Message du Dr Brian H. Rowe : Mise à jour en sciences du sang

Aux chercheurs et chercheuses,

Nous espérons que vous et vos proches vous portez bien en ces temps difficiles. À l’Institut, même en continuant de travailler à distance, nous cherchons, avec nos collègues et partenaires, à cerner les conséquences de la pandémie de COVID‑19 sur la recherche en santé, ainsi que les possibilités et les défis qui se posent à ce chapitre. Nous avons ainsi été témoins et mis au fait de prometteuses recherches en santé ayant cours dans divers secteurs de notre mandat et chacun des grands axes de recherche. Aujourd’hui, je voudrais faire le point sur d’importants travaux dans le domaine des sciences du sang et des vaisseaux sanguins.

Comme il est de coutume au Canada, les chercheurs ont relevé le défi d’œuvrer à comprendre les mécanismes morbides de la COVID-19 et à mettre au point des traitements potentiels. En ce qui concerne les mécanismes de la maladie, chez certaines personnes atteintes de la COVID-19, la thromboembolie veineuse apparaît comme un facteur important de gravité de la maladie. Ce n’est pas clair si la thrombose est le résultat d’une augmentation de la formation de caillots ou d’une altération de la dégradation du thrombus une fois qu’il s’est formé. Pour mieux comprendre la coagulation anormale chez les patients gravement atteints de la COVID-19, le Réseau canadien de recherche clinique sur la thromboembolie veineuse (CanVECTOR) et le Groupe canadien de recherche en soins intensifs (CCCTG) collaborent à un vaste essai randomisé contrôlé, à l’échelle mondiale, où est utilisé un plan adaptatif comportant des stratégies novatrices en matière d’anticoagulation qui visent à améliorer les résultats dans l’ensemble et à réduire le risque de thrombose chez les personnes hospitalisées en raison de la COVID-19. Cette intervention s’inscrira dans l’essai REMAP‑CAP (Randomized, Embedded, Multi-factorial, Adaptive Platform Trial for Community-Acquired Pneumonia) (en anglais seulement), financé en partie dans le cadre de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) aux IRSC.

Pour ce qui est des traitements potentiels, outre les divers efforts pharmaceutiques, l’utilisation de plasma de convalescence provenant de personnes qui se sont remises de la COVID‑19 suscite de plus en plus d’attention sur la scène internationale. La Société canadienne du sang (SCS) et Héma‑Québec ont récemment lancé l’essai CONCOR-1, un essai clinique visant à vérifier l’innocuité et l’efficacité du plasma de convalescents de la COVID-19 comme traitement possible pour les personnes atteintes de la COVID‑19. Il est dirigé par des Canadiens et soutenu par une équipe multidisciplinaire d’experts de dix pays, dont le New York Blood Center aux États‑Unis.

Les Canadiens ont en outre réagi à la pandémie en aidant à renforcer l’inventaire de notre banque de sang nationale. Alors que les provinces commencent à rouvrir progressivement leur économie et à procéder à davantage de chirurgies, nous prévoyons avoir un besoin accru de sang, de plaquettes, de plasma et d’autres produits sanguins. C’est pourquoi la SCS aura toujours besoin de dons de sang sur une base régulière pour répondre à la demande, et nous encourageons tous ceux qui le veulent et qui sont en mesure de le faire à donner de leur sang là où ils le peuvent à la chaîne de vie du Canada.

En plus des avancées nécessaires pour traiter la coagulation anormale chez les patients gravement atteints de la COVID-19, nous ne devons pas ignorer les autres conséquences de la thrombose et des maladies vasculaires comme les maladies vasculaires périphériques, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies coronariennes, l’insuffisance cardiaque, les arythmies et l’hypertension. Les caillots sanguins sont associés aux trois principales causes de mortalité cardiovasculaire : la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral thromboembolique et la thromboembolie veineuse (TEV). Les prochaines campagnes de sensibilisation, comme le Mois de l’hypertension (mai) et le Mois de sensibilisation aux accidents vasculaires cérébraux (juin), sont d’importants rappels de la nécessité constante de mener des recherches de haute qualité, indépendamment de la COVID‑19, dans de multiples domaines qui se recoupent à l’intérieur du mandat de notre institut, notamment les sciences de la santé cardiovasculaire, des accidents vasculaires cérébraux, du sang et des vaisseaux sanguins. La recherche médicale est l’un des nombreux outils à notre disposition pour aider les patients à atténuer les risques connus pour leur santé, et favoriser le bien‑être et les modes de vie sains.

Les circonstances actuelles ont créé des défis pour les patients et notre système de soins de santé. Au-delà de l’importance de détecter, de traiter et de prévenir l’infection au coronavirus, notre institut a été mis au courant de nombreux exemples de conséquences fâcheuses de la pandémie pour les personnes atteintes d’autres maladies que la COVID‑19. Des Canadiens pourraient craindre de recourir aux services médicaux; il est donc impératif de leur donner, ainsi qu’aux membres de leur famille, l’assurance que toutes les affections sont traitées comme il se doit et que le système de santé est sûr pour quiconque doit recevoir des soins. Tarder à consulter peut être mortel!

Encore une fois, merci à tous les membres de l’ISCR pour leurs recherches concertées, leur travail clinique et leurs efforts de sensibilisation pour améliorer la santé de la population canadienne en ces temps de pandémie. Continuez de bien prendre soin de vous, de votre personnel, de vos patients et de vos familles!

Cordialement,

Dr Brian H. Rowe
Directeur scientifique de l’Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC
Professeur à l’Université de l’Alberta

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