YouthCan IMPACT – Soutenir plus efficacement la santé mentale des jeunes

L’adolescence peut être une période difficile de la vie – en particulier pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

La recherche de services de soutien pour ces jeunes peut aussi représenter un défi, en raison des longs délais d’attente et du manque de disponibilité des services dans certaines communautés. En Ontario, pour compliquer davantage les choses, les jeunes sont transférés dès l’âge de 18 ans au système de santé mentale pour adultes, qui offre un éventail de services fort différent.

La Dre Joanna Henderson

La Dre Joanna Henderson, chercheuse à l’Université de Toronto et directrice exécutive des Carrefours bien-être pour les jeunes de l’Ontario, a consacré la majeure partie de sa carrière à étudier ces questions et à chercher des moyens d’améliorer la prestation des services.

« Prenons le cas d’une jeune femme de 17 ans qui, dans le système de santé mentale pour adolescents, reçoit des services et du counseling. Elle combat peut-être des problèmes d’anxiété ou de dépression, et peut même s’automutiler ou entretenir des pensées suicidaires. Cependant, le jour de ses 18 ans, elle se voit soudainement privée de ce soutien », explique la Dre Henderson. « Le système de santé mentale pour adultes est principalement orienté vers les maladies mentales comme la schizophrénie ou la bipolarité. Il s’agit d’une lacune criante pour des jeunes qui n’ont pas terminé leur développement et qui tendent à affronter des défis majeurs à ce stade de leur vie (p. ex. départ du nid familial, début des études postsecondaires, recherche d’emploi). Nous leur retirons des services qui pourraient les aider à traverser ces difficultés avec succès. »

En réponse à ce problème, la Dre Henderson et son équipe ont créé YouthCan IMPACT (en anglais seulement) – un regroupement de centres de jour où les jeunes vivant des problèmes de santé mentale peuvent demander des conseils et du soutien sans devoir faire la file.

YouthCan IMPACT est un regroupement de centres de jour où les jeunes vivant des problèmes de santé mentale peuvent demander des conseils et du soutien.
Les centres servent chacun entre 500 et 900 jeunes chaque année.

« Un des problèmes associés aux services offerts dans les hôpitaux est la longue attente nécessaire pour consulter un psychiatre. Cependant, beaucoup de jeunes inscrits sur ces listes d’attente n’ont pas besoin de voir un psychiatre. Dans notre système actuel, de nombreux psychiatres privilégient les médicaments au détriment de la psychothérapie. Il y a donc beaucoup de jeunes qui se retrouvent par erreur sur ces listes d’attente, ce qui augmente le temps d’attente pour les personnes ayant vraiment besoin de voir un psychiatre », note la Dre Henderson. « Avec notre modèle communautaire, nous utilisons ce qu’on appelle une démarche graduelle ou par étapes; c’est-à-dire que nous évaluons le niveau de soins que devraient recevoir les jeunes dès qu’ils franchissent la porte d’entrée, et nous leur offrons ensuite ce niveau de soins. »

Le modèle de YouthCan IMPACT est le fruit de vastes consultations menées auprès de jeunes et de familles sur les changements au système actuel auxquels ils tiennent le plus. La Dre Henderson a également recruté dans son équipe des jeunes possédant un vécu pertinent, afin de s’assurer que leurs voix et leurs expériences continuent de guider le déploiement des services.

Avec l’aide de l’Unité de soutien de la SRAP de l’Ontario, la Dre Henderson et son équipe se livrent actuellement à un essai contrôlé randomisé visant à comparer deux modèles de prestation de services : la consultation psychiatrique traditionnelle en milieu hospitalier, et le modèle communautaire avec équipe de soignants intégrée, offert dans un centre de jour accessible en tout temps.

« Le financement de la SRAP nous a réellement aidés à créer un modèle pouvant soutenir la communauté au complet, et non seulement les participants aux recherches », ajoute la Dre Henderson. « Nous constatons que les centres sont solidement implantés, car malgré un début un peu lent, chacun reçoit entre 500 et 900 jeunes par année. »

Le projet a également attiré l’attention du gouvernement provincial, qui s’est montré intéressé d’étendre ce modèle à neuf endroits au total. Soutenue par des ressources du Centre de toxicomanie et de santé mentale (Programme de soutien au système provincial) et du Centre d’excellence de l’Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents, l’équipe examine actuellement des propositions de centres similaires dans des collectivités à travers l’Ontario.

Qu’est-ce que la SRAP?

La Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) est une série de partenariats de financement entre les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), des provinces et des territoires, des organismes philanthropiques, des établissements d’enseignement et des organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé. Essentiellement, la SRAP cherche à fournir les données probantes nécessaires pour guider l’élaboration de politiques en matière de santé et améliorer le système de soins de santé. Elle vise aussi à intégrer les découvertes scientifiques dans la pratique et à produire les renseignements dont les décideurs et les fournisseurs de soins de santé ont besoin pour améliorer les soins aux patients.

En savoir plus sur l’unité de soutien de la SRAP de l’Ontario (en anglais seulement).

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