Déclaration du Dr Brian H. Rowe à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac

On célèbre chaque année, le 31 mai, la Journée mondiale sans tabac, désignée par l’Organisation mondiale de la santé pour mettre en évidence les dangers associés à l’exposition au tabac et les efforts déployés partout dans le monde afin d’en réduire les méfaits. Ayant pour thème « Le tabac et la santé pulmonaire », la campagne de 2019 vise à sensibiliser les gens aux effets néfastes du tabac sur les poumons et appelle les gouvernements et autres parties concernées à élaborer et à adopter des politiques de lutte contre ce produit.

Le tabagisme tue 45 000 Canadiens et Canadiennes chaque année. Il est bien établi qu’il engendre une hausse du taux de nombreux types de cancer et que l’inhalation de la fumée de tabac et d’autres produits de combustion nuit à la santé circulatoire et respiratoire. En 2017 seulement, plus de 20 000 personnes sont décédées au pays d’un cancer du poumon. Les accidents vasculaires cérébraux, les crises cardiaques, la bronchopneumopathie chronique obstructive et d’autres maladies graves sont par ailleurs plus courants chez les fumeurs.

Même si la consommation de tabac diminue dans certains segments démographiques, l'évolution du paysage juridique canadien a mené à l’autorisation de l’usage d’autres produits combustibles à base de plantes, comme le cannabis et d’autres types d’inhalants. Étant donné l’accès accru à une diversité de ces produits et un marché du vapotage en croissance rapide, les taux de consommation risquent d’augmenter, en particulier chez les jeunes.

La Stratégie canadienne sur le tabac vise à réduire le taux de tabagisme à moins de 5 p. 100 d’ici 2035. Récemment promulguée, la Loi sur le tabac et les produits de vapotage cherche à réglementer le tabac et les produits de vapotage qui sont proposés aux jeunes comme une solution de rechange à la cigarette traditionnelle.

Par des initiatives comme celle de l’Alliance mondiale contre les maladies chroniques (AAMC) sur les maladies pulmonaires et la Stratégie de recherche intégrée sur le cannabis, les IRSC et leurs partenaires soutiennent des travaux qui mènent à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes au Canada et dans le monde entier. Les chercheurs soutenus par les IRSC ont un rôle crucial à jouer dans la constitution de la base de données qui continuera à éclairer et à optimiser les politiques, les règlements et les pratiques, ainsi que les méthodes de prévention, de renoncement, de traitement et de réduction des méfaits en lien avec le tabagisme, le vapotage et d’autres types de consommation de substances toxiques.

Dr Brian H. Rowe – Institut de la santé circulatoire et respiratoire

« Malgré l’accumulation des données sur les méfaits incalculables de la consommation de tabac et d’autres produits combustibles, nous nous attendons à constater un besoin continu de recherches sur les conséquences de l’usage de ces produits. Nous devons aussi orienter nos efforts vers la prévention, en accordant une attention particulière aux jeunes, afin d’atténuer les répercussions de ce comportement nuisible et les conséquences pour la santé qui menacent de se produire si l’on encourage une nouvelle génération à fumer et qu’on lui donne les moyens de le faire. Le slogan de la campagne de cette année (« Empêchez le tabac de vous couper le souffle ») ne saurait être plus approprié. »

Dr Steven Hoffman – Institut de la santé publique et des populations

« Le tabagisme est lié à une multitude de maladies et de problèmes qui minent la santé et tueront 1 milliard de personnes au cours du présent siècle. Les IRSC ont été à l’avant-garde du financement de la recherche qui vise à examiner des moyens de réglementer efficacement l’usage du tabac. Le Canada continue d’être un chef de file mondial en prévention du tabagisme grâce aux travaux de ses chercheurs. Du fait de la légalisation du cannabis et de la popularité croissante du vapotage, il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui de poursuivre l’étude de ce dossier. Les IRSC s’engagent à faire en sorte que le milieu de la recherche puisse continuer cet important travail. »

Dr Stephen Robbins – Institut du cancer

« Le tabagisme constitue la principale cause évitable de cancer et de mort prématurée. Et pourtant, on constate chaque jour que des Canadiens commencent à fumer, à vapoter ou à adopter d’autres modes de consommation du tabac. Ces tendances sont préoccupantes, car nous savons que le tabac cause de nombreux cancers en plus de celui du poumon. La Stratégie canadienne sur le tabac vise à réduire le fardeau de ces maladies en ciblant un taux de tabagisme inférieur à 5 p. 100 d’ici 2035. »

Dr Shoo Lee – Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents

« La popularité des cigarettes électroniques et du vapotage auprès des jeunes est très inquiétante. Selon Santé Canada, près d’un quart des élèves du secondaire ont essayé les cigarettes électroniques. L’utilisation de produits contenant de la nicotine, y compris les cigarettes et les produits de vapotage, n’est pas sans risque pour les jeunes. Je suis heureux voir qu’au Canada, nous disposons de chercheurs et d’organismes de santé publique qui communiquent de l’information factuelle aux jeunes et aux parents à ce sujet, et orientent la création de programmes antitabac efficaces à l’intention des jeunes. »

Dr Yves Joanette – Institut du vieillissement

« La consommation de tabac constitue un facteur de risque de démence et d’autres maladies chroniques comme le cancer et les maladies du cœur. En tant que l’une des principales causes de décès prématuré au Canada, le tabagisme a une incidence considérable sur l’espérance de vie. En fait, les gros fumeurs pourraient perdre jusqu’à 9 ans de vie. La bonne nouvelle, c’est que, dès qu’une personne cesse du fumer, elle réduit grandement les risques pour sa santé. J’encourage donc les gens qui veulent vivre une longue vie en santé d’éviter de fumer et de consommer le tabac sous toutes ses formes. »

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