Vers la découverte d'un remède
Message du Dr Stephen Robbins

Traitements novateurs et nouvelles collaborations : jamais période n'a été aussi emballante pour la recherche sur le cancer

« Le dépistage précoce du cancer sauve des vies! Les cancers diagnostiqués à un stade précoce (I et II) présentent des taux de survie de 80 % pendant au moins 10 ans alors que ces taux passent à environ 25 % lorsque le diagnostic se fait à des stades plus avancés (III et IV). »

Dr Stephen Robbins, directeur scientifique, Institut du cancer des IRSC

Il y a une trentaine d'années, les chercheurs ont commencé à explorer la possibilité d'exploiter le potentiel du système immunitaire pour lutter contre le cancer, et de récentes études dans ce domaine tendent à démontrer que cela pourrait être possible.

Ils ont pendant longtemps essayé d'y arriver, mais sans succès. C'est alors qu'ils ont découvert que les cellules cancéreuses dressent une sorte de grille, ou une barrière qui empêche les cellules immunitaires de les trouver.

« Cela les rend presque invisibles, un peu comme un si elles se cachaient derrière un voile, si vous voulez », explique le Dr Stephen Robbins, directeur scientifique de l'Institut du cancer des IRSC. « Pour faire fonctionner l'immunothérapie, il faut d'abord retirer le voile. Ainsi, le système immunitaire peut détecter les cellules cancéreuses, les reconnaître comme des cellules étrangères et décider "il faut s'en débarrasser!" »

Ce défi a capté l'intérêt des chercheurs du monde entier. Plus précisément, ils tentent de découvrir comment éliminer la barrière, puis utiliser les cellules T (des cellules sanguines jouant un rôle central dans le système immunitaire) pour tuer les cellules cancéreuses.

« L'immunothérapie a véritablement révolutionné notre conception du sort des patients atteints d'un cancer, souligne le Dr Robbins. Aujourd'hui, nous voyons certains patients libérés du cancer, alors que par le passé, ceux-ci auraient été aux derniers stades de la maladie. C'est tout à fait remarquable! »

Outre ces résultats prometteurs, cette innovation présente un autre avantage : le corps devient immunisé contre le cancer. Ainsi, lorsqu'un cancer récidive, les cellules immunitaires du patient reconnaissent l'envahisseur encore une fois et éliminent la maladie.

« Ce n'est pas tout : les chercheurs canadiens sont à l'avant-plan d'une autre avancée majeure, à savoir la découverte de virus courants (virus oncolytiques) capables de tuer les cellules cancéreuses, ajoute le Dr Robbins. Maintenant, les chercheurs des domaines de l'immunothérapie et des thérapies oncolytiques unissent leurs efforts, et les résultats s'annoncent fort prometteurs. J'ai souvent fait remarquer que le Canada compte certains des plus grands noms de la recherche sur le cancer et de la science fondamentale de l'immunologie, et cette collaboration illustre parfaitement comment différents secteurs d'excellence peuvent s'allier pour remédier au problème complexe que représente le cancer. »

« Malheureusement, ces traitements ne fonctionnent pas pour tous les patients et il reste du travail à faire pour que cette innovation prometteuse devienne un remède universel. Voici donc la grande question qui motive le milieu de la recherche : comment peut-on faire en sorte que tous les patients répondent à ces traitements? C'est autour de cette question précise que s'articulent les travaux actuels. »

Si le cancer représente toujours une menace non négligeable pour la santé, les percées en recherche au Canada et dans le monde sont source d'espoir. « Le Canada s'est taillé une solide réputation dans le domaine de la recherche sur le cancer, conclut le Dr Robbins. Mentionnons notamment John Dick, John Bell, Tak Mak et Pam Ohashi. Les Canadiens contribuent grandement au domaine, qui est considéré comme une véritable force du pays. C'est pourquoi j'ai une vision très optimiste de l'avenir! »

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