danger sur divers tissus gastrointestinaux. Mon but ultime consiste à intégrer ces données dans la conception d'« outils intelligents » susceptibles de limiter automatiquement la force qu'un chirurgien peut appliquer sur chaque type de tissu.

Lire aussi :

Trouver des approches axées sur la médecine de précision pour des traitements de la sclérose en plaques et des troubles mentaux graves

Identifier des biomarqueurs qui mèneront à de meilleurs traitements

Dre Kaarina Kowalec
Institut Karolinska

Je voulais être chercheuse dès l'âge de 10 ans, à peu près au moment où ma mère a reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ma curiosité scientifique m'a menée à la préparation d'un doctorat à l'Université de la Colombie-Britannique et à l'obtention d'une bourse postdoctorale Banting des IRSC. Durant mes études, j'ai identifié un sous-groupe de personnes atteintes de sclérose en plaques qui, si elles possédaient un biomarqueur génétique donné, couraient un plus grand risque de subir une lésion hépatique causée par un traitement médicamenteux couramment employé.

Ces travaux m'ont poussée à élargir la portée de mes recherches pour inclure les traitements utilisés en santé mentale. À titre de boursière Banting des IRSC à l'Institut Karolinska de Suède, j'examine pourquoi des personnes atteintes de troubles mentaux graves comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression et l'anorexie mentale, ne réagissent parfois pas aux traitements en raison de certains facteurs. Les résultats de mes recherches pourraient aider à l'élaboration de tests de dépistage des personnes qui ne réagiront pas à un traitement afin d'être en mesure de présenter une solution de rechange plus tôt.

Lire aussi :

Twitter : @KaarinaKowalec

Combler les écarts : Établir des liens entre la recherche, la pratique et les politiques en matière de santé

Vers la mise en application et l'échange des connaissances dans le domaine de la recherche en santé

Dr Jonathan Lai
Université McGill

Il existe dans le domaine de la recherche sur les services de santé une grave congestion qui ralentit la mise en application de ses résultats. L'utilisation des connaissances provenant des premières lignes pour éclairer la recherche est tout aussi sous-optimale. Ma recherche vise donc à aborder cet enjeu : l'établissement de liens entre la pratique fondée sur des données probantes et les données probantes fondées sur la pratique.

J'ai commencé comme neuroscientifique. Intéressé par la relation qui existe entre le cerveau et l'esprit, j'en suis venu à étudier le cerveau et les troubles qui découlent des différences au niveau de son développement. Financée en partie grâce à la bourse d'études supérieures du Canada Vanier des IRSC, ma formation aux cycles supérieurs a porté sur le lien entre la biologie et le comportement en autisme.

Vers la fin de mon doctorat, j'ai pris conscience qu'il existait une congestion au niveau des données probantes et de la pratique. J'ai donc obtenu une bourse de recherche postdoctorale qui m'a permis d'effectuer des recherches axées davantage sur l'impact des politiques. Pour mieux comprendre les besoins des personnes atteintes d'autisme, je me suis efforcé de cerner les besoins en matière de santé et de services ainsi que les facteurs qui laissaient entrevoir des changements dans l'utilisation des services.

Mon travail actuel comme titulaire d'une bourse d'apprentissage en matière d'impact sur le système de santé des IRSC va plus loin. Dans une optique axée sur les systèmes, je travaille maintenant avec un organisme non universitaire pour combler l'écart entre les connaissances et la pratique, chercher à comprendre l'interface entre le milieu universitaire, la prestation des services et les politiques, et ainsi créer un changement durable dans notre secteur de la santé et des services sociaux.

Lire aussi :

Twitter : @drjonlai

Lutter contre les contaminants environnementaux

Comment faire en sorte de manger des aliments salubres?

