Aider les Autochtones atteints de démence à affronter la maladie par l’échange de connaissances
L’équipe no 20 du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement examine comment l’utilisation de l’outil d’évaluation cognitive à l’intention des Autochtones du Canada pourrait stimuler l’apprentissage mutuel entre le milieu universitaire occidental et les Premières Nations

Dre Kristen Jacklin

16 janvier 2018

En Alberta, entre 1998 et 2009, les taux de démence chez les Premières Nations en sont venus à dépasser de 34 % les taux recensés dans la population non autochtone.

Afin d’aider à concevoir de nouveaux traitements utiles aux personnes souffrant de cette maladie au Canada, les IRSC ont mis sur pied le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV) en 2014. L’équipe no 20 du CCNV, codirigée par la Dre Kristen Jacklin à l’École de médecine de l’Université du Minnesota, examine comment les chercheurs occidentaux pourraient échanger, sans volonté d’imposer leurs idées, de l’information relative au diagnostic, au traitement et à l’éducation sanitaire avec des membres des Premières Nations de 45 ans et plus atteints de démence, et leurs soignants, partout au Canada.  

« Le CCNV nous permet de collaborer étroitement avec les partenaires en recherche communautaire pour choisir l’orientation la plus significative et utile dans leur perspective, et d’innover véritablement dans notre approche », explique la Dre Jacklin. « Le mariage des systèmes de connaissances autochtones et occidentaux se reflète dans notre méthodologie et notre travail d’analyse et d’application des connaissances. C’est cette flexibilité qui favorise l’innovation et la découverte. »

Cette approche d’échange des connaissances est maintenant appliquée dans des communautés des Premières Nations en Ontario, en Saskatchewan et en Alberta. Les chercheurs de l’équipe no 20 discutent de la démence et de son traitement avec les Aînés des communautés des Premières Nations dans leur langue autochtone. Ainsi, les Aînés peuvent communiquer leurs connaissances techniques de la maladie à leurs communautés, et les chercheurs peuvent comprendre comment certains patients des Premières Nations perçoivent les symptômes de la démence comme un passage vers un autre stade de la vie, et non comme une déficience.

Groupe consultatif communautaire pour l’Ontario de l’équipe no 20 du CCNV au Centre de santé de Wikwemikong dans la réserve indienne non cédée de Wikwemikong : rangée arrière (de gauche à droite) - Bill Antoine, Bonita Bebamash, Jules Osawamick; rangée avant (de gauche à droite) - Melissa Blind (personnel de l’équipe no 20), Karen Pitawanakwat (chercheuse communautaire de l’équipe no 20), Jean McGregor-Andrews, Kristen Jacklin, Rose Shawande, Monica Pheasant, Roseanne Debassige

L’outil d’évaluation cognitive à l’intention des Autochtones du Canada (ECAC) de l’équipe no 20 aidera les fournisseurs de soins de santé à tester la mémoire des patients autochtones en leur posant des questions pertinentes par rapport à leur culture, ce qui permettra de poser un meilleur diagnostic.

 « Je crois que la recherche menée par l’équipe no 20, notamment en raison du recours à l’outil d’ECAC, permettra d’influencer les politiques et de changer la manière d’offrir les programmes aux habitants des communautés des Premières Nations, sans égard à leur lieu de résidence », déclare Mme Gail Boehme, directrice des Services de santé du Conseil tribal de File Hills Qu’Appelle et du All Nations’ Healing Hospital, en Saskatchewan. « J’estime donc que leur travail sera très utile. »

Les représentants de l’Institut de la santé des Autochtones des IRSC (ISA des IRSC) reconnaissent le caractère novateur de la recherche de l’équipe no 20.

« Les questions de l’outil d’ECAC respectent les valeurs autochtones et favorisent l’apprentissage mutuel entre les membres des communautés, les Aînés et les chercheurs universitaires », souligne la Dre Carrie Bourassa, directrice scientifique de l’ISA des IRSC et codirigeante de l’équipe no 20. « Il s’agit d’un pas dans la bonne direction pour mieux comprendre cette maladie par des connaissances qui motiveront les patients des Premières Nations à réclamer des soins. »

En Alberta, les taux de démence chez les Premières Nations en sont venus à dépasser de 34 % les taux recensés dans la population non autochtone.

– Données des demandes de remboursement des médecins de l’Alberta et Registre de la population du Régime d’assurance santé de l’Alberta

En général, la démence commence à se manifester 10 ans plus tôt chez les Premières Nations que dans la population non autochtone. Cette situation pourrait notamment s’expliquer par les taux élevés de tabagisme, de traumatisme crânien et de maladies liées à la démence, comme le diabète et les maladies du cœur.

– CCNV, 2016

Liens connexes

Date de modification :