La santé buccodentaire fait son entrée sur la scène mondiale avec une série dans The Lancet
Message du professeur Khan, Directeur scientifique de l’IALA

Professeur Paul Allison

Veiller à la bonne santé buccodentaire de la population canadienne est une responsabilité qui incombe à l’Institut de l’appareil locomoteur et de l’arthrite; cependant, les 13 instituts des IRSC entreprennent tous des recherches pertinentes par rapport à la santé buccodentaire. Le rôle des instituts des IRSC, dont l’administration centrale est au 160, rue Elgin, à Ottawa, qui sont responsables des dossiers des enfants, des personnes âgées, du cancer et de l’inflammation, sauterait aux yeux même de ceux qui n’en connaissent pas l’organigramme. La biologie des maladies buccodentaires et la propension des personnes à adopter des comportements préventifs et à accéder aux services de santé varient selon leur sexe. Je pourrais continuer, mais vous avez compris le message — tous les instituts des IRSC ont un rôle important à jouer.

En juillet 2019,The Lancet a mis l’accent sur la santé buccodentaire. Conformément au créneau de cette revue en santé mondiale, la série en deux parties portait sur le fardeau des maladies partout dans le monde aux différents niveaux socioéconomiques et sur les lacunes dans la prestation actuelle des soins dentaires pour aborder tant les niveaux élevés de maladie que les inégalités importantes en matière de santé buccodentaire. The Lancet a conclu que la prévalence des maladies buccodentaires continue d’augmenter (malgré les efforts mondiaux et les progrès de la recherche). On y observe aussi que dans les pays à revenu intermédiaire ou faible, l’adoption du modèle « occidental » classique de prestation de soins dentaires est inabordable et n’est pas le moyen approprié pour répondre à leurs besoins en santé buccodentaire. C’est particulièrement vrai dans les pays à faible revenu où la situation est peu encourageante en raison de lacunes systémiques (manque de professionnels, d’équipement et de cliniques) ainsi que d’un manque de connaissances de base, notamment en matière d’hygiène buccale.

Nous félicitons le professeur Paul Allison de la Faculté de médecine dentaire de l’Université McGill, à Montréal, membre de la communauté de l’IALA et du conseil d’administration, d’avoir été choisi parmi les coauteurs de la série. Selon le professeur Allison : « Au Canada, environ 95 % des soins dentaires sont fournis par le secteur privé. Ces soins dentaires privés augmentent les inégalités en matière de santé buccodentaire… et ceux qui souffrent le plus de maladies ont le plus de difficultés à obtenir des soins dentaires. Il est urgent d’adopter de nouvelles approches visant à réduire les causes courantes des maladies dentaires telles que la consommation de sucre et de tabac, et à modifier la prestation des soins dentaires pour remédier à ces inégalités croissantes. »

The Lancet a conclu sa série d’articles en soulignant clairement que certaines industries (y compris l’industrie alimentaire) constituaient une menace potentielle pour la santé buccodentaire. La consommation de sucre, principale cause de carie dentaire, augmente rapidement dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire. Tandis que la consommation de boissons sucrées est plus élevée dans les pays à haut revenu, l’augmentation des ventes de boissons sucrées dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire est substantielle. D’ici 2020, Coca-Cola a l’intention de consacrer 12 milliards de dollars américains à la commercialisation de ses produits en Afrique [4], alors que le budget annuel total de l’OMS est de 4,4 milliards de dollars américains (2017).

Article dans The Lancet : Éditorial, vol. 394, numéro 10194, p. 188, 20 juillet 2019 :
Oral health at a tipping point (en anglais seulement)

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