Dre Mélanie Lemire

Professeure adjointe, Centre de recherche du CHU de Québec, Département de médecine sociale et préventive, Université Laval
Titulaire de la chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique

Les produits locaux de la terre, des rivières et de la mer sont d'une qualité exceptionnelle et jouent un rôle de premier plan dans la transmission de la culture. Cependant, certains de ces aliments sont susceptibles d'emmagasiner des contaminants issus de l'environnement. Il importe de trouver des solutions qui empêcheront une exposition élevée aux contaminants par les femmes enceintes et les enfants, ce qui risquerait d'avoir des conséquences négatives ultérieurement. En outre, les supermarchés proposent des aliments ultratransformés qui sont tout aussi nuisibles. Comment pouvons-nous donc manger en toute sécurité et éviter les contaminants?

Quand je réalise mes recherches auprès des collectivités côtières, notamment autochtones, je déclare d'abord que je suis une fille du Bas-Saint-Laurent, une région rurale du Québec. Ainsi, les membres de la collectivité concernée voient que je connais bien les réalités des régions éloignées. Je collabore avec des partenaires communautaires pour discuter des avantages et des risques de la consommation d'aliments locaux. Je réunis des experts de diverses disciplines et des collègues d'un éventail d'autres organismes afin de réaliser des projets qui s'attaquent à ces enjeux. Je tire la plus grande fierté quand je constate que nos résultats influent sur les décisions prises aux niveaux local et régional et qu'ils soutiennent la mise au point d'outils destinés aux collectivités et aux praticiens.

Lire aussi :

Mise au point d'une méthodologie novatrice alliant perceptions du public et recherche

Comment les discussions dans les médias sociaux peuvent aider à l'élaboration et à l'évaluation de programmes et de services de santé publique

Dre Meghan Lynch
Université de Toronto

Financées par une bourse d'études supérieures du Canada Vanier, mes recherches doctorales portaient sur les expériences et les perceptions d'enseignants à la maternelle au sujet des politiques d'éducation nutritionnelle et de saine alimentation qui visent leurs élèves. Après avoir constaté que les méthodes actuelles utilisées pour se faire une idée de ces expériences et de ces perceptions ne produisaient pas de résultats efficaces, j'ai intégré la netnographie, type d'ethnographie en plein essor qui est rarement employé en recherche en santé.

Cette méthodologie de recherche qualitative possède les mêmes objectifs que l'ethnographie, mais elle adapte les travaux à l'étude de contextes utilisant Internet (comme les babillards électroniques, Facebook, les blogues, etc.). En combinant le recours aux babillards électroniques, aux commentaires d'articles de nouvelles et à des entrevues par courriel et en personne, j'ai constaté que la netnographie engendrait une augmentation du nombre d'observations possibles de la part des enseignants. Plus précisément, l'analyse des discussions dans les médias sociaux a révélé des perspectives qui n'étaient pas ressorties des recherches antérieures. En alliant cette méthode à des entrevues qualitatives traditionnelles, je comprends comment d'importants facteurs sociaux peuvent influer sur la conception et la mise en œuvre des programmes et des politiques.

Je continue de tester empiriquement et d'intégrer la netnographie par l'entremise de recherches appliquées sur l'alimentation et la nutrition et de descriptions de cette méthode comme une démarche universitaire et non universitaire complémentaire pour l'élaboration et l'évaluation des politiques.

Lire aussi :

Comment les données génomiques et les données cliniques connexes peuvent aider les enfants au Canada

Un nouveau cadre éthico-juridique mènera à de meilleurs traitements par les médecins

Vasiliki Rahimzadeh
Université McGill

Qu'arriverait-il si la clé de la découverte des étiologies les plus complexes des maladies infantiles dépendait d'une meilleure utilisation des données que nous possédons déjà plutôt que de la production de plus de données? J'analyse cette question dans mon projet de thèse, qui se concentre sur la nécessité de normes éthico-juridiques relatives aux données génomiques et aux données cliniques connexes sur les enfants au Canada.

