Deuxième rencontre annuelle des intervenants sur la gestion sécuritaire des médicaments prescrits aux personnes âgées au Canada

Galerie de photos de la rencontre

Audio > Balado de l’entretien des IRSC avec la Dre Cara Tannenbaum : Prenez-vous trop de médicaments?

En janvier 2015, la Dre Cara Tannenbaum, directrice scientifique de l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC, a été l'hôte de la première rencontre nationale du conseil des intervenants sur la gestion sécuritaire des médicaments prescrits aux personnes âgées au Canada. Actuellement, près de 25 % des Canadiens âgés consomment au moins un médicament considéré comme inutile et même nocif pour eux. Ces médicaments mettent en danger la santé des patients âgés – en particulier les femmes, qui en consomment plus que les hommes –  mais la réduction de l'exposition des patients à un excès de médicaments ou à des médicaments inappropriés (ou « déprescription ») est un processus complexe. La rencontre de 2015 a permis de réunir un groupe d'intervenants triés sur le volet en vue de l'élaboration d'un plan de déprescription visant les personnes âgées.

Objectifs de la rencontre

  • Réunir des intervenants clés résolus à faire progresser le dossier de la déprescription de médicaments inappropriés au Canada;
  • Mettre en commun des pratiques exemplaires de déprescription de médicaments inappropriés et stimuler le réseautage et les échanges sur des solutions;
  • Présenter le concept de réseau canadien de déprescription, et recueillir du soutien et de l’intérêt à l’égard de sa mission, de sa stratégie et de sa mise oeuvre.

Une centaine de délégués de tout le pays ont pris part à la deuxième rencontre des intervenants le 28 janvier 2016, à Toronto. Des médecins, des pharmaciens, des chercheurs, des spécialistes du système de santé ainsi que des représentants du secteur privé, d'associations canadiennes et d'organismes sans but lucratif se sont rassemblés pour examiner le plan d'action élaboré à la rencontre de 2015 et pour vérifier les progrès accomplis à ce chapitre. Leurs discussions ont mené à l'établissement de nouveaux contacts et ont suscité beaucoup d'enthousiasme, tandis qu'une séance sur la déprescription a amené les participants à se familiariser avec les outils, les ressources et les initiatives qui existent déjà pour soutenir les efforts grandissants de déprescription au Canada.  

La Dre Tannenbaum et son coprésident, le Dr James Silvius, ont été ravis d'accueillir Chris Power, directrice générale de l'Institut canadien pour la sécurité des patients, en tant que conférencière principale. À la lumière de son propre bagage personnel et professionnel, Chris Power a invité l'auditoire à réfléchir à ce qu'il est possible de faire en matière de gestion sécuritaire des médicaments.

Un processus complexe

« Avant tout, ne pas porter préjudice aux personnes. »

Il s'agit d'un principe fondamental en matière de soins de santé admis partout dans le monde, qui vise à s'assurer que les bienfaits des soins l'emportent sur les risques de préjudice. Ce principe s'applique aussi à la déprescription : l'abandon d'un médicament ou la réduction d'une dose devraient se faire de manière sécuritaire et stratégique, sous la supervision d'un professionnel de la santé.

Cela dit, nombre d'acteurs doivent joindre leurs efforts en vue de freiner la prescription de médicaments inappropriés au Canada. Nous avons besoin d'une stratégie écologique multiniveaux, qui cible simultanément les patients de manière directe, leurs fournisseurs de soins, les organisations et les décideurs. Un changement durable est possible, mais seulement par des interventions multidimensionnelles favorisant une évolution des mentalités dans tous ces différents secteurs. Par exemple, si on s'attend des patients qu'ils réduisent leur consommation de médicaments pour traiter des symptômes physiques, il faudrait alors améliorer l'accès aux thérapies non pharmacologiques.

Prochaines étapes

Le Plan d'action visant des traitements médicaux sécuritaires et appropriés pour les personnes âgées du Canada, élaboré à la réunion de 2015, comporte deux grands objectifs :

  • Réduire de 50 % sur trois ans la prescription de médicaments inappropriés aux personnes âgées;
  • Assurer l'accès à des traitements pharmacologiques et non pharmacologiques plus sécuritaires.

Cinq sous-comités ont été formés en 2015 pour s'attaquer à divers aspects de ces objectifs, et de nouveaux militants et partenaires continuent de se joindre aux collaborateurs actuels. La prochaine étape consiste à mettre en contact les participants intéressés de la rencontre de 2016 avec ces sous-comités, en vue de la formation d'un réseau pancanadien de déprescription en mesure de produire un impact.

S'appuyant sur les progrès accomplis en 2015, le réseau continuera de sensibiliser le public au danger potentiel de certains médicaments comme les somnifères, de l'usage continu des inhibiteurs de la pompe à protons, de la prise d'antipsychotiques par les personnes souffrant de démence, et même de certains médicaments contre le diabète.

Date de modification :