Quand devrais-je donner des arachides à mon enfant? Maintenant?
Le fait d’introduire tôt des aliments potentiellement allergènes pourrait réduire le risque d’allergie

21 novembre 2019

Plus de 2,6 millions de Canadiens et de Canadiennes ont des allergies alimentaires; nous connaissons et comprenons donc de mieux en mieux ce problème de santé. Grâce aux efforts réalisés en matière d’éducation du public, un plus grand nombre de personnes comprennent à présent que les allergies alimentaires sont un problème sérieux et savent comment intervenir si quelqu’un a une réaction allergique. En outre, les fabricants de produits alimentaires doivent mentionner clairement sur l’étiquette la présence d’allergènes alimentaires considérés comme prioritaires par Santé Canada, tels que les arachides, les noix, les œufs et le lait de vache, si ceux-ci font partie des ingrédients du produit.

C’est là une bonne nouvelle pour les quelque sept pour cent de la population canadienne qui déclarent avoir une allergie alimentaire. Toutefois, vivre avec une telle allergie représente toujours un défi quotidien.

Pour les parents d’enfants qui ont ce type d’allergie, cela suppose de lire les étiquettes des aliments, de se renseigner sur leurs ingrédients et sur la façon dont les aliments ont été préparés, de planifier les sorties au restaurant et de faire preuve de vigilance, et de prévenir les enseignants, les personnes qui prennent soin des enfants, ainsi que la famille et les amis. Cela suppose aussi de préparer leurs enfants afin qu’ils sachent ce qu’ils doivent faire pour rester en sécurité.

Pourquoi certains enfants développent-ils une allergie alimentaire, et d’autres, non? Que peuvent faire les parents pour réduire le risque que leur enfant développe une allergie alimentaire? À quel moment les parents devraient-ils l’exposer à des aliments potentiellement allergènes?

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre de l’étude de cohorte CHILD (en anglais seulement) semblent indiquer que le fait d’introduire tôt certains aliments potentiellement allergènes pourrait aider à prévenir l’apparition d’une allergie à ces aliments chez certains enfants. Les chercheurs ont utilisé des données concernant plus de 2100 bébés et familles participant à l’étude. Ces données comprenaient notamment de l’information détaillée sur le régime alimentaire des bébés à 3, 6, 12, 18 et 24 mois ainsi que sur le moment exact où les bébés ont reçu pour la première fois des produits à base de lait de vache, des œufs et des arachides.

À l’âge d’un an, les enfants ont subi des tests cutanés visant à détecter la présence d’une sensibilisation à 10 allergènes communs, dont quatre allergènes alimentaires potentiels.

« Sensibilisation » signifie que l’enfant réagit à un test allergique cutané, ce qui n’est pas la même chose que de présenter des symptômes d’allergie. Toutefois, la sensibilisation peut être un signe précoce d’un problème futur, et un nombre substantiel d’enfants sensibilisés développent effectivement une allergie au cours de leur vie.

Les chercheurs ont ensuite comparé les résultats des tests cutanés et le moment où les aliments allergènes avaient été introduits.

Qu’ont-ils découvert?

Ils ont d’abord constaté que les parents retardaient souvent l’introduction d’aliments potentiellement allergènes. En fait, plus de 75 % des parents attendaient que leur bébé ait au moins sept mois avant d’inclure des œufs dans son alimentation, et 63 % des parents évitaient complètement de donner des arachides à leur bébé durant sa première année.

Pour ce qui est de la sensibilisation, les bébés qui évitaient les produits à base de lait de vache durant leur première année de vie étaient près de quatre fois plus susceptibles d’être sensibilisés au lait de vache que les bébés qui consommaient du lait de vache avant l’âge de 12 mois. En outre, les bébés qui évitaient les œufs ou les arachides durant leur première année de vie étaient deux fois plus susceptibles d’être sensibilisés à ces aliments que les bébés qui en consommaient avant l’âge de 12 mois.

Cette étude contribue à orienter les lignes directrices sur l’alimentation des nourrissons ainsi que les stratégies visant à réduire le risque d’allergie alimentaire chez les enfants. Par exemple, la Société canadienne de pédiatrie a publié en 2019 des recommandations mises à jour concernant le moment précis où introduire des aliments allergènes chez les nourrissons à risque élevé. La nouvelle directive préconise d’offrir activement des aliments ne présentant aucun risque d’étouffement et contenant des allergènes communs (par exemple des arachides ou des œufs) vers six mois, mais non avant quatre mois, parce que cette approche peut s’avérer efficace pour prévenir les allergies alimentaires chez certains nourrissons à risque élevé.

Pour en savoir plus sur la façon de prévenir les allergies alimentaires, consultez le site Web d’Allergies alimentaires Canada. Vous y trouverez des webinaires mettant en vedette des allergologues de premier plan, une foire aux questions et d’autres ressources.

L’étude de cohorte CHILD (en anglais seulement) est une étude nationale basée sur une cohorte de naissances, où des chercheurs suivent la santé de près de 3500 enfants canadiens pour découvrir des façons de prévenir l’asthme, les allergies, l’obésité et d’autres maladies chroniques.

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