Avec l'appui de la bourse d'études supérieures du Canada Vanier et en partenariat avec l'Alliance mondiale pour la génomique et la santé, mes travaux font appel à l'analyse comparative de politiques en matière de données et à des méthodes Delphi pour valider un cadre éthico-juridique d'échange de données pédiatriques. On faciliterait ainsi l'application rapide des découvertes cliniques, ce qui permettrait aux médecins d'établir des diagnostics plus exacts à propos de maladies génétiques rares et ferait en sorte que les enfants demeurent à l'avant-garde de la révolution génomique.

Par ailleurs, la bourse Vanier m'a permis d'examiner des systèmes et des applications de partage de données sans rapport avec la médecine et la recherche clinique et de proposer le recours à des technologies de chaînes de blocs inhérentes aux cryptomonnaies comme le bitcoin (des systèmes de données échangées de façon efficace et sûre qui aident les populations de patients vulnérables).

Lire aussi :

Twitter: @projectpedigree

Il est temps de se réveiller!

Mise au point du métabolisme des cellules bactériennes pour maximiser l'efficacité antibiotique

Jonathan M. Stokes, Ph.D.
Institut de génie médical et de science médicale, Département de génie biologique, et Centre de biologie synthétique, Massachusetts Institute of Technology Institut Broad du MIT et de Harvard

Les antibiotiques tuent les bactéries en empoisonnant les machines cellulaires qui exécutent des fonctions comme la copie de l'ADN, la fabrication de protéines ou la construction d'une enveloppe cellulaire. Les bactéries peuvent survivre à une antibiothérapie a) en mutant la cible du médicament de façon que l'antibiotique ne puisse s'y fixer; b) en dégradant l'antibiotique pour l'inactiver; c) en pompant le médicament hors de la cellule. Cependant, il y a des cas où les bactéries peuvent survivre à une antibiothérapie en fermant la machine. Ces cellules, appelées persisters, deviennent inactives jusqu'à la disparition de l'antibiotique. Elles commencent ensuite à croître de nouveau et évitent d'être tuées parce qu'elles ne possèdent pas de gènes d'antibiorésistance. Malheureusement, nous nous sommes rendu compte récemment que les bactéries persistent souvent sur la voie d'une antibiorésistance totale. Par conséquent, comment peut-on tuer des bactéries qui ne font rien? On réveille les cellules endormies!

Mes travaux appliquent des technologies biochimiques et de calcul de pointe pour mettre au point des moyens de relancer le métabolisme cellulaire bactérien qui peut rendre les bactéries sensibles aux antibiotiques. Par mes recherches, je vise à accroître l'utilité de nos antibiotiques les plus précieux pour le traitement des infections, ainsi qu'à tirer parti du métabolisme distinct de diverses bactéries afin de concevoir des antibiothérapies propres à chaque espèce qui puissent tuer les mauvaises bactéries tout en gardant heureuses les bonnes.

Lire aussi :

Twitter : @ItsJonStokes

Légalisation du cannabis au Canada

Évaluer l'impact du passage d'un marché illicite à un marché légal

Mme Elle Wadsworth
Université de Waterloo

Mes intérêts en recherche portent sur les politiques liées aux drogues depuis mes études de premier cycle, que j'ai effectuées au Royaume-Uni. Après avoir terminé une maîtrise en études sur la toxicomanie et avoir travaillé pendant plusieurs années dans le domaine de la recherche sur les politiques en matière de drogues, je me suis dit que le Canada serait l'endroit idéal pour poursuivre mes études doctorales étant donné la légalisation imminente du cannabis.

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée au monde et, au cours de la période d'interdiction du cannabis à des fins non médicales au Canada, les Canadiens ont acheté la drogue illégalement. La légalisation du cannabis au Canada vise à mettre en place un marché légal et à réduire (et éventuellement éliminer) le marché illicite. Ma recherche portera sur les modes d'accès des Canadiens au cannabis et sur la question de savoir si ces modes d'accès changeront après la légalisation. Nous mènerons un sondage auprès des jeunes et des adultes un mois avant la mise en œuvre, puis ferons des suivis annuels après la mise en œuvre. L'étude permet d'établir des comparaisons au Canada, surtout dans les cas où les lois provinciales diffèrent, ainsi que des comparaisons entre le Canada et des états américains. Les résultats contribueront à l'ensemble des données probantes évaluant l'impact de la légalisation du cannabis sur le marché illicite et les politiques de santé publique qui en découlent à un moment pertinent, c'est-à-dire tandis que le monde entier nous observe.

