La discrimination et les stéréotypes négatifs découragent les populations vulnérables de faire appel aux services de santé

Sous pression : l’évolution des pratiques profitera aux services d’urgence engorgés

Trop peu d’urgentologues pour un volume de patients toujours croissant; manque de lits; difficulté d’obtenir un rendez-vous avec un généraliste dans un délai raisonnable; services communautaires insuffisants pour désengorger les urgences et soutenir les patients à leur sortie de l’hôpital ─ tous ces facteurs façonnent la réalité quotidienne des services d’urgence d’hôpitaux partout au pays.

Notre système est soumis à une pression extrême.

Bien que le principal enjeu soit la qualité des soins dans les services d’urgence, divers facteurs sous-jacents convergent pour créer un problème beaucoup plus important : des disparités dans l’accès aux soins de santé pour les populations socialement marginalisées. L’impression d’être traité de façon discriminatoire peut renforcer le sentiment de stigmatisation et retarder la décision de recourir aux services de santé appropriés.

Chercheuse financée par les IRSC, la Dre Colleen Varcoe explore des moyens d’améliorer significativement l’expérience des patients tout en donnant un peu de répit aux services d’urgence.

La Dre Colleen Varcoe est professeure à l’École des sciences infirmières de l’Université de la Colombie-Britannique.
 

La Dre Varcoe consacre sa carrière à promouvoir l’équité en santé pour les populations autochtones et non autochtones socialement marginalisées par la pauvreté, le racisme ou d’autres formes de discrimination. Avec ses collègues de l’Université de la Colombie-Britannique, elle élabore actuellement un cadre de promotion de l’équité dans les services d’urgence pouvant s’appliquer à divers contextes. Son équipe travaillera dans des services d’urgence œuvrant dans trois types de milieux – en ville, en banlieue et en région rurale – afin de mettre à l’essai des stratégies fondées sur des données probantes pour combattre les perceptions de stigmatisation et de discrimination.

Le système de santé officiel inspire souvent une profonde méfiance aux Autochtones, mais aussi aux nouveaux arrivants au Canada, aux sans-abri, aux toxicomanes, aux victimes de violence conjugale, aux personnes souffrant de maladie mentale et à d’autres personnes en situation stigmatisante. Ce manque de confiance peut créer des problèmes plus loin en amont.

Les expériences de stigmatisation ou de discrimination sociale vécues ou rapportées découragent souvent l’accès aux services de santé par la voie des soins de première ligne. Ce manque perçu de sécurité culturelle peut aussi inciter beaucoup de gens à se priver de soins préventifs comme la vaccination contre des maladies potentiellement mortelles ou le dépistage de ces maladies.

La Dre Varcoe et ses collègues travaillent à concevoir des moyens d’intégrer une stratégie tripartite concertée et fondée sur des données probantes pour mettre en lien les chercheurs en services de santé, les leaders autochtones et les responsables des politiques. L’objectif consiste à créer un cadre de promotion de l’équité applicable dans les services d’urgence et d’autres contextes.

Beaucoup de gens souffrant de graves problèmes de santé et ayant grand besoin de soins ne vont chercher de l’aide médicale que lorsque la situation devient critique. En s’attaquant à la source de ce problème, la Dre Varcoe espère aider les populations vulnérables à se sentir plus en sécurité et ainsi réduire la pression sur les services d’urgence.

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