Lire aussi :

Twitter : @ElleShawad @WhattheCrackPod @UWaterloo

Suppression de la réplication du VIH-1 par les enzymes APOBEC3

Le VIH-1 riposte pour éviter un système de défense naturel du corps

Dre Linda Chelico
Université de la Saskatchewan

Le laboratoire Chelico étudie des enzymes humains (la famille APOBEC3) qui peuvent résister à la réplication du virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) en modifiant chimiquement l'ADN du virus et en le rendant inopérant. Le virus riposte en produisant une enzyme (le facteur d'infectivité virale ou Vif) qui amène par la ruse le corps à détruire ses propres enzymes de défense. La compréhension du fonctionnement des enzymes humaines et de la façon dont le Vif l'empêche permettra de mener à la conception de nouveaux traitements pour les personnes infectées par le VIH.

Comme ce combat se livre au niveau des protéines, nous recourons à des techniques biochimiques et biophysiques pour caractériser l'interaction entre les protéines humaines et virales et la manière dont les enzymes APOBEC3 se déplacent dans l'ADN du VIH. Nous serons ainsi en mesure de mettre au point de nouveaux réactifs qui perturberont le fonctionnement du Vif du VIH et de développer de nouveaux traitements contre ce virus. Bien que le VIH puisse être traité comme une maladie chronique mais gérable au Canada grâce aux traitements actuels, on fait présentement face à des effets secondaires sur la santé, à la résistance virale, à la stigmatisation et à l'absence de guérison. La mise au point d'un composé thérapeutique susceptible d'utiliser les défenses propres à l'organisme offre la possibilité d'atténuer les problèmes des traitements actuels du VIH.

Lire aussi :

Twitter : @usask

Quand la radiothérapie traditionnelle ne fonctionne pas, il faut chercher ailleurs

Développement de nouveaux médicaments susceptibles de lutter contre le cancer du sein triple négatif

Benoit Paquette, PhD
Université de Sherbrooke

Les cancers du sein sont classés en cinq sous-types, dont le cancer du sein triple négatif (CSTN) et le luminal A. Les patientes atteintes de ce dernier cancer connaissent rarement une récidive et la plupart d'entre elles sont guéries. Cependant, environ 30 % des patientes atteintes de CSTN font face à une récidive trois ans après les traitements. Et, malheureusement, les traitements actuels sont inefficaces pour guérir ces patientes.

Notre équipe examine des recherches sur des études précliniques des modèles du CSTN qui montrent que la radiation accroît l'invasion des cellules tumorales, le nombre de cellules de ce type en circulation et le développement des métastases. Bien que ces effets indésirables de la radiation aient été observés chez les patientes atteintes de CSTN, ils sont inexistants chez celles souffrant de cancer luminal A. De nouveaux médicaments sont maintenant en train d'être conçus afin de bloquer la récidive chez les patientes atteintes de CSTN.

Lire aussi :

En quête d'un traitement de la cécité cornéenne

Pourquoi des gens éprouvent-ils des problèmes causés par le gène SLC4A11 qui est lié aux yeux?

Dr Joseph Casey
Université de l'Alberta

Toute la lumière que nous voyons traverse la cornée, surface extérieure de l'œil. Tout ce qui réduit la clarté cornéenne a une incidence négative sur notre vision. Les dystrophies cornéennes sont des maladies oculaires qui opacifient la cornée d'une personne.

La dystrophie cornéenne endothéliale de Fuchs (FECD) atteint une personne sur 25 de plus de 50 ans. La dystrophie endothéliale congénitale héréditaire (CHED) est rare, mais elle touche les enfants à la naissance ou au cours des deux premières années de vie. Ces deux types de dystrophie cornéenne découlent de changements génétiques (de l'ADN) hérités des parents.

Les patients atteints de FECD ou de CHED ont une vision très trouble en raison de l'accumulation de liquide dans la cornée. Des gouttes ophtalmiques spéciales ou l'utilisation d'un séchoir à cheveux sur la cornée peuvent procurer un certain soulagement, mais, au bout du compte, seule une greffe de cornée améliorera efficacement la vision à long terme.

De concert avec les Dres Isabelle Brunette (Université de Montréal) et Stéphanie Proulx (Université Laval), nous nous efforçons de comprendre ce qui ne va pas dans les yeux des personnes dont la FECD ou la CHED est causée par des modifications à un gène appelé SLC4A11. Nous avons recensé certains médicaments susceptibles de corriger le problème de l'opacification des cornées des patients. En outre, nous nous penchons sur de nouvelles approches visant à retarder la baisse de la vue chez les personnes atteintes.

Lire aussi :

Twitter : @ProfJRCasey

La médecine factuelle et la recherche clinique

Les deux sont essentielles, mais aucune n'est idéale

Dr Muhammad Siddiqui, MBBS, M.Sc., Ph.D.
Autorité sanitaire de la Saskatchewan — Regina

J'ai travaillé comme praticien au Pakistan jusqu'en 2007, puis j'ai déménagé au Royaume-Uni pour faire un doctorat en recherche sur le diabète et suivre une formation postdoctorale en recherche clinique et épidémiologique. Au cours de mon expérience clinique dans un centre de soins tertiaires, j'ai eu la chance de pouvoir répondre aux besoins de nombreux patients, et l'aide que j'apportais à des collègues pour qu'ils améliorent leurs compétences me procurait une joie constante. Mon expérience de travail dans un hôpital m'a permis de comprendre la nécessité, pour les cliniciens, de se tenir au courant des nouvelles connaissances qui les aideront dans leur pratique.

À titre de clinicien, j'ai lu sur les recherches les plus récentes en médecine dans diverses revues et j'ai assisté à des séminaires et à des ateliers. J'ai toutefois constaté que je pourrais offrir un service encore meilleur comme chercheur en aidant une population beaucoup plus vaste.

Aujourd'hui, en qualité de chercheur scientifique, je comprends mieux la médecine factuelle et les essais cliniques, les exigences des bonnes pratiques cliniques de la Conférence internationale sur l'harmonisation (BPC de l'ICH), l'éthique médicale, les exigences en matière de recherche pour la réalisation des essais, et l'application des connaissances. J'encourage les cliniciens, les résidents et les étudiants du premier cycle à se renseigner sur l'incidence possible de leur recherche médicale sur leur pratique. Je les encourage aussi à recourir consciencieusement, explicitement, judicieusement et raisonnablement aux données probantes lors de la prise de décisions sur les soins des patients pris individuellement. Ils pourraient notamment renforcer les capacités, donner des conseils et consulter sur tous les aspects de la recherche (y compris la conception et l'éthique de la recherche ainsi que les statistiques relatives à Regina et à la région environnante).

Lire aussi :

Aider à améliorer la vie des prématurés

Comprendre leurs problèmes respiratoires, neurologiques et cardiovasculaires pour réduire les risques

Dr Georg Marcus Schmölzer
Université de l'Alberta

Chaque année, 15 millions de bébés naissent prématurément dans le monde entier. Une importante proportion d'entre eux souffrent pendant toute leur vie de maladies pulmonaires chroniques ou de déficiences neurodéveloppementales. Cette situation impose un lourd fardeau sur les ressources en santé et les familles, étant donné que ces nourrissons doivent être souvent réadmis à l'hôpital. L'amélioration des soins aux bébés nés trop tôt diminuera les complications à long terme et assurera une meilleure qualité de vie à ces nouveau-nés et à leur famille.

En réponse à ce besoin, en 2014, nous avons établi le Centre d'étude de l'asphyxie et de la réanimation (CSAR en anglais) comme programme de calibre mondial propre au Canada. Nos recherches visent : 1) à comprendre les changements respiratoires, cardiovasculaires et neurologiques fondamentaux qui surviennent immédiatement après la naissance; 2) à perfectionner les diagnostics, à atténuer les risques et à améliorer la survie et la qualité de vie des prématurés.

Nos travaux ont modifié la façon dont ces bébés reçoivent un soutien respiratoire à la naissance et dans l'unité néonatale de soins intensifs. Notre approche a été adoptée dans des salles d'accouchement du monde entier. Le CSAR réalise actuellement une dizaine d'essais randomisés destinés à améliorer la survie et à s'attaquer aux maladies pulmonaires chroniques et aux déficiences neurodéveloppementales.

Lire aussi :

Twitter : @Research4Babies

Amélioration de la santé mentale maternelle et du développement de l'enfant par une intervention vidéo axée sur la rétroaction (VID-KIDS)

Un essai clinique vise à améliorer la qualité et les bienfaits de l'interaction mère-enfant

Nicole Letourneau, inf. aut., Ph.D., MACSS, titulaire de la chaire de l'Alberta Children's Hospital Foundation en santé mentale des parents et des enfants, directrice de RESOLVE Alberta et chercheuse principale du programme d'étude CHILD

Panagiota Tryphonopoulos, inf. aut., Ph.D., Université de Calgary, Faculté des sciences infirmières et École de médecine Cumming (pédiatrie, psychiatrie et sciences de la santé communautaire)

Les interactions sensibles et réceptives entre les mères et leur nourrisson jettent les fondements du développement sain des enfants. La qualité de ces échanges diminue lorsque la dépression postpartum de la mère accroît le risque de problèmes comportementaux et cognitifs chez les enfants.

De nouvelles interventions sont-elles susceptibles de soutenir les mères et leur nourrisson quand ils font face à ce problème?

Une étude pilote a révélé que le recours à une vidéo guidée par une infirmière a amélioré les interactions mère-enfant dans le contexte de la dépression postpartum maternelle. En motivant les mères à jouer davantage, les nourrissons semblaient prêts à interagir. Grâce au financement des IRSC, notre équipe de recherche a élargi la portée de l'étude pilote pour évaluer les effets de la guidance interactive par rétroaction vidéo pour l'amélioration de l'interaction entre les mères déprimées et leur nourrisson (VID-KIDS) à Calgary. Elle se penche sur l'efficacité de VID-KIDS du point de vue des interactions maternelles, du développement du nourrisson, des symptômes maternels de dépression et d'anxiété et du sentiment d'efficacité personnelle sur le plan du parentage. En cas de réussite, il est possible que VID-KIDS soit intégré dans les services de santé publique fournis à Calgary afin de favoriser à la fois la santé mentale maternelle et le développement optimal de l'enfant.

Lire aussi :

Twitter : @DrNLetourneau

L'échange de données sur la santé publique entre organismes communautaires

Peut-elle mener à l'équité en santé pour les membres de la population?

Mme Nicole Andruszkiewicz
Mme Christina Carfagnini
Mme Cassie Ogunniyi
Mme Allison Branston
Dr M. Mustafa Hirji

Santé publique et services d'urgence, région du Niagara

Les agences locales de santé publique (ALSP) peuvent faire progresser l'équité en santé en communiquant des données démographiques et sanitaires locales à leurs partenaires communautaires. Ces derniers peuvent se servir de cette information pour adapter les services aux besoins de leur clientèle. Notre équipe de Santé publique et services d'urgence, région du Niagara, a dirigé un projet local financé par Santé publique Ontario et cinq autres ALSP. Nous voulions trouver les meilleurs moyens de choisir, d'analyser et de distribuer des données sur la santé avec des partenaires communautaires locaux.

Nous avons notamment effectué une revue de la littérature et un sondage en ligne, dialogué et réalisé un projet pilote qui a fait ressortir trois thèmes communs : l'importance de comprendre les besoins des organismes communautaires; l'intérêt à établir des relations, la confiance et la réciprocité entre les organismes en matière d'échange de données; la nécessité d'accroître la capacité des partenaires communautaires qui peuvent utiliser et interpréter celles-ci.

Nous sommes en train de mener une étude d'impact pour évaluer l'échange de données avec trois organismes pilotes et de rédiger un guide visant à aider d'autres ALSP à transmettre de l'information à leurs partenaires communautaires afin d'améliorer la santé des membres de la collectivité.

Lire aussi :

  • Lien vers des produits des projets communautaires locaux

Twitter : @NRPublicHealth

Projet « Jeunesse en santé » de Brock

Aperçu du développement cérébral des adolescents et de leur prise de risques pour leur santé

Dre Teena Willoughby
Université Brock

L'adolescence constitue une période sensible du point de vue de l'adoption de comportements dangereux pour la santé, comme la consommation de substances, l'inactivité physique, une mauvaise alimentation et des pratiques sexuelles risquées. Selon le modèle de double système imaginé à propos du développement cérébral des adolescents, des régions du cerveau en jeu dans le traitement des émotions et des récompenses potentielles semblent matures à l'adolescence, tandis que celles mises à contribution pour le contrôle des réactions émotives et impulsives ne le sont pas encore.

Un tel décalage explique peut-être pourquoi les adolescents ont tendance à aimer la nouveauté et sont plus enclins que les adultes à prendre des risques. Le projet « Jeunesse en santé » de Brock évalue le modèle de double système par une étude longitudinale des comportements dangereux pour la santé au cours de l'adolescence. Il s'intéresse notamment à l'activité cérébrale, à la génétique, à l'état endocrinien, à l'activité physique, à la personnalité et aux facteurs environnementaux. Âgés de 8 à 13 ans lors de la première année, 1 200 garçons et filles participent à l'étude. Ils répondront à des sondages annuels pendant 5 ans. En outre, un sous-ensemble prend part à un volet d'analyses de laboratoire d'une durée de trois ans. Ce projet produira les réalisations suivantes : une enquête intégrée du développement des comportements dangereux pour la santé qui sont adoptés par les adolescents, un soutien (ou non) fondé sur des données probantes du modèle de double système, des mises à jour annuelles des facteurs qui ont une incidence sur les comportements dangereux pour la santé et l'activité cérébrale au fil du temps, et une application généralisée des constatations grâce une solide équipe de chercheurs et de partenaires et à des stratégies intégrées de transfert des connaissances.

Lire aussi :

Twitter : @Brock_LDRC

Laisser les enfants prendre des risques pour assurer leur sécurité

Jouer à l'extérieur est important pour la santé et le développement des enfants

Dre Mariana Brussoni
Université de la Colombie-Britannique

Autrefois, il était normal que les enfants passent de longues heures à l'extérieur et loin d'adultes vigilants. Aujourd'hui, toutefois, ils sont plus souvent à l'intérieur, supervisés et devant un écran. Nous commençons à peine à comprendre les conséquences, y compris les effets sur l'activité physique, la santé mentale et le développement cognitif. L'une des principales raisons de ce changement est la perception que le monde n'est pas aussi sûr qu'avant, malgré le fait que les taux de blessures subies durant l'enfance sont à leur plus bas.

À titre de chercheuse, de psychologue du développement et de parent, je suis bien au fait des statistiques sur les blessures et des effets possibles de la surprotection sur la santé et le bien-être des enfants. J'ai pour vocation de mieux comprendre ce problème et d'aider à restaurer l'équilibre. Mon laboratoire a conçu OutsidePlay.ca [en anglais seulement], outil en ligne qui aide les parents à gérer leurs craintes et à élaborer un plan de changement afin que leurs enfants puissent jouer à l'extérieur même en présence de quelques risques. Cette initiative s'inscrit dans un effort collectif destiné à faire en sorte que les enfants perçoivent le monde comme un lieu plein de possibilités plutôt que de dangers.

Lire aussi :

Twitter : @mbrussoni

Santé sexuelle et santé mentale

Les deux côtés d'une même médaille

Mme Neelam Saleem Punjani
Université de l'Alberta

La santé mentale, la santé physique et les conditions sociales constituent trois aspects essentiels de la vie qui sont interdépendants et interreliés. Bien que la communauté internationale se soit engagée à s'attaquer aux problèmes de santé mentale liés à la santé sexuelle et reproductive, trop de filles et de femmes souffrent encore des effets d'une faible estime de soi, de la culpabilité, de l'anxiété, de la dépression et du suicide.

Les parents sont traditionnellement ceux qui renseignent les jeunes sur la santé sexuelle, mais leur malaise, leur embarras et le manque de connaissances rendent la tâche ardue. Cette situation risque d'engendrer de multiples facteurs de stress pour les parents et les enfants.

Ma recherche doctorale examinera le stress et l'anxiété chez les jeunes filles (de 11 à 19 ans) et leurs parents à propos de la santé sexuelle et de la sexualité. Elle mènera à l'élaboration d'interventions éducatives factuelles et axées sur la personne pour résoudre ces problèmes.

Cette recherche pourrait aider à améliorer les soins de santé mentale dispensés aux jeunes filles ainsi que la santé sexuelle par le recours à des politiques, à des stratégies, à des programmes, à des services, à des statistiques, à de la formation et à des publications. Les résultats seront utiles pour les adolescentes et leurs parents de même que pour les infirmières et les professionnels de la santé. Il sera possible d'en tenir compte lorsqu'on se penchera sur les aspects de la santé sexuelle qui ont un rapport avec la santé mentale.

Lire aussi :

Twitter : @NeelamPunjani

Aider les familles à faire face à la maladie d'Alzheimer grâce à l'innovation scientifique

La lutte pourrait-elle inclure une prévention axée sur la bêta-amyloïde et la tau?

Dr Donald Weaver
Réseau universitaire de santé et Université de Toronto

Lorsqu'un couple a été marié pendant 40 à 50 ans et s'est bâti une vie ensemble, il est déchirant de voir l'un de ses membres ne plus reconnaître l'autre. Chaque semaine, dans notre clinique des troubles de la mémoire, je dois dire à des gens atteints de démence, habituellement la maladie d'Alzheimer, et à leurs proches que je ne dispose d'aucun médicament curatif qui puisse aider. La maladie d'Alzheimer touche les patients, leur conjoint, leur famille et peut-être même la santé socioéconomique des pays. Le besoin de médicaments « curatifs » qui modifient l'évolution de cette maladie est devenu une priorité neuropharmacologique non seulement au Canada, mais dans le monde entier.

Situé à l'Institut de recherche Krembil du Réseau universitaire de santé, mon laboratoire se concentre sur la conception, la synthèse et l'optimisation de nouvelles molécules pour le traitement de la maladie d'Alzheimer. Par exemple, nous travaillons sur des stratégies médicamenteuses pour atténuer les effets potentiellement toxiques d'une inflammation excessive du cerveau, qui contribue peut-être à la maladie. Par ailleurs, à l'aide de techniques de conception de médicaments assistée par ordinateur, nous sommes en train de mettre au point des traitements novateurs visant à bloquer le pliage anormal des protéines cérébrales, comme la bêta-amyloïde et la tau, qui favorisent la progression de la maladie d'Alzheimer. Grâce au financement des IRSC et d'autres organismes, nous avons réussi à développer une nouvelle classe d'agents uniques capables de prévenir le pliage anormal à la fois de la bêta-amyloïde et de la tau. Récemment, nous nous sommes associés avec les Laboratoires Servier, société pharmaceutique parisienne. Nous avons hâte de collaborer avec eux pour mettre sur le marché un médicament qui modifiera l'évolution de la maladie et aidera les nombreuses personnes et familles en attente d'un tel agent.

Lire aussi :

Twitter : @DrDonWeaver @KrembilRI

Date de